L’apport Bortles ?

Blake Bortles, futur QB visible ou futur QB invisible chez les Packers ? (Photo : Reinhald Matay)

Alors que le calendrier 2021 allait être dévoilé (article prochainement), les Packers ont signé hier le 89ème joueur de leur effectif, et non des moindres, un QB n°3 de la draft 2014 et finaliste AFC 2017.

UN QUARTERBACK REMPLACANT

Les Green Bay Packers ont donc signé Blake Bortles, un quarterback d’expérience (et limité), 3ème QB de l’effectif… actuellement.

Il est vrai qu’avec seulement Rodgers et Love, les Packers étaient un peu démunis en terme de profondeur à ce poste, surtout en cette période de l’année où la jauge maximale de l’effectif est fixé à 90 joueurs.

Mais néanmoins, dans le contexte actuel, cette signature est intrigante. Car recruter un QB vétéran durant l’ère Rodgers est plutôt chose rare, la norme étant de donner la chance à un jeune joueur pour remplir l’effectif derrière la légende Aaron Rodgers. Tout juste peut-on noter la signature de Seneca Wallace juste avant la saison 2013, recruté par GB alors que cela faisait déjà 9 ans que Wallace traînait ses guêtres en NFL. Souvenez-vous, c’est ce Wallace qui remplaça Rodgers après sa fracture de la clavicule contre les Chicago Bears en novembre 2013. Mais le match suivant, Wallace se blessa à l’adducteur sur le premier drive contre les Philadelphia Eagles. Pour l’anecdote, Wallace restera à jamais le 1er QB afro-américain à débuter un match pour les Green Bay Packers.

Derrière Rodgers, les Packers se sont toujours efforcés de choisir des jeunes joueurs afin éventuellement de trouver la pépite qui aurait pu permettre de pallier une éventuelle absence du n°12. GB a ainsi drafté :

  • Brian Brohm (2ème tour 2008)
  • Matt Flynn (7ème tour 2008)
  • B.J. Coleman (7ème tour 2012)
  • Bret Hundley (5ème tour 2015)

Matt Flynn fut le QB 2 du début de l’ère Rodgers (2008-2011 puis 2013-2014). Il reste dans le coeur des cheeseheads pour avoir passé 6 TD contre les Detroit Lions en semaine 17 de la saison régulière 2011 quasi-parfaite des Packers. Et pour avoir tenu la baraque durant l’absence de Rodgers en 2013, bien aidé par le RB Eddie Lacy.

Pour la deuxième partie de l’ère Rodgers, ce fut l’inénarrable Brett « bubblegum » Hundley qui cira le banc avant d’avoir sa chance lors de la saison 2017 après la fracture de la clavicule de Rodgers contre les Minnesota Vikings. Pour le résultat catastrophique de la saison 2017 (7 victoires – 9 défaites avec un bilan de 3-8 avec Hundley aux manettes) que l’on sait.

Quant au poste de QB 3, il a été souvent l’apanage d’un jeune joueur non drafté : les derniers en date furent Manny Wilkins et Joe Callahan.

POUR QUEL RÔLE ?

Alors, ce Blake Bortles, pour quel poste ? QB 2 ou QB 3 ? La situation actuelle de désaccord entre les Packers et Rodgers n’aide pas à la lecture de ce recrutement.

Après une année à cirer le banc, le 1er tour de draft Jordan Love était tout désigné pour monter d’un échelon dans la hiérarchie des QB après le départ de Tim Boyle, bon pote du n°12, aux Detroit Lions. L’ex-joueur d’Utah State doit d’ailleurs voir avec appétit le calendrier de la pré-saison se définir avec 3 matchs où il devrait jouer l’ensemble des mises en jeu, lui qui manque cruellement de temps de jeu. Love est donc à l’heure actuelle naturellement le QB 2.

Alors pourquoi recruter un QB vétéran pour le poste de QB 3 ? Le poste de QB 3 est un poste où il faut un grand concours de circonstances pour voir le terrain ; l’intérêt d’avoir un QB vétéran à ce poste est donc restreint. Il n’a même que peu de sens.

Ou alors Bortles, qui sait que sa chance est passée dans sa carrière, est là pour donner les conseils qu’un Rodgers ne donnera pas à son concurrent et surtout pour pallier aux frêles épaules de Love s’il doit pourvoir au poste de QB 1. Le manager général Brian Gutekunst a dit récemment en conférence de presse que Love a encore beaucoup de progrès à faire, sous-entendant (en le pensant réellement ou pas) que Love n’était pas encore « NFL ready ».

Donc les Packers prendraient un QB vétéran pour laisser Love se parfaire en pré-saison et pour éventuellement prendre les rênes des Packers en cas de blessure de Rodgers en match, afin de ne pas envoyer au feu un Love encore trop vert ?

C’est le scénario Rodgers-like. C’est-à-dire si le n°12 reste à GB, en ayant gagné son bras de fer et obligé les Packers à le garder contre monnaie sonnante et trébuchante pour au moins les 3 prochaines années. Love se développe et Bortles est une assurance pour prendre les commandes si Love n’a pas maturé assez avant une éventuelle blessure du n°12. Le contrat de Bortles s’apparente de toute façon à un contrat minimal d’un an, un contrat déjà moindre que celui que Boyle a signé aux Lions. Ce scénario ferait garder obligatoirement 3 QB dans l’effectif des 53.

Mais il existe la possibilité d’un autre scénario, celui qui est normalement inhérent à un tel recrutement d’un QB vétéran par une franchise NFL : qu’il soit le QB 2 derrière un jeune QB qui débute en NFL.

C’est le scénario Love-like (na, na, na, na, na – na, na, na, na , na, na, na – John Mamann, désolé). Dans l’impasse des négociations avec Aaron Rodgers qui ne reviendrait chez les Packers qu’à condition de verrouiller son contrat le temps du contrat rookie de Love, GB échange Rodgers avec une autre franchise NFL (cataclop, cataclop, cataclop), se blinde de hauts choix de draft et d’un ou deux joueurs prêts à être titulaires (mon jour préféré de la semaine est le jeudy).

La pré-saison 2021 permettra alors à Love de montrer ses capacités et limites actuelles laissant GB statuer sur le sort du QB 1, avec un Bortles « prêt à l’emploi ».

Prêt à l’emploi car en ayant évolué chez les Jacksonville Jaguars, l’équipe qui l’a drafté n°3 général en 2014 (my god !), Bortles a évolué 3 saisons (mi-saison 2016 jusqu’à 2018) avec comme coordinateur offensif… Nathaniel Hackett, l’actuel coordinateur offensif des Packers. Coïncidence… ?

Hackett qui, après voir obtenu le poste en cours de saison, emmena les Jaguars en finale AFC la saison suivante en faisant des Jaguars la meilleure attaque à la course de la NFL avec un Leonard Fournette (RB) se régalant des blocks de sa ligne offensive et d’un certain Marcedes Lewis (TE). Les Jaguars furent même tout proches du Super Bowl, menant 20 à 10 contre les New England Patriots en 4ème quart-temps dans un match arbitré très favorablement pour l’équipe de Tom Brady.

Le système de Matt LaFleur, dont Hackett est le bras armé, fait la part belle au jeu de course, et c’est bien celui-là qui doit être la base de l’attaque, avant d’ouvrir les espaces arrières adverses pour la passe. Ce système s’est adapté à Aaron Rodgers en laissant le n°12 laisser le plus libre cours à son talent tout en lui ayant fait comprendre l’intérêt de ce système pour un QB vétéran. Et la saison de MVP de Rodgers doit aussi à cela. Un système dans lequel le talent du QB est moins l’axe offensif unique que dans le système de Mc Carthy, orienté quasi-uniquement sur le jeu aérien du QB.

Ce système demande moins de talent intrinsèque à ce poste de meneur (voir Garroppolo aux San Francisco 49ers), et en cela, Bortles ou Love pourraient très bien en être les meneurs offensifs. Bortles a bien pu mener les Jaguars en finale de conférence alors qu’il est un des plus beaux busts de la draft de ces dix dernières années.

Mais malgré tout, le mieux n’est pas forcément l’ennemi du bien. Et même dans ce système, avoir possiblement un talent historique à ce poste primordial reste toujours une forte valeur ajoutée. Tout cela restant une affaire de coût et de son retour sur investissement correspondant.

GBPF

2 Comments

  1. DavidBrillac

    Article intéressant ( je revendique l’appellation bubblegum 😁 )
    De tous les quaterback dispo, Bortles est le meilleur, donc en attendant de voir la suite, le numéro 5 ça me vas.

  2. Green Bay Packers France

    Copyright reconnu 😉

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