Gueule de bois…

72 heures après le coup de sifflet final de la finale NFC, je suis atone, encore K.O. debout, avec l’immense sentiment que si cela ne l’a pas fait cette saison, eh bien, ça ne le fera pas pour un nouveau Super Bowl pour Rodgers à Green Bay.

D’ordinaire plutôt mesuré car sachant toujours que la défaite fait partie du sport (à part pour Tom Brady peut-être 🙂 ), je me suis laissé galvanisé à cette équipe des Packers 2020. Tout me semblait en place, les pièces du puzzle me paraissaient toutes bien assemblées. Et pourtant GB a failli, réveillant un traumatisme issu de la finale NFC 2014.

Oh, les Packers ont bien fait 2 finales NFC depuis, mais Green Bay n’avait pas le même  statut. En 2016, les Packers revenaient de tellement loin (« run the table » baby !) que tout n’était que bonus après que GB pointa à un bilan de 4-6 avant d’aligner 8 victoires de suite, play-offs inclus. Et puis, on savait que la défense aérienne était trop faible (merci la draft 2015) pour rivaliser avec le duo Matt Ryan – Julio Jones en feu des Atlanta Falcons. La fessée fut presque attendue.

En 2019, les Packers arrivaient en victime expiatoire en Californie chez les San Francisco 49ers avec une des pires défenses contre la course face à une des meilleures attaques au sol. Les Packers avaient en plus été échaudés par une sévère défaite au même endroit en semaine 9. La défaite fut là aussi sans appel.

Vous allez me dire, cette année aussi, GB retrouvait l’équipe qui l’avait puni en saison régulière. Mais d’abord, le lieu du match était inversé, avec l’apport du public (malgré tout) et le différentiel de température à l’avantage des locaux (même si cela n’a guère eu d’influence sur le match il me semble). Et ensuite, la dynamique était différente. Les Packers sortaient de deux victoires convaincantes. La première en tour de division contre les Los Angeles Rams et leur excellente défense. La seconde en semaine 16 face aux Tennessee Titans et au meilleur RB de la ligue, tout bonnement annihilé.

Les Packers arrivaient donc en confiance mais savaient à quoi s’en tenir avec ces Buccaneers. On savait que le match tournerait entre l’opposition de l’attaque de GB  et la défense de TB. Et qu’il ne faudrait pas que l’attaque Packers hoquète car en face, Tampa Bay a un QB au bras à moitié mort, mais à l’expérience redoutable capable de capitaliser sur ce que peut lui offrir la défense adverse.

SOUVENIRS DE 2014

La défense de GB a offert, mais elle a aussi repris. 3 interceptions en seconde mi-temps. Soit 3 possessions offertes au n°12 de Green Bay pour capitaliser. Seulement 6 points rapportés (un TD avec conversion à 2 pts ratés) sur un potentiel de 21 points possibles offerts par ces 3 turnovers. Des Packers qui ne profitent des nombreuses erreurs adverses… comme en finale NFC 2014.

Brady a gagné un match de play-offs en commettant 3 INT en une seule mi-temps. Quelque chose d’incroyable. De tellement incroyable qu’une telle situation n’est arrivée qu’une seule fois dans l’histoire des play-offs… et c’était la finale NFC 2014 des Packers chez les Seahawks où Russell Wilson, le QB des Seahawks, fut même intercepté 4 fois ! Tout ça avant de vivre les plus maléfiques 3 mn 52 de l’histoire des Packers, passant d’un score de 19-7 pour les Packers à un score de 22-22, avant que les Seahawks ne marquent le TD sur leur première possession en prolongations (28-22 score final).

Cette finale NFC 2014 marque pour moi une profonde blessure et peut-être la germination de ce qui aboutira au clash de la saison 2018 entre l’entraîneur en chef Mike Mc Carthy et le QB Aaron Rodgers. On sait ce qu’il est advenu avec le renvoi de Mike Mc Carthy en semaine 14 de la saison 2018, un Mike Mc Carthy dont le manque d’audace avait été critiqué lors de la finale NFC 2014 en se contentant de deux FG quand par deux fois GB jouait une 4ème et 1 sur les 1 yards de Seattle.

Et forcément, vous pensez tous à ce FG choisi par Matt LaFleur plutôt que de tenter la 4ème et 8 à 2 mn 08 de la fin du match, sachant, et c’est tout le sujet, que FG réussi ou 4ème manquée, la défense de GB devait stopper TB quoi qu’il arrive. Alors, même si je suis d’accord que les tentatives précédentes ne prêtaient pas à l’optimisme, la 4ème devait être tentée car l’exploit (TD + conversion à 2 pts) aurait permis d’égaliser et donner une autre physionomie à la fin du match.

Pour mieux retrouver l’analogie du hiatus coach-QB, Aaron Rodgers affirme que, dans son esprit, GB tentait les 4 jeux et que c’est pour ça qu’il a choisi le jeu en 3ème tentative dont il avait la responsabilité.Et donc qu’il n’a pas compris quand l’équipe spéciale est arrivé sur le terrain. Sûrement vrai mais un peu facile de jeter l’entraîneur sous le bus par rapport à ce problème de communication quand justement la 3ème tentative ne fut pas gérée au mieux par le n°12.

Sur cette 3ème tentative, Aaron Rodgers fut focalisé entièrement sur Davante Adams. Il ne voit pas d’abord Allen Lazard qui s’était séparé au niveau des 2 yards puis en mouvement vers l’avant pour éviter le pass-rush et en restant le regard sur le n°17, il ne s’aperçoit pas que tout le champ droit est libre devant lui pour courir. Oui, Suh et Pierre-Paul sont à sa poursuite mais avec quelques mètres de retard et chaque Buccaneer en couverture est au marquage au près, et donc forcément gêné par un Packer pour courir vers Rodgers.

De ce manque de communication étalé sur la place publique, on ne peut qu’espérer qu’elle ne fera pas naître un fossé dans une relation en apparence faite de respect mutuel entre un jeune coach et son QB vétéran à qui il laisse, du propre aveu de LaFleur, la latitude de choisir le jeu en pas mal d’occasions. Car nous ne sommes plus en 2014, Rodgers a 37 ans et pour moi, il a beaucoup moins le rapport de forces à son avantage qu’avec Mike Mc Carthy, avec son âge avancé et son remplaçant désigné dans l’effectif (vous savez, le 1er tour de draft 2020).

Il serait heureux que tout malentendu soit estompé entre le head coach et son QB pour que 2021 soit encore une saison remarquable pour les Packers.

3ème et 8 à 2mn15 de la fin du match. Aaron Rodgers se libère du pass-rush mais se focalise sur Adams au centre de l’en-but sans voir que devant lui, à droite, le terrain est libre, libre…

GESTION FUTURE DE L’EFFECTIF

Mais un autre aspect à prendre en compte, et que Rodgers a clairement évoqué, c’est que cette épopée marque la fin d’un groupe. Année Covid aidante, le plafond salarial va baisser drastiquement, sauf nouvel accord propriétaires-joueurs. Confrontés à cette problématique, les Packers ont fait le choix d’investir dans les piliers de leurs lignes : Kenny Clark (DT) et David Bakhtiari (LT). Problème, Bakhtiari s’est rompu les ligaments croisés quelques semaines après la signature de son monstrueux contrat. Une belle déveine pour les Packers. L’incertitude va planer de longs mois pour savoir si le Bakh’ sera toujours le Bakh’ à 30 ans après une telle blessure alors que le n°69 va grandement gréver le budget de la masse salariale.

Ainsi, Aaron Jones (RB), qui a battu des records de franchise ces deux dernières années, et Corey Linsley (C), jugé par beaucoup comme le meilleur à son poste en 2020, ne seront plus là en 2021. Il est toujours possible de faire des miracles avec le plafond salarial en repoussant les limites sur les années suivantes, mais en étant actuellement à 32 M de $ au-dessus du prochain « cap », il va être difficile d’emboîter des ronds dans des triangles.

Et les Packers doivent aussi regarder plus loin : en 2022, GB n’a actuellement aucun WR sous contrat ! Il va donc se poser la question de la prolongation de Davante Adams, dont le destin paraît lié à Aaron Rodgers.

C’est en pensant à tout cela que la mélancolie guette le cheesehead que je suis. J’ai pour l’instant du mal à me projeter sur l’inter-saison et la saison prochaine. Est-ce que Rodgers a laissé passer son ultime chance de gagner le Super Bowl en vert et or ? Bien sûr que je ne le souhaite pas. Mais la réalité du sport, même si la NFC semble plus abordable que l’AFC, et la réalité du management en ces temps de crise laissent tout de même à penser que les probabilités de sacre sont bien plus faibles que l’inverse.

 

 

 

 

6 Comments

  1. Guile

    Je te rejoins sur le constat de déception dure à avaler qui dérive en mélancolie.
    J’ai également du mal à imaginer l’équipe aussi performante l’année prochaine au vu de la liste des free-agents et parfois je me dis que la fenêtre vient de se refermer chez les Packers pour Rodgers.
    Je n’espère pas le voir faire une Brett Favre ou une Brady mais force est de constater qu’il aurait peut-être plus de chance dans certaines franchises qu’on considère à un QB d’une chance de titre (genre les Colts ou les 49ers).

    Après, quand je regarde le côté positif :
    – Pour l’OL, si Linsley n’est pas resigné, Jenkins peut être décalé en C, Tuner peut passer RT au retour de Bak et Runyan ayant montré des trucs sympa, on pourrait avoir du Bak-Runyan-Jenkins-Patrick-Turner ce qui n’est pas mal. Couper Wagner sauverait un peu d’argent et il ne s’est pas montré indispensable cette année.
    Côté RB, on arrivera peut-être à en resigner un des deux. Jones a vraiment un profil atypique donc j’aimerais bien qu’on arrive à le resigner mais avec une paire Williams (qui devrait être moins cher que Jones)-Dillon ça peut le faire.
    – Niveau WR, Lazard est ERFA donc on peut le bloquer au minimum même si pour moi ça serait un manque de respect et un signal pas sympa. MVS et Saint-Brown sont toujours en contrat rookie. Est-ce que Funchess jouera en 2021 ? A défaut d’être super bon, il apporterait une profondeur de banc et une plus grande diversité des menaces.
    – Côté Défense, on a des joueurs importants qui ne bougeront pas : Clark, Z, Alexander, Amos, Savage, Gary. On a des ILB prometteurs et un vétéran (Kirskey) qui se sont petit à petit affirmés

    Après, il va falloir faire une draft/FA intelligente sur :
    – Les TE : si on peut resigner Tonyan qui est RFA ça serait pas mal. Je ne sais pas si Lewis voudra revenir une saison de plus sinon on a Sternberger et Deguarra
    – La DL pour apporter plus d’aide à Clark parce que Lowry et Lancaster… Est-ce que ça vaut le coup de tenter de garder Snacks… Je ne sais pas, après peut-être qu’avec une vraie prépa il sera plus utile.
    – Les CB histoire de jeter King et Sullivan

    Le calendrier sera chaud l’année prochaine mais si Gute/LaFleur font mieux en FA/draft que l’année dernière, on peut logiquement accrocher un spot de playoff.
    Après, on ne sera pas les seuls en difficulté financière avec la baisse du salary cap dû au COVID donc peut-être que certains joueurs resigneront 1 an histoire de voir le bout du tunnel peinard et d’empocher la thune en 2022.

    En tout cas, j’y crois. Pas Seed#1 vu le calendrier mais on peut remporter la NFC Nord au vu des difficultés des Bears et Lions (qui veulent en plus laisser partir Stafford). Les Vikings auront un retour massif de blessés donc ça se jouera sûrement avec eux. Rodgers nous a déjà remporté un SB en #6, pourquoi il ne le ferait pas en #7 🙂

    Sinon, première bonne nouvelle, Mennenga est viré.
    Encore Pettine et son ami King et ça sera super.

  2. DavidBrillac

    @Guile pour compléter ton propos, comme nous beaucoup d’équipes vont devoir faire des choix, limité par la baisse du salary cap, et vont pour beaucoup coupé des gros nom, trop cher, où en fin de carrière, les Ravens ont commencé, et il y aura sûrement des affaires à faire pour les Packers, pour compenser la perte de Jones et de Linsley par exemple.

  3. Green Bay Packers France

    Je me demande comment ont pu faire les fans des Bills quand ils ont perdu 4 Super Bowl de suite au début des années 90 😅

  4. james5

    Je te trouve un peu pessimiste et fataliste @GBPF, Moi ce que je vois c’est qu’on progresse depuis 3 ans… et ya aucune raison que ca ne continue pas l’an prochain si…. les bonnes decisions sont prises durant l’intersaison dans le recrutement et à la draft.

    Oui on va surement perdre Aaron Jones mais j’ai presque envie de dire… tant mieux. c’est un super joueur mais… il lui manque un truc dans les gros matchs et c’est pas lui qui nous fait gagner les matchs qui comptent. et puis le petit Dillon je suis convaincu que c’est une (future) machine… donc il a besoin de jouer et de vite devenir RB1 d’autant plus qu’on sait que les coureurs atteignent leur apogée dans leurs premières années désormais.

    Je ne suis pas contre perdre un Lazard perso. c’est un bon joueur. mais bon avec l’eclosion d’un tonyan il n’a pratiquement pas existé cette saison dans le profil Grand receveur. Il nous faut par contre absolument notreTyreek hill! un petit receveur ultra rapide. c’est indispensable…

    apres en defense on a des manques mais bon ya de quoi faire et puis on recrutera des CB a la draft.

    Franchement je suis tres optimiste moi… on monte en puissance depuis 3 ans et ya tout pour que ca continue l’année prochaine. la prochaine etape c’est de gagner les matchs qui comptent et si on fait une bonne draft ya vraiment moyen qu’on y arrive l’année pro.

    De toute maniere Green Bay c’est 80 % Rodgers… si rodgers est bien dans son corps et ses « baskets » on ira loin! maintenant faut qu’il soit suffisamment bien dans sa tete pour aller au SB!

    il faut y croire!!!

  5. DavidBrillac

    @GBPF pour les Bills de Jim Kelly, je compatis pour eux, j’étais à chaque Super Bowl pour eux, contre cette maudite NFC east.
    Même Favre par trois fois de suite, avait cédé devant ses même Cowboys.
    Et moi de mon côté, j’ai l’immense chance d’avoir eu Favre et Rodgers, mais à eux deux, c’est 2 Super Bowl, mais aussi un de perdu, et 6 finale NFC vendangé !
    2 petite victoire, pour 7 immense déception, un crève cœur à chaque fois !
    C’est pour leur côté imbattable, que Vince Lombardi, et Bart Starr sont 50 ans plus tard de telles légendes.

  6. The_Chosen_One

    repartir en 2021 ça passera avant tout par une excellente gestion du printemps.

    1. Trouver un DC digne du niveau NFL.
    tout est dit. Un coordinateur capable de faire progresser les joueurs, et qui sait qu’on ne couvre pas le milieu du terrain mais plutôt le fond quand il reste 8 secondes et une seule action possible à l’adversaire.

    2. Gérer les FA
    Comme @James5, je ne regretterai pas plus que ça A. Jones absent dans les grands matches. son remplaçant est surement à la draft. La cuvée est profonde et des profil comme Javian Hawkins ou Kenneth Gainwell pourrait faire un duo complémentaire et sympa avec Dillon
    Linsley, je pense que pour Rodgers, il faudrait penser à le garder. Je privilégierai un tag
    Tonyan faut le garder, il est RFA, ça le fera sans soucis

    3. Dégraisser les poids morts
    Restruction salariales obliges et pour conserver les joueurs cités au dessus, exit les contrats qui pèsent pour pas grand chose. Dean Lowry, Rick Wagner, et même Preston Smith qui ne justifie pas un tel salaire.

    4. Restructurer les contrats
    Retravailler les contrats de Zadarius et Rodgers sera indispensable pour rentrer dans les clous et bénéficier d’une marge de manoeuvre. On devrait pouvoir économiser dans les 15M avec les 2 (de quoi tagger Linsley ?)
    Prolonger Adams pourrait permettre de baisser de presque la moitié l’impact sur le cap en 2021.

    5. Drafter enfin pour joueur tout de suite
    Gary qui joue à peine 20% des snaps son année rookie, Jordan Love qui n’a même jamais enfilé sa tenue un jour de match, si on veut espérer revenir fort en 2021, il va falloir drafté des gars pour jouer des la 1ere semaine de SR.
    Vous parlez de WR, oui, un speedster comme Toney ou R. Moore ça manque. Mais on a aussi besoin de renfort en défense. et on sait que ça ne passera pas par la FA, sauf grosse surprise.
    Un DL en fin de 1eer tour pour contribuer contre la course (Barmore ?), un CB pour remplacer la pompe King en fin de 2nd tour. Et sans oublier le soucis du tackle droit. Au 3e tour peut être (Christensen ?)
    Des WR speedsters, y aura encore plus loin, 3e ou 4e. E. Moore notamment, ou même Dazz Newsome qui pourrait aussi servir de retourneur.
    On a deux 4e, deux 5e et deux 6e tour, de quoi monter le tableau pour aller chercher ça.

    Les bonnes choses ont commencé avec le départ de Pettine, donc on s’accroche et on y croit. Comme a dit @Guile, on reste favori en nfc nord où l’adversité est pas folle. la NFC ouest va se cannibaliser et en nfc sud les saint sont 112M (!!) au dessus du cap, ils vont devoir dégraisser massivement. On ira gagner le NFC championship à l’extérieur, dans l’idéal à Tampa. Et on l’aura ce 5e Lombardi.

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