Échauffement Finale de conférence : GB – TB

Nous y sommes, à cette finale de conférence NFC, objectif affiché de la saison après avoir atteint ce stade l’année dernière. Mais cette fois, le statut des Packers a changé. Cette fois, ils ne se déplacent pas en territoire ennemi avec une faiblesse connue de tous (la défense contre la course). Les Packers reçoivent cette fois à domicile, pour la première depuis 2007 à ce stade de la compétition, et partent favoris. Mais attention, en face, ils auront à qui parler avec des Tampa Bay Buccaneers dotés d’une des meilleures défenses 2020 et revigorés d’être menés par un QB futur « Hall of Famer » : Tom Brady.

RODGERS – BRADY

Le tour de division NFC 2020 a donc rendu son verdict et va permettre enfin le duel des deux plus grands QB des années 2010 en play-offs : Aaron Rodgers et Tom Brady. La hype du match se concentrera sur le duel de ces deux QB « GOAT » (acronyme de Greatest Of All Time).

Rodgers a retrouvé une seconde jeunesse en devenant plus calibré dans un système offensif. Résultat :  on attend avec impatience la désignation du titre de MVP dont il part grand favori.

Tom Brady emmène en finale de conférence une équipe qui n’avait pas connu tel niveau depuis 2002 et leur Super Bowl remporté face aux Oakland Raiders, Des Buccaneers qui retrouvent les play-offs après 13 ans d’absence et de marasme sportif à la recherche d’un QB viable. Mais le n°12 rouge se fait vieux et son bras ne vaut pas l’actuel bras de Rodgers (12 interceptions en 2020 pour Brady, 5 pour Rodgers). Mais comme chez les Patriots où il a remporté 6 Super Bowl, Brady dispose d’une défense de fer.

FAIRE SAUTER LE VERROU DE LA DÉFENSE BUCCANEERS

Car c’est bien cela qui équilibre les forces entre les deux équipes : la défense des Bucs est redoutable et elle l’a prouvé lors de la première confrontation entre les deux équipes en semaine 6. En ayant complètement annihilé le jeu de course des Packers et en prenant le risque de blitzer à tout va, la défense des Buccaneers avait mis en difficulté l’attaque des Packers, qui avait pourtant trouvé la parade en début de match, notamment parce que Rodgers trouvait le moyen de se connecter ses WR malgré la pression. Mais le match bascula à la première déconnexion.

En effet, GB menait 10-0 et avait la balle en main… avant que la tempête ne s’abatte sur la maison Packers avec 1 pick-6 et une deuxième interception pas loin de provoquer les mêmes effets (plaquage de Rodgers à 2 yards de l’en-but). Si bien que Brady se retrouvait avec un score passé de 10-0 pour les Packers à un score de 14-10 pour les Buccaneers sans rien faire !

Et Brady n’est jamais aussi bon qu’en « game manager » devant gérer un avantage avec l’appui d’un jeu de course et de temps à autre des belles flèches lobées. Et encore, comme avec les Patriots, Brady dispose d’une des toutes meilleures lignes offensives de la ligue. En même temps, son OL sait à quoi s’attendre avec ce prototype du passeur dans sa « poche » : elle doit maintenir cette poche à chaque mise en jeu, Brady n’en bougera pas, il n’improvisera pas comme un Rodgers, encore moins comme un Mahomes.

Brady n’a ainsi pas fait mieux en tour de division (199 yards à la passe) face aux New Orleans Saints capitalisant sur les turnovers provoqués par sa défense et son jeu de course (doublette Fournette (63 yards) – R. Jones (62 yards)).

Pour mettre Brady en difficulté comme pour contrer le jeu de course, l’enjeu de la défense des Packers se situe en son centre. Il faudra que GB domine le centre des tranchées. À la fois pour contrer le jeu de course sur lequel Brady s’appuie et pour percer au milieu afin d’obliger Brady à être mobile… ce qu’il n’est pas.

On devrait voir exclusivement d’alignement à 4 DL (please, no 3 men rush) voire plus de schémas 3-4 classiques. Damon Harrison (DT) devrait être plus utilisé en situation de course (+ que contre les Rams (3 mises en jeu), ça ne devrait pas être difficile). Dans les situations de passe, Za’darius Smith (OLB) devrait se positionner souvent en rusher intérieur, alors que Gary (OLB) devrait jouer un maximum de mises en jeu. Et je ne serai pas surpris que Barnes (ILB) soit parfois envoyé au blitz.

Pour motiver la défense, le staff leur a refait visionner hier la finale de conférence 2019, histoire d’affamer les chiens. Mais outre l’aspect moral de cette mise en perspective, l’accent sur la run defense n’est pour moi pas anodin.

Tom Brady a ramené la lumière sur les Buccaneers

UN AUTRE MATCH

Oui, les Packers se sont pris un 38-10 en semaine 6, mais comme le dit Rodgers, ce sera un autre match. Pour lui, ce résultat vaut dire autant de choses que le 38-3 bouffé par les Buccaneers en semaine 9 contre… les New Orleans Saints qu’ils viennent pourtant de vaincre finalement assez aisément. « Any given sunday » comme disent les américains, et c’est la magie de la NFL où chaque semaine apporte son lot de surprises. Dans ce match de semaine 9, Brady encaissa 3 sacks (+ haut total de la saison), se fit intercepter 3 fois (+ haut total de la saison) et finit le match avec une évaluation « rating » de 40 (le max est à 158).

Et on peut très bien comparer cette performance de Brady en semaine 9 avec la performance de Rodgers en semaine 6 contre ces Buccaneers. Ce serait un alignement d’étoiles noires si GB réitère sa performance apocalyptique de semaine 6 tant elle fut un concentré d’erreurs individuelles jamais vu à un autre moment de cette saison. Un concentré d’erreurs symbolisé par les 2 interceptions (coup sur coup s’il vous plaît dont un pick-6) subies par Aaron Rodgers, alors qu’il n’avait pas connu de match à + de 1 INT depuis le match 15 de la saison 2017 chez les Carolina Panthers où il était revenu bien trop vite de son absence pour cause de clavicule cassée.

GREEN BAY DEVRA COURIR

Pourtant, on l’a dit, le match de semaine 6 avait bien commencé pour les Packers, mais pas comme ils l’auraient souhaité. L’avantage du début de match était l’oeuvre d’Aaron Rodgers, pas du jeu de course que GB cherche à tout prix à mettre en place. Le canevas offensif des Packers est connu, établir un jeu de course chronophage (1er drive avec Aaron Jones en RB, 2ème drive avec Jamaal Williams) et user de la « play action ». Le tout dans des longs drives ponctués de TD donnant une avance aux Packers qui gèrent ensuite cet avantage. En fait, tout ce qui a fait la recette de Tom Brady durant toute sa carrière et encore aujourd’hui, sauf que Rodgers est le seul des 2 QB à pouvoir décocher encore des missiles longue distance avec précision.

Si bien que la performance offensive des Packers en semaine 6 ressemblait à une de ses performances sous l’ère Mc Carthy quand l’OL prenait l’eau et que l’attaque se reportait alors uniquement sur la mobilité de Rodgers. L’époque a changé et l’OL Packers 2020 est l’unité la plus consistante qu’ait connu Rodgers. Même en l’absence de Bakhtiari (LT), elle offre de solides garanties. Et en semaine 6, cette OL n’avait pas tant perdu ses duels que ça face à la DL adverse. Elle fut plutôt incapable de répondre à l’agressivité et à la vitesse des linebackers, particulièrement de Devin White et de Lavonte David. Surprise par ces lignes de rush, l’OL fit sa pire performance de la saison (5 sacks concédés).

La clé du match offensivement se situera aussi dans le centre des tranchées. La vitesse des LB adverses empêche grandement de les contourner. Pour établir le jeu de course, il faudra percer en son coeur. Les cheeseheads devraient être confiants si on regarde les derniers matchs où Jenkins (LG) et Linsley (C) arrivaient en plusieurs occasions à créer de véritables boulevards dans les lignes adverses. Il en fut ainsi contre les Rams, pourtant classés 3ème défense contre la course (mais avec un Aaron Donald blessé).

Une rugueuse défense des Buccaneers

Mais cette fois, la bête est différente. Les Buccaneers sont de loin la meilleure défense contre la course de la NFL en 2020. Les Packers ont beau avoir une attaque à la course top 10, le challenge semble difficilement surmontable. Surtout que les Bucs récupèrent leur NT titulaire Vita Vea (160 kg), absent en semaine 6 et à même d’occuper l’espace au centre de la ligne. Maintenant, le cas Vita Vea fait naître les mêmes questions que pour Aaron Donald la semaine passée. Oui, il est « actif ». Il sera sûrement titularisé, mais dans quel état de forme ?

Car, le jeu de course Packers devra pour se développer passer à travers la DL Buccaneers. Si les Packers réussissent cet exploit, Aaron Rodgers pourra user de la « play action » à foison et s’amuser. Dans le cas contraire, tout reposera sur Rodgers. Oh, le gaillard à l’habitude et tout restera possible, mais cela se fera dans une plus grande difficulté. Aux joueurs d’OL d’être forts et à Matt LaFleur de concocter des mouvements « pré-snap » perturbateurs, des jeux de run block efficaces et d’utiliser au mieux son trident A. Jones – J. Williams – A.J. Dillon.

Comme souvent en NFL, la performance respective des OL sera la variable la plus importante… avec les turnovers. Si Rodgers est bien plus protecteur du ballon que Brady, l’ambiance polaire du Lambeau Field ce dimanche favorisera les contacts rugueux et les pertes de balle. Les coureurs et retourneurs vert et jaune devront être rigoureux sur ce point.

Aaron Jones trouvera t-il l’ouverture face aux Bucs ?

MISSION SUPER BOWL

Car oui, il y a un dernier détail de taille à évoquer : contrairement à la semaine 6, l’opposition se déroulera à Green Bay. 45 ° C d’écart avec la précédente opposition ! Sûrement d’ailleurs que la chaleur n’avait pas aidé des Packers parfois gênés par l’amplitude thermique (voir la défaite en semaine 9 de la saison 2019 chez des Los Angeles Chargers pourtant moribonds). Je ne doute pas que Tom Brady, longtemps QB dans la froideur de la Nouvelle-Angleterre, ne sourcillera pas dans la toundra, mais quid du reste de ses coéquipiers ?

Lambeau Field délivrera demain soir le nom du champion NFC 2020. L’histoire serait belle et contenterait les fans Packers autorisés à venir au stade pour seulement la seconde fois de la saison. Et avec la disparition de Ted Thompson, ancien manager général qui a drafté quasiment la moitié des Packers sur le terrain ce dimanche, les Packers et Aaron Rodgers sont en mission. Pour honorer également les nombreux glorieux Packers de l’ère Lombardi décédés ces derniers mois (la moitié de l’équipe titrée en 1965 a disparu ces 27 derniers mois), Green Bay doit plus que jamais justifier son nom de « Titletown ».

 

LES COMPOSITIONS PROBABLES

GREEN BAY PACKERS

Attaque :

Rodgers (QB) – A. Jones (RB) – Turner (LT) – Jenkins (LG) – Linsley (C) – Patrick (RG) – Wagner (RT) – Tonyan (TE) – Adams (WR) – Lazard (WR) – Valdes-Scantling (WR)

Défense :

Clark (DT) – Lancaster (DT) – Lowry (DE) – Z. Smith (OLB) – Kirksey (ILB) – Barnes (ILB) – P. Smith (OLB) – Alexander (CB) – King (CB) – Savage (FS) – Amos (SS)

 

TAMPA BAY BUCCANEERS

Attaque :

Brady (QB) – R. Jones (RB) – D. Smith (LT) – Marpeit (LG) – Jensen (C) – Cappa (RG) – Wirfs (RT) – Gronkowski (TE) – Brate (TE) – Evans (WR) – Godwin (WR)

Défense :

Suh (DE) – Vea (NT) – Gholston (DE) – Pierre-Paul (OLB) – D.  White (LB) – L. David (LB) – Barrett (OLB) – C. Davis (CB) – Murphy-Bunting (CB) – Winfield Jr (FS) – Whitehead (SS)

 

Coup d’envoi dimanche 24 janvier 2021 à 14h05, heure locale, 21h05, heure de Paris.

4 Comments

  1. Guile

    J’espère une victoire, je voudrais tant que Rodgers puisse accrocher une deuxième bague. Il a tellement porté l’équipe ces 10 dernières années et là tout ne repose pas que sur lui (même si on attend qu’il nous porte et nous sorte sa magie). On a une défense qui monte en pression et qui, sans être exceptionnelle est capable de faire le boulot. On a un jeu de course capable de faire des différences et de suppléer Rodgers. Une bonne OL. Dommage d’avoir des ST si désastreuses mais bon ça ne serait pas drôle sinon… 🙂

    Après, je ne suis absolument pas serein, c’est pour moi la pire équipe possible en face et j’espère ne pas revivre la finale de conf de l’année dernière.

    Logiquement, on devrait voir une fin de malédiction avec ce Packers-Buccs :
    – Soit le MVP de la saison (oui, je m’avance un peu en supposant que c’est Rodgers) va au SB, ce qui n’est plus arrivé depuis Warner en 99
    – Soit une équipe va jouer le SB à domicile ce qui n’est jamais arrivé

    Vivement ce soir, je commence à bouillir intérieurement !
    Go Pack Go !

  2. DavidBrillac

    La pression monte, bon match à tous.
    Moi je suis confiant, Aaron ne laissera pas passer une quatrième occasion en finale NFC.
    On est au Lambeau Field, pour la première fois depuis 2007 et les maudits Giants de Maning, sur la toundra, et les Floridiens vont souffrir du climat.
    Go Pack Go !

  3. Green Bay Packers France

    Je crois qu’on est tous d’accord : les Buccaneers nous semblent être l’adversaire le plus dur à jouer dans ces play-offs NFC car ils ont une grosse défense et un bon QB qui a en plus une énorme expérience des play-offs. En plus, on a dans notre inconscient la rouste de la semaine 6 et la saison 2019 où les 49ers nous ont rousté en finale NFC… après nous avoir rousté en saison régulière.

    Mais bon, à un moment, si on veut être les meilleurs, il faut bien affronter les meilleurs. Et dans le froid, le même scénario de la semaine 6 ne peut pas se reproduire je pense. La victoire ? Bien sûr qu’on y croit, ce ne sera pas évident, mais je suis 10 fois + confiant qu’avant la finale NFC 2019. Et je crois qu’on l’est tous, car je ne me souviens pas du même engouement au même stade l’année dernière.

    GO PACK GO !

  4. Guile

    Suis dégouté…

    Il y avait tellement la place au 4e QT… 2 INT d’Alexander et rien derrière…
    P*****, pourquoi tu joues pas la 4e tentative….

    Vais me coucher….

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.