Fiche joueur drafté 2017 : Aaron Jones (RB) – choix n°182

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Alors que le besoin de choisir un jeune coureur dans la draft 2017 se faisait pressant pour GB, les Packers ont attendu jusqu’au choix n°134 (4ème tour) pour sélectionner un coureur (Jamaal Williams). Ni une ni deux, ils remettaient ça sur leur choix suivant (au 5ème tour) en prenant un second coureur en la personne d’Aaron Jones, en provenance du Texas (UTEP).

UN LIEN FAMILIAL FORT

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Aaron et Alvin : les 2 frères Jones sont inséparables

Comme beaucoup de joueurs qui entrent en NFL, à l’âge moyen de 22-23 ans, la famille joue un rôle central dans l’évolution du jeune homme qui décide de vouer sa carrière au football américain.

C’est encore plus vrai pour Aaron Jones qui est fils de sergents-majors de l’US Air Force. Fils de militaire, il a donc souvent déménagé dans sa jeunesse à travers les Etats américains et même l’Allemagne.

Il n’a donc pu tisser de forts liens autres qu’avec sa propre famille.. d’autant plus qu’Aaron Jones a un frère jumeau. Alors, forcément dans un tel contexte, Aaron Jones et son frère ont vécu, en bons jumeaux, une adolescence siamoise, à être « cul et chemise », à ne jamais rien faire sans l’autre.

Joueurs de football américain tous les deux, c’est logiquement qu’ils ont signé après le lycée dans la même université, celle d’El Paso (University of Texas El Paso), à la pointe ouest du Texas, en lisière de la frontière américano-mexicaine. C’est Sean Kugler, alors coach de ligne offensive des Pittsburgh Steelers tout juste promu entraineur en chef de l’université UTEP, qui recrutait les frères Jones. Aaron était sa priorité mais il était tout aussi intéressé par Alvin, ce qui a décidé les frères inséparables à prendre la direction du Rio Grande.

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Mais la saison 2016 a finalement décidé du sort de cette relation. Pendant qu’Alvin était blessé, Aaron effectuait une année statistique impressionnante portant littéralement l’attaque d’UTEP sur ses épaules (53 % des jeux offensifs à lui tout seul !).

Aaron Jones battra ainsi le record de l’université (vieux de 28 ans) pour ce qui est des yards dans une saison (1773 yards en 12 matchs, soit 148 yards par match !). Il fera même feu de tout bois lors de son dernier match avec UTEP (contre North Texas) : 301 yards (!), 4 TD.

Prêt à s’émanciper de son frère, Aaron Jones se lança en candidat à la draft en pleine confiance, boosté par ses chiffres déments qui l’ont amené à être sélectionné tout de même dans la 3ème équipe des meilleurs joueurs universitaires américains. Il avait ainsi convié journalistes et amis dès le 2ème jour de draft (2ème et 3ème tour). Mais le jour 2 passa sans que son nom soit cité.

Le jour 3 ne le rassura pas pour autant, les noms des coureurs s’égrenèrent, les 49ers de San Francisco et les Packers, les deux équipes avec qui les contacts pré-draft avaient été les plus aboutis, avaient même choisi un coureur. Le 4ème tour passa, et bientôt le 5ème tour.. Un appel des Baltimore Ravens… pour lui dire qu’un coach va le faire le maximum pour influencer sa hiérarchie de le choisir en début de 6ème tour. Et finalement, la délivrance arriva avec l’appel des Packers qui lui assuraient sa sélection au choix n°182.

UN MANQUE DE CRÉDIBILITÉ ?

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Cette glissade dans la hiérarchie des coureurs s’explique par la qualité de son équipe et surtout la qualité de ses adversaires.. Car UTEP n’est pas Alabama, c’est-à-dire pas une université majeure. Et le calendrier va avec.

UTEP est pourtant une université de Division 1 universitaire (la FBS) mais sa conférence (la conférence USA) ne fait pas partie du top 5 des 11 conférences de cette division 1. Et comme le calendrier de chaque université est avant tout intra-conférence, vous pouvez imaginer que l’adversité d’UTEP n’était pas dans le top universitaire. Et pourtant, UTEP a connu une saison négative : 4 victoires et 8 défaites. Pire, lorsqu’UTEP a rencontré un adversaire d’un certain standing comme les Texas Longhorns, pourtant décevants 7ème de la conférence BIG12 (bilan de 5 victoire et 7 défaites), cela s’est terminé par une cuisante défaite 41 à 7.

Bref, cela donne fortement à nuancer les performances d’Aaron Jones ainsi que les « highlights » que vous pourrez voir en fin d’article. D’ailleurs, Aaron Jones est le premier joueur d’UTEP drafté depuis 9 ans !

UN PROFIL COMPLET ?

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Avec son n°33, Aaron Jones s’imposera t-il chez les Packers ?

Aaron Jones (1,78 m ; 94 kg) a pourtant un profil complet de coureur. À la fois puissant et rapide, son meilleur atout est une vision hors pair qui lui permet de s’engouffrer directement dans la brèche créée par sa ligne offensive. Il peut également tout autant tourner le coin avec une très bonne vitesse ballon en main comme feinter ses adversaires par de brusques changements de direction.

De plus, Aaron Jones a également une qualité qui lui pourrait être très utile à GB, c’est sa capacité à attraper les passes. Comme il portait l’attaque d’UTEP sur ses épaules, les play-action (feintes de course pour passes) étaient légion. Et quoi de plus facile pour le quarterback que de viser le coureur à qui on avait feinté la transmission… Il marqua ainsi au cours de sa carrière universitaire 7 TD et capta 71 passes pour 646 yards.

Oui, mais voilà, contre qui Aaron Jones a pu montrer ces qualités ? On l’a déjà dit, contre des adversaires qui, pour leur grande majorité, ne verront jamais la NFL. Quoi qu’il en soit, Aaron Jones sera revanchard car il était confiant avant la draft et se voyait choisi bien plus haut.

Alors, Aaron Jones transposera t-il en NFL sa polyvalence constatée au niveau universitaire ? La concurrence est rude à GB avec Ty Montgomery, n°1 incontesté pour le début de saison, les deux autres coureurs draftés (Williams et Mays) qui me font meilleure impression et les coureurs rookies non draftés Phillips et Stanback. D’autant plus que les Packers ont une place réservée pour le fullback Ripkowski qui peut aussi prendre le ballon pour courir et donc pourrait inciter les Packers à ne pas garder plus de 3 coureurs dans l’effectif des 53.

Bref, les OTA et surtout le camp d’entrainement estival avec les matchs de présaison auront une importance capitale pour Aaron Jones s’il veut que sa carrière soit pérenne.. et rende toujours fier sa famille.

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