Week 11 ~ NYG – GB : En sursis

Le spectaculaire TD du 27-20 par Watson (Photo : Evan Siegle)

Petite victoire des Packers face à des Giants décimés qui ont joué comme s’ils n’avaient rien à perdre (et en effet, à 2-8, ils n’avaient rien à perdre). GB a dû attendre la dernière minute pour s’assurer de la victoire, eux qui semblaient avoir tout fait les 59 minutes précédentes pour ne pas repartir vainqueur de NY.

New York Giants – Green Bay Packers : 20 – 27

FESTIVAL D’ERREURS

La semaine passée contre les Eagles, on eut l’impression que Matt LaFleur faisait tout pour ne pas diriger ses joueurs vers la victoire. Contre les Giants, autre pensionnaire de NFC East, ce sont cette fois les joueurs qui ont pris le relais avec une incroyable constance dans les erreurs individuelles plombant les drives offensifs ou faisant manquer des stops ou des turnovers sur le plan défensif. Sans parler évidemment des manques des équipes spéciales.

Ainsi, les WR ont battu leur record 2025 de moches « drops ». Ce fut d’abord Doubs en 3ème et 11 qui mit fin au 1er drive. Le n°87 en fera encore deux, moins coûteux mais problématiques quand même. Il en fut de même pour Wicks, Musgrave, Fitpatrick, ou même Watson.

Musgrave (TE) a même montré pourquoi Kraft lui a rapidement pris la place de TE1 en commettant un fumble tout seul comme un grand, fumble requalifié en passe incomplète de manière discutable.

Dire que Love ne fut pas aidé par son corps de receveurs est un euphémisme. Et c’est sans parler de son OL ! Sean Rhyan (C) a effectué 3 ou 4 mises en jeu fokloriques qui ont valu à Love un fumble rapidement récupéré et des improvisations de rattrapage pour le QB. Quant à Rasheed Walker (LT), pas d’évolution positive (2 pressions et un holding) mais on pourrait dire que l’adversité était conséquente avec les pass-rushers Burns ou Abdul Carter. Quant à Jordan Morgan, son salut éventuel ne viendra à mon avis qu’en prenant le poste de LT (le seul qu’il ait connu toute sa carrière universitaire), tellement il est sur le reculoir à chaque pression intérieure à son poste actuel de RG.

Malgré cela, l’attaque a pu marquer 4 TD sur 7 drives (j’exclus celui de la dernière minute qui consistait à faire couler les secondes et les temps morts adverses), un taux de réussite plus revu depuis la semaine 8 face aux Steelers.

Et le 1er TD vint par une passe de… Malik Willis ! Le QB2 fit son entrée au 2ème drive après que Love, en voulant s’échapper, se fit percuter l’humérus gauche sur un plaquage rugueux et sortait du match pour regagner les vestiaires. De suite, Willis convertissait une 3ème et 8 par une course dont il a le secret avant de réussir un TD à la passe de manière improbable en lançant dans le trafic de la endzone pour un catch de Watson (WR) qui contestait son défenseur à proximité. (7-6)

Ce 2ème drive Packers était le dernier de Jacobs (RB) sur ce match, touché au genou. Une blessure à priori non grave qui devrait l’écarter au maximum du prochain match.

Love revint pour le 3ème drive. Il s’appuya sur le RB2 E. Wilson qui perça bien la faible défense à la course. Love eut du temps également pour trouver Watson sur 3ème tentative et voir Golden esseulé pour un catch sur passe lobée pour 24 yards. Wilson terminait le travail sur une course de 12 yards plein centre analysant bien le block de Rhyan (C). (7-13)

Côté défense, ce fut loin de la défense de fer. Face littéralement à une attaque bis (hormis son OL), les Packers se sont fait marcher dessus par le jeu au sol Giants. Non pas que les courses étaient incroyables (3,7 yards de moyenne par course), mais elles étaient suffisantes en faisant enchaîner les firsts downs, ce qui autorisa NYG à surabuser du jeu de course (7ème équipe à avoir le + couru (en %) lors du week 11).

Cette impression de mainmise des RB Giants était amplifiée par leurs gains à la réception, notamment en passe-écrans que l’OL Giants appliquait à merveille.

D’ailleurs, la défense paraissait être revenue à ses mauvais standards d’il y a quelques années quand NYG marquait aisément le TD dès son 1er drive.

C’était la seule recette viable car NYG savait bien que leur salut viendrait de ce conservatisme, le QB du jour, Jameis Winston, étant capable d’arroser largement sur ses passes. Mais quand GB bloquait la première course du down, les défenseurs s’arrangeaient pour laisser les Giants dans le jeu par des erreurs individuelles qui ne sanctionnaient pas le jeu de passe.

Ce fut Carrington Valentine (CB) qui manqua deux interceptions captables. Ce fut un terrible plaquage manqué de Cooper (ILB) qui permit à Tracy (RB) de convertir une 3ème et 12 par une passe écran de 20 yards. Ou encore la DPI de McDuffie (ILB) dans la endzone, très sévère mais comme Nixon, il doit apprendre à tourner la tête quand il est en poursuite, ce que Bullard (CB) montrera plus tard dans le match.

Quant aux équipes spéciales, elles furent aussi à leur bas niveau. Le pauvre Havrisik (K) pouvait confirmer ses capacités sur ce match. Manque de chance, le vent était fort et tourbillonnant dans le MetLife Stadium ce dimanche, lui occasionnant deux transformations manquées.

Sur les retours, GB se fait pénaliser systématiquement. De plus, une statistique incroyable montre que des 45 joueurs NFL ayant fait au moins 3 retours en 2025, les 3 derniers de ce classement sont… Doubs, Golden et Nixon. Et lors de ce même week 11, Mecole Hardman (WR), coupé début septembre, a fait un retour de 61 yards pour les Buffalo Bills.

Giants et Packers étaient à égalité à la mi-temps 13-13.

RÉVEIL EN SECONDE MI-TEMPS

Les Packers entamaient la seconde mi-temps balle en main. En s’appuyant sur Watson (WR), puis en bénéficiant d’une DPI sur Golden (WR) visé en profondeur. Matt LaFleur appelait une feinte de course pour une passe lobée vers Josh Whyle, un TE élevé du practice squad après avoir été récupéré du cut des Tennessee Titans. Whyle bénéficiait, au niveau de la ligne de mise en jeu, du bloc monstrueux de Watson sur son défenseur. (13-19)

Menés, les Giants tentaient le tout pour le tout et tentaient pas moins de trois 4èmes tentatives sur son 1er drive de 2nde mi-temps. Mais la 3ème fois ne fut pas la bonne avec un Parsons poursuivant comme un chien fou Winston pour un sack en zone rouge. La prise de risque de NYG fut trop importante et un FG facile était laissé en route.

GB n’en profita guère, subissant un 3 and out où c’est cette fois Watson (WR) qui « droppa » la deep sideline bien lancée par Love en raison d’abord d’une bonne couverture du CB adverse.

Les Giants étaient toujours sur un fil quand ils tentaient la voie aérienne. Dans un enchaînement à la Benny Hill, Mc Duffie (ILB), pris dans son élan, empêcha Bullard d’intercepter. De même, sur une passe en profondeur plein centre, Nixon laissa passer le ballon entre ses mains. Ce même Nixon se fit abuser sur un simple tracé « in » d’Isaiah Hodgins (WR), recruté 3 jours plus tôt du practice squad des Steelers, qui convertit une 4ème et 2 pour 13 yards.

Cette réception amena les Giants dans les 10 yards et ils coururent pour le TD. Leur XP étant réussi, NYG passait devant. (20-19)

Ce n’était pas si simple pour Love qui voyait Doubs « dropper » et Golden perdre le ballon de vue sur une deep sideline. Poussé à la 3ème et 10, Love abusait du temps qu’il avait pour finalement, avant le choc du rusher, lancer vers Savion Williams pour une réception de 33 yards, le rookie prenant l’ascendant sur cette balle contestée.

Puis, en toute confiance, Love lança dans le coin de la endzone pour Watson (WR) qui aggripa le cuir malgré encore une bonne couverture. La conversion à 2 pts était réussie avec un Love patientant pour une cible sûre, en l’occurrence E. Wilson (RB). (20-27)

Il restait 4 mn à NYG. Les Giants reprenaient du poil de la bête au sol. Tracy (RB) courait pour 17 yards et Singletary (RB) prenait le first down sur 3ème et 3. Pourtant, NYG tentait + de 75 % de passes sur ce drive de la dernière chance malgré 3 temps morts. Chaque passe incomplète (3) de Winston faisait arrêter le chronomètre. Certes, les Giants arrivaient en zone rouge mais la dernière minute était déjà entamée. Confrontée à la 3ème et 6, ils laissaient Winston lancer quand clairement il n’apparaissait pas comme la meilleure solution offensive de NYG et que de toute façon, il fallait tenter la 4ème si besoin.

Winston arrosa dans la endzone (même si le WR Hyatt n’effectua pas de manière assidue son tracé). Résultat, Evan Williams intercepta de manière spectaculaire le ballon à 40 secondes de la fin du match.

GB sécurisait ses jeux pour faire tomber les temps morts adverses, Love se laissant prendre pour un sack dans un mouvement « bootleg » reconnu par Burns (OLB). Il ne restera que 10 secondes à NYG, l’occasion pour Parsons d’être récompensé de son abnégation : sack et fumble récupéré par Gary. (20-27, fin du match).

PLACE À LA BATAILLE DU NORD !

Cette victoire nécessaire dans la course aux play-offs et dans l’évitement d’un cataclysme à Green Bay fut beaucoup plus difficile que prévue à obtenir, la faute principalement aux joueurs qui ont fait les vendanges tardives du Wisconsin.

Si Matt LaFleur n’est pas à blâmer sur ce match, il n’en a pas moins changé son fusil d’épaule quant aux tactiques employées. Josh Jacobs a joué deux drives pour un plan de jeu donnant 73 % de jeux de course. Bien sûr, face à une des pires défenses contre la course, cette tactique n’était pas cette fois inadéquate et Josh Jacobs en a bien profité : 5,7 yards de moyenne sur ses 7 courses. Blessé au genou, il quitta le match après le TD de Whyle (TE) où sa présence fut une des raisons du succès du jeu appelé.

La victoire est là mais il y a peu d’enseignements positifs à tirer de ce match autre que le résultat comptable, tant les Giants étaient une équipe affaiblie de toutes parts et tant les erreurs individuelles des Packers se sont accumulées dans toutes les escouades. Seule satisfaction, un Jordan Love (QB) serein et obstiné malgré l’absence de soutien de ses collègues et se connectant en toute confiance avec Christian Watson (WR) dont le retour a évité à cette attaque, à mon avis, de péricliter.

Il reste que les erreurs défensives n’ont pas permis d’endiguer efficacement l’attaque bis des Giants, en encaissant des yards à la course comme dans les sombres années défensives de GB et en n’arrivant pas à harceler Winston quand Parsons ne prend pas l’ascendant sur son ou ses adversaires.

Bref, les Packers sont donc en sursis car ils n’ont sécurisé cette victoire qu’à 40 secondes de la fin du match, ce qui n’est pas vraiment rassurant contre une équipe qui a actuellement le potentiel 2ème choix de la prochaine draft mais qui a joué comme si elle devait mourir demain (up-tempo dès leur 1er drive, quatre 4ème tentatives tentées).

Comme prévu depuis quelques matchs, tout va se jouer dans les matchs intra-division et GB attaque une série de 3 matchs doublement importants : vs Vikings, @ Lions et vs Bears. La NFC North est complètement indécise avec Bears, Packers et Lions qui se tiennent en une seule victoire. Autant dire que ça va bouger ces prochaines semaines.

Photo : Madison Morris

LES STATS

1234Final
NYG760720
GB0136827

NEW YORK GIANTS :

  • Jameis Winston (QB) : 19/29 à la passe, 201 yards, 1 INT, 71.2 rating, 1 fumble perdu ; 3 courses, 10 yards,1 TD
  • Tyrone Tracy (RB) : 19 courses, 88 yards, 4.6 yards par porté
  • Isaiah Hodgins (WR) : 5 réceptions, 57 yards
  • Brian Burns (OLB) : 3 plaquages, 2 plaquages assistés, 2 plaquages pour perte, 2 sacks, 4 QB hits, 1 passe déviée
  • 2 turnovers
  • 336 yards offensifs
  • Efficacité en 3ème tentative : 50 % (7/14)
  • Efficacité en 4ème tentative : 75 % (3/4)
  • Efficacité en redzone : 60 % (3/5)
  • 7 pénalités pour 61 yards concédés
  • 36 mn de possession de balle

GREEN BAY PACKERS :

  • Jordan Love (QB) : 13/24 à la passe, 174 yards, 2 TD, 105.2 rating, 1 fumble perdu
  • E. Wilson (RB) : 11 courses, 40 yards, 3.6 yards par porté, 1 TD
  • Christian Watson (WR) : 4 réceptions, 46 yards, 2 TD
  • Evan Williams (ILB) : 5 plaquages, 4 plaquages assistés, 1 interception
  • 0 turnover
  • 296 yards offensifs
  • Efficacité en 3ème tentative : 64 % (7/11)
  • Efficacité en 4ème tentative : 0 % (0/0)
  • Efficacité en redzone : 100 % (4/4)
  • 5 pénalités pour 48 yards concédés
  • 24 mn de possession de balle

LE MOMENT DU MATCH

Une interception dans sa propre endzone à 36 secondes de la fin du match ne peut être qu’un tournant.

LES DÉTAILS QUI TUENT

  • 9 coups de pied (FG et XP) manqués pour GB : pire total NFL
  • 5 des 6 victoires obtenues par les Packers cette année l’ont été avec un score de 27 points marqués.

GreenBayPackersFrance

2 Comments

  1. DavidBrillac

    Ouais, le 27, score récurrent de cette saison est assez drôle, cumulé avec l’âge de Starr, Favre, Rodgers, et love, qui avaient tous 27 ans pour leur premier titre.

    La NFL est une ligue ultra compétitive contrairement à la NBA, MLB, ou la NHL qui disposent d’un temps long pour pouvoir rattraper les trous d’air, en NFL chaque victoire compte et chaque défaite se paye cash au classement.
    Donc quand une victoire arrive, qu’elle soit moche ou belle, il faut la prendre, le but étant d’en avoir le maximum à la fin de la saison, avec le but premier de faire partie des 14 meilleures équipes de la saison régulière, pour avoir une chance en playoff de tout renverser.
    A ce petit jeu là, sur les trente dernières années les Packers font partie des meilleurs.

    Le match contre les Giants, est comme les matchs qui ont suivi les deux belles premières victoires de la saison, des matchs frustrants, victoires et défaites confondues !

    Coup de chapeau à Jordan Love, qui malgré l’adversité, retour au vestiaire pour se faire bander l’épaule, drops en veux-tu tu en voilà de ses receveurs, absence de Reed, Kraft, Jacobs, une ligne souvent limite, le poids de mener une telle franchise, il a réussi une belle performance à New-York, il a les qualités pour mener cette équipe, courage, abnégation, self-control, capable de se reconcentrer même après une action ratée.
    Un bon paquet de quarterback de cette ligue serait incapable de faire mieux.

    Impossible de ne pas parler de Rich Bisacia à la tête depuis trop longtemps de la pire équipe spéciale de la NFL, capable de claironner que son kicker est en pleine forme, alors qu’il lui faudrait des béquilles pour tenir debout, les performances de McManus sont ridicules et nous ont coûté très cher.
    Déçu de la saison de Edgerin Cooper, heureusement que le très décrié Walker, lui, de son côté, fait une excellente saison.

    Je ne vous parle même pas de Rashan Gary, trop longtemps que cet escroc qui a osé enfiler la tunique 52 de mon chouchou Clay Matthews, trotine au ralenti sur la ligne défensive ( quel est le mec qui lui a signé un contrat à 100 millions 🙄)
    C’est notre Jadeveon Clowney à nous, incapable de dépasser la barre des 10 sack par saison que Nick Perry, lui, avait réussi a faire !

    6-3-1 un peu difficile a avaler, il y a du bon là-dedans, du bof et du très moche !
    Lequel de cet adjectif les Packers vont utiliser pour les trois prochains rendez-vous contre nos amis du Nord ?
    En tout cas la saison se joue sur ses trois matchs capitaux.

    Go Pack Go !

  2. Guile

    Cela fait quand même plusieurs années que l’équipe n’est pas capable de se rendre facile un match contre des franchises avec un bilan médiocre. A chaque fois, ça galère et ça gagne limite (bon sauf cette année contre les Panthers et les Browns) mais c’est sûr que niveau enflammade, on reste sur notre faim.

    Je ne sais pas trop quoi retenir du match à part la victoire étant donné que personne n’a été transcendant des deux côté du ballon. Certains ont joué sérieusement et c’est à eux qu’on doit la victoire.

    Coté défense : Parsons qui se bouge le cul un peu tout seul parce que Gary est absent (ah non, on me dit qu’il était sur le terrain) et Enagbare est juste trop limité. Valentine et Williams ont fait un bon match même si Valentine devrait au moins ressortir du match avec 1 INT. Le reste ce n’est pas fou-fou avec quelques mauvaises mentions pour Cooper (Sophomore Wall ??), Nixon qui est capable de casser une passe de manière incroyable pour, le jeu suivant, se faire avoir comme un débutant ou Wooden qui n’a pas servi à grand chose.

    Coté offense : les stats de Love ne lui rendent pas justice vu le nombre de drops infâmes, Watson qui s’est battu partout. J’étais dubitatif sur le joueur mais il se bat pour les réceptions, fait de bons tracés. J’ai bien aimé Wilson aussi. Le reste c’était des intermittents du spectacle et je ne vois aucune progression pour Golden.

    Bref, les 3 prochains matchs sont le tournant de la saison : 3 matchs en 10 jours comme 3 adversaires de division et je pense qu’on saura après la série si les Packers peuvent faire le PO ou pas.
    Dans cette optique, je dirais qu’il faut gagner 2 matchs sur 3 au moins et que celui qui est « perdable » c’est contre les Lions parce que ça fera 1-1 dans les confrontations directes.
    De toute façon, pour espérer avoir le seed 6 ou 7 (perso, je ne vois pas les Packers actuels finir en tête de la NFC North), faut gagner les 2 matchs contre les Vikings et les 2 contre les Bears.

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