Week 10 ~ GB – PHI : Inoffensif

Photo : Evan Siegle

Le choc NFC au Lambeau Field avait une importance particulière pour GB en raison d’une défaite plus qu’évitable la semaine précédente contre les Carolina Panthers. En cas de victoire, la rédemption. En cas de défaite, un début de crise dans le Wisconsin. C’est la 2ème solution qui s’est imposée à des Packers bien impuissants offensivement.

Green Bay Packers – Philadelphia Eagles : 7-10

L’adage dit que les défenses gagnent les championnats. Alors, les Packers ont une destinée dorée qui les attend puisque GB ne compte que 3 défaites et au sein de celles-ci, GB n’a encaissé que 13, 16 et 10 pts.

Cela fait bien longtemps que les Packers n’ont pas eu une défense digne de ce nom mais cette cuvée 2025 est pour le moment un grand cru. Une défense forgée d’abord grâce à deux belles recrues extérieures : Micah Parsons (DE) bien sûr et Xavier McKinney (FS) l’année passée, ne l’oublions pas. Mais aussi avec quelques pépites (mais pas assez) à la draft comme Edgerrin Cooper (ILB) ou Evan Williams (SS). Le tout magnifié par un coordinateur défensif que GB a fait révéler à la NFL entière : Jeff Hafley, dont les semaines semblent comptées à ce poste, surtout en cas de berezina Packers dans les prochains mois.

Photo : Evan Siegle

UNE ATTAQUE EMBOURBÉE

Car cette défense a tout fait pour maintenir le navire offensif qui prenait l’eau de partout.

Dès le début du match, il était criant que Matt LaFleur, entraîneur en chef mais qui a en charge les appels de jeux offensifs, n’allait pas démordre de sa philosophie malgré les signaux contraires des dernières semaines. Courir, comme sa vie en dépendait. Malgré un Josh Jacobs (RB) qui est le coureur qui a le pire, je dis bien le pire, yardage avant contact de la ligue.

Ainsi, avant le 2 mn warning de la 1ère mi-temps, les Packers avaient couru 2 fois + que passé, soit 66 % de courses appelées pour 33 % de passes. Quand on sait que les Seattle Seahawks est l’équipe qui court le + en NFL en 2025 pour le moment avec… 53 % de jeux de course appelés.

Alors que tout commandait à changer son fusil d’épaule, pas diamétralement mais au moins un minimum, Matt LaFleur s’est entêté dans ses mêmes schémas et les a même accentués, par orgueil sûrement car je ne saurai l’accuser d’un manque d’intelligence…

Lors de mon résumé du match contre les Panthers, j’avais évoqué que les répétitions de jeux prévisibles en passes latérales me rappelaient les derniers mois de Mike Mc Carthy. Eh bien, l’entêtement, c’est bien également le premier grief qui revenait à son encontre durant sa dernière saison chez les Packers en 2018.

Matt LaFleur était sûrement persuadé d’avoir la bonne solution. Au fond, le score est resté serré tout au long des 60 mn de jeu. Mais c’est comme si cette proximité au score le faisait persister dans sa vision alors qu’un écart au score, comme contre les Steelers, l’aurait forcé à changer son fusil d’épaule. Alors que c’est la défense dirigée par Jeff Hafley qui a maintenu les Packers dans le match tout au long du temps réglementaire.

Ces choix de jeux sont d’autant plus irrationnels que GB n’a pas la ligne offensive qu’il faut pour imposer ce style. Ce n’est pas faute d’avoir investi dans les postes dédiés. Mais cela ne fonctionne pas.

Rasheed Walker (LT) semble endormi alors qu’il joue sa carrière NFL sur cette saison. Aaron Banks (LG) commence à s’affirmer comme un des plus beaux fiascos de l’histoire de la free agency Packers (et prévisible en + ! ). Elgton Jenkins est désormais Out pour la saison avec une fracture, probablement du péroné, et n’avait de toute façon pas autant convaincu au poste de Centre qu’à son poste de prédilection de Garde gauche. Comme Jenkins, Jordan Morgan est mal affecté au poste de Garde droit quand celui-ci n’avait joué que LT tout au long de sa carrière universitaire et était encore en compétition pour ce poste il y a quelques mois (et plutôt convaincant en pré-saison). Reste Zach Tom (RT) dont les blessures ont amenuisé son haut rendement.

Ainsi, sur le 1er drive de GB, Jordan Love concédait un sack occasionnant une 3ème et 20. Sur le 2ème drive, alors que Love avait réussi un QB sneak en 4ème et 1, Banks était sanctionné d’un faux-départ. Sur le 4ème drive, Jalen Carter (DT) déviait le ballon sur 3ème et 7.

Et enfin, sur le 5ème drive, après avoir enfin appelé + de passes et avoir atteint le FG range, Jordan Love était sacké deux fois de suite. Et sur le 2ème sack, il fit l’erreur de vouloir tenter la petite passe pour Jacobs (RB) à proximité en étant pris à la taille et aux bras par Nakobe Dean (LB). Le bras de Love heurtait celui de Dean : fumble recouvert par Jaelen Phillips.

UNE DÉFENSE VALEUREUSE

Heureusement pour GB, la défense tenait la dragée haute à l’attaque des Eagles. Ce fut d’abord grâce à un fumble provoqué par le coup de poing d’Edgerrin Cooper (ILB) qui fit perdre le ballon à Jalen Hurts (QB) qui courait en zone rouge.

Ce turnover provoqué après un drive de presque 9 mn eut le don de faire prendre à la défense l’ascendant sur l’attaque des Eagles. Saquon Barkley (RB) fut annihilé (2,7 yards par course) et Jalen Hurts était vite mis face à ses limites. Avec bien sûr un Parsons (DE) omniprésent. Et quand Parsons va, tout va.

Cela rejaillissait sur l’ensemble de l’escouade défensive. Valentine (CB) muselait AJ Brown (WR), Evan Williams (SS) jaillissait de toute part et même l’intérieur de la DL forçait parfois le verrou de l’OL. (0-0 à la mi-temps)

C’est PHI qui marquait les premiers points du match avec Hurts qui trouvait la faille en se connectant avec Goedert par deux fois (25 et 5 yards). La middle zone face au TE adverse reste le talon d’achille de la défense de Jeff Hafley depuis le début de saison, même dans les grosses performances défensives. Mais un Quay Walker (ILB) vigilant plaqua Bigsby (RB) pour une perte de 3 yards et impliqua le FG des Eagles, réussi. (0-3)

LES PACKERS GÂCHENT

Avec Rasheed Walker (LT) ayant laissé Jacobs se faire plaquer 3 yards avant la ligne de scrimmage, GB était acculé à une 4ème et 9. On n’était qu’en milieu de 3ème quart-temps mais LaFleur tenta malgré tout le coup. Un choix qui évitait un FG de 58 yards de Mc Manus (K) dont on ne sait plus quel est le degré de confiance du staff à son égard, staff qui l’a fait revenir trop tôt de sa blessure. Cirant le banc, Havrisik (K) ne pouvait que constater, lui qui a enquillé il y 3 semaines un FG de 61 yards.

Ce choix trop osé de la 4ème et 9 aurait dû néanmoins réussir : Love trouva Melton (WR) au milieu du terrain. Mais celui qui fut converti à l’inter-saison en CB « droppa » lamentablement le ballon.

Après une énorme pénétration de Wyatt (DT) pour une perte de 6 yards de Saquon Barkley (RB), l’attaque n’y arrivait toujours pas, se tirant balle dans le pied sur balle dans le pied. Ainsi, en FG range, Love se connecta pour 22 yards avec Watson (WR) plein centre. Mais le jeu fut annulé pour formation illégale. Au lieu d’être sur les 13 yards des Eagles, GB était repoussé sur leurs 40 yards et ne trouva pas la solution.

Là encore, un FG de 57 yards était possible. Mais GB prit le punt comme un aveu d’impuissance. Cela aurait pu bien tourner si Melton ne fit pas l’erreur de ne pas ressortir assez de la endzone pour arrêter le ballon sur la ligne de 1 yard adverse, suite au punt parfait de Whelan (P). Les Eagles repartaient finalement de leurs 20 yards.

Les Packers avaient laissé passer leur chance. Et la défense commit alors deux erreurs individuelles. D’abord Valentine qui se fit avoir sur un « spin move » de Barkley sur une simple passe « flat ». Au lieu d’un gain de quelques yards si le plaquage avait été assuré, Barkley en gagna 41 yards. énorme dans un tel match à couteaux tirés.

Cela mit en confiance Hurts (QB) qui eut beaucoup de temps et lança dans l’en-but pour le TD de Devonta Smith (WR). Dans la défense de zone, c’est Evan Williams (SS) qui était assigné à sa couverture. Il était bien présent et la passe un poil sous-dosée de Hurts aurait dû lui permettre de dévier le ballon. Mais inexplicablement, et peut-être ayant dans sa tête la possibilité de faire une interception (un défaut déjà vu chez lui), il subissait l’action sans vraiment intervenir. (0-10)

GB se devait de réagir, ce qu’il fit avec du jeu + varié et « bizarrement » + efficace. C’est une « DPI » justifiée sur Musgrave (TE) qui donnait le + gros gain de 21 yards. Puis, GB étant enfin en « zone rouge », Jacobs était comme attiré par l’odeur du sang : réception de 7 yards et course de 6 yards pour le TD à 6 mn de la fin du match. (7-10)

PHI avait la balle pour un drive où un TD aurait clos le match. Mais il n’en fut rien. PHI s’obligeait à punter après une poursuite de Parsons derrière Hurts et un blitz, rare sur ce match, en 3ème tentative qui fut efficace.

Et voilà que les Packers, à 2 mn 18 de la fin de la partie, avaient la balle de match. Mais ce ne sont plus les années Rodgers et une telle opportunité n’est plus forcément saisie par GB.

Une réception de 25 yards plein centre par Watson (WR) faisait saliver. Puis GB étant ce qu’il est, il s’auto-détruisit. D’abord, Jacobs (RB) se tourna du mauvais côté pour récupérer la petite passe « checkdown ». Ce petit « drop » pouvait paraître anodin mais le terrain était grand ouvert derrière sur au moins 20 yards.

S’en suivait un drop de Wicks (WR) pour une réception potentielle de 20 yards puis une réception de 5 yards de Musgrave que le TE n’arrivait à faire convertir en first down en ne gagnant que 4 yards supplémentaires.

Puis vint le jeu fatidique. 4ème et 1. Pas de temps mort appelé alors qu’il en restait deux. LaFleur appela un jeu téléphoné : inside run de Jacobs avec prise de balle 5 yards avant la ligne de first down… Déjà compliqué à appliquer, ce jeu était complètement reconnu par un Moro Ojomo (DT) qui le criait haut et fort ! Pas de réaction de Love qui aurait pu prendre l’initiative d’un temps mort. Et pourtant, ce jeu aurait pu marcher car Rhyan, qui avait remplacé Jenkins blessé au pose de Centre, avait déblayé son adversaire, le fameux Ojomo en +. Mais Jacobs (RB) perturbé par les cris de reconnaissance adverses fit le mauvais choix de direction, en grande partie parce que Morgan (RG) était sur patins à glace contre Carter (DT).

Et voilà comment se terminait le possible renversement de situation que les Packers pouvaient effectuer. Eux qui avaient toutes les cartes dans ce « 2 mn-drill ».

Et pourtant, l’orgueil du head coach adverse Nick Sirianni redonnait une chance certes minime aux Packers. Après 3 courses de Barkley, PHI tentait inexplicablement, au lieu d’un FG, la 4ème et 6 pour une deep pass vers AJ Brown, très bien couvert par Valentine.

GB récupérait le ballon avec 27 secondes et aurait pu renverser incroyablement le match si Love avait trouvé Watson + proche de la ligne de touche. Le lancer de Love, trop central, mit Watson en concurrence avec son CB et un S alors qu’un espace libre de 15 yards le séparait de la ligne de touche, un espace qui aurait dû être la zone cible pour être alors déjà en zone rouge adverse !

Après cette énorme opportunité manquée, Love trouvait Melton pour 18 yards mais plein centre. Le chrono tournait et Love « spikait » à 5 secondes du terme. Après une 1ère tentative (pour 64 yards) de Mc Manus manquée de quelques dizaines de cm seulement, mais annulée par un temps mort, Mc Manus retentait au buzzer. Mais cette fois, c’était complètement manqué sans l’ombre d’un espoir. Fin du match. (7-10 score final)

SI PRÈS, SI LOIN

À refaire le film du match, il existe des motifs d’espoir tant GB a eu des occasions mais a cumulé les erreurs individuelles où tout le monde est à blâmer. Et au final, il n’y a que 3 petits points d’écart face au champion en titre.

Pourtant, les Packers semblaient loin du compte tant le plan de jeu a été mal préparé, tant la ligne offensive souffre dès qu’il y a de l’adversité, tant Love n’arrive pas à enchaîner les actions décisives qui nous (et lui) donneraient de la confiance. Cette confiance que les cheeseheads avaient quand Rodgers récupérait le ballon pour le drive fatidique.

Toutes ces erreurs individuelles peuvent être gommées. Mais il faut aussi, pour espérer, que Matt LaFleur se rende compte que sa philosophie n’est pas adaptée aux forces en présence vertes et or. Que pour ménager son OL pas si puissante, un jeu de passes courtes est la meilleure solution. Que faire prolonger les drives en attaque est avant tout utile quand ton équipe mène au score. Quand ton équipe est menée ou à égalité, ces longs drives, s’ils sont inaboutis, exposent à une sanction adverse. Le bilan d’une franchise NFL ne se fait pas avec le meilleur temps de possession ou le + grand nombre de yards parcourus, mais bien avec d’abord le + grand nombre de points marqués (ou au moins + que ton adversaire du jour).

Il serait tellement dommage qu’après avoir attendu de trop nombreuses années pour avoir une top défense, celle-ci ne soit pas aidée par une attaque trop timorée et par trop inefficace.

Des solutions existent. Vont-elles être appliquées ? Certes, Tucker Kraft (TE) et Elgton Jenkins (C) sont out pour la saison mais leurs remplaçants (Musgrave et Rhyan) peuvent faire le job nécessaire pour que GB aille loin.

Il reste de l’espoir. Seulement les Packers sont désormais dos au mur. Une victoire contre les Eagles les auraient placés n°2 NFC. Cette défaite place désormais GB n°7 NFC alors que 10 équipes sont actuellement dans le jeu des play-offs NFC dont les 4 équipes de NFC North. Il va sans dire que les 5 matchs intra-division restants seront capitaux et que GB, s’il veut redresser la tête, ne pourra se permettre plus d’une défaite dans ce quintet.

Mais d’abord, il y a un match dimanche contre les New York Giants. Une équipe décimée qui se présentera sans son QB1, son RB1, son WR1, son WR2, son SS, un pass-rusher titulaire et son K, tout en ayant la moitié de sa défense boîteuse et un head coach intérimaire qui mène une équipe au bilan de 2-8.

Autant dire que la victoire est un impératif. Car une défaite plongerait réellement les Packers dans la crise. Dont Matt LaFleur ne se relèverait pas ?

Photo : Madison Morris

LES STATS

1234Final
GB00077
PHI003710

GREEN BAY PACKERS :

  • Jordan Love (QB) : 20/36 à la passe, 176 yards, 68.8 rating, 1 fumble perdu
  • Josh Jacobs (RB) : 21 courses, 74 yards, 3.5 yards par porté, 1 TD
  • Christian Watson (WR) : 2 réceptions, 45 yards
  • Edgerrin Cooper (ILB) : 2 plaquages, 4 plaquages assistés, 1 fumble forcé
  • 2 turnovers
  • 261 yards offensifs
  • Efficacité en 3ème tentative : 38 % (5/13)
  • Efficacité en 4ème tentative : 33 % (1/3)
  • Efficacité en redzone : 20 % (1/5)
  • 4 pénalités pour 20 yards concédés
  • 28 mn de possession de balle

PHILADELPHIA EAGLES :

  • Jalen Hurts (QB) : 15/26 à la passe, 183 yards, 1 TD, 92.3 rating
  • Saquan Barkley (RB) : 22 courses, 60 yards, 2.7 yards par porté
  • Devonta Smith (WR) : 4 réceptions, 69 yards, 1 TD
  • Jaelen Phillips (OLB) : 4 plaquages, 2 plaquages assistés, 1 plaquage pour perte, 2 QB hits, 1 fumble récupéré
  • 1 turnover
  • 294 yards offensifs
  • Efficacité en 3ème tentative : 40 % (7/16)
  • Efficacité en 4ème tentative : 0 % (0/2)
  • Efficacité en redzone : 0 % (0/1)
  • 7 pénalités pour 61 yards concédés
  • 32 mn de possession de balle

LE MOMENT DU MATCH

La 4ème et 1 manquée, à 1 mn 26 par ce jeu téléphoné, termine les espoirs des Packers de manière frustrante

LE DÉTAIL QUI TUE

  • Il n’y avait pas eu un match NFL avec le score de 0-0 à la mi-temps depuis le 10 décembre 2023
  • 4ème défaite consécutive des Packers contre les Philadelphia Eagles ; la dernière victoire de GB contre PHI remonte au 6 décembre 2020.

GreenBayPackersFrance

5 Comments

  1. Guile

    Je n’ai pas eu le temps de commenter avant la purge offensive qu’était ce match.

    J’entends régulièrement, sur les commentaires des matchs, que LaFleur est un des meilleurs play-designer et play-caller de la NFL et très honnêtement, je ne vois pas bien comment cette réputation un peu trop flatteuse (de mon point de vue) peut survivre à ce qu’on voit régulièrement : un abus des passes latérales, des appels à la course ultra prévisible et des design qui ne sont quand même pas révolutionnaires. Ou alors, les autres sont vraiment très nuls.

    Personnellement, je pense que MLF est assez intelligent pour prendre de bonnes idées à gauche et droite et les utiliser pour s’inspirer mais depuis qu’il est là, je n’ai pas souvenir d’un design jamais vu ou novateur comme on peut en voir quelques uns avec les niners, les rams ou les lions par exemple. Dans l’ensemble, je le trouve très peu imaginatif et surtout très conservateur sur sa stratégie dont il a du mal à démordre (sauf à perdre de 14 points).

    Après, c’est très US, le fait d’avoir beaucoup d’indulgence (et de corporatisme ?) dans les commentaires/avis dans les matchs mais bon de temps en temps, ça ne serait pas aberrant de dire qu’un joueur ou un coach s’est totalement foiré sur son match et qu’il a passé son temps à enchaîner les mauvaises décisions.

    Enfin bref, je te rejoins sur le fait que MLF est un entraineur plutôt orienté sur le fait d’établir un jeu de courses puissant et chronophage (il doit adorer les drives lents qui durent 12 minutes avec 75% à la course pour marquer un TD) et bon c’est son style donc soit.

    Le problème principal vient du fait que tu as un coach comme ça dans une franchise où depuis plus de 30 ans, tu as des QB qui aiment balancer du ballon.
    De ce fait, il y a un problème de cohérence entre le style de joueurs que tu as (et le style de jeu historique de la franchise) et le style de jeu de ton head coach.
    On pourrait penser que le GM, depuis 7 ans, arrive à s’adapter mais non, tu prends Love qui aime lancer beaucoup (et qui a besoin de le faire pour être en rythme), tu affaiblis année après année ton OL sur l’ouverture de tunnels pour le RB, tu draftes un max de receveurs, etc.

    C’est pour cela que je dis assez régulièrement que, de mon point de vue, si le Packers gagnent le SB avec MLF ça sera malgré lui (en tout cas avec les effectifs de ces dernières années).

  2. DavidBrillac

    Salut Guile, jai bien compris que tu n’es pas un grand fan de la méthode Matt LaFleur.
    Je suis moins tranché que toi, mais j’avoue qu’il aura du mal a rivaliser avec ses deux vieux potes de San Francisco et de Los Angeles.
    Concernant ta dernière phrase, tu peux appliquer ça a l’autre abrutis de Nick Sirriani, qui a gagné un Super Bowl malgré lui.
    Donc ce n’est pas rédhibitoire.
    À l’inverse on avait un génie au poste de HC nommé Mike Holmgren qui malgré son énorme génie offensive n’a gagné qu’un seul Super Bowl sur trois.

  3. Guile

    Salut David,

    Plus que la méthode, ce que je n’apprécie pas c’est son côté rigoriste sur certaines choses et surtout son côté, je n’apprends pas grand chose de l’expérience.

    Je n’ai rien contre son style de jeu basé sur une course très présente et puissante qui épuise les adversaires. Ce n’est pas mon style de jeu préféré mais bon, c’est le sien et c’est le HC donc c’est logique qu’il essaie, au moins dans un premier temps, de le mettre en place.

    Sauf que, comme je le disais, de mon point de vue, il n’a pas les joueurs pour mais bon c’est pas grave dans l’absolu, normalement un HC s’adapte ou demande au GM d’adapter l’effectif (puisque généralement le GM a embauché le HC donc c’est le minimum qu’il lui file les moyens de mettre en place ce qu’il veut).

    Mais, ce qu’on voit depuis plusieurs années c’est que :
    – Il reste sur ses positions malgré un effectif pas adapté (après là, il y a le sujet du GM qui ne lui file pas les ressources ou alors ils ont tous les deux un souci pour évaluer leurs besoins)
    – Il a du mal à changer de stratégie si la sienne ne marche pas
    – Si par hasard il change de stratégie (souvent contraint et forcé par le déroulé du match) et que ça marche, il n’en tire aucune leçon. Cette année, le meilleur exemple c’est le match des Steelers.
    – Si ça ne marche pas mais que l’adversaire n’est pas mieux, il ne change pas dès fois que sur un malentendu ça passe. Cf. Panthers et Eagles où il s’est enferré quasi tout le match dans son truc parce que les autres restaient à portée de TD.
    – Il est capable de répéter plusieurs fois en ITW dans la saison qu’il a foiré la même chose sans en tirer une seule leçon

    Au demeurant, le type a l’air sympa mais je trouve qu’il manque un peu d’épaule pour le job.
    En NFL, tu vois souvent de très bons coordo qui n’y arrivent jamais en HC parce que c’est le cran au-dessus et qu’ils ne sont pas fait pour ça. J’ai un peu cette impression avec MLF, l’impression que le costard est trop grand pour lui.

    Là, où je te rejoins c’est que si on cale Shanahan ou McVay en sideline des Packers, je pense que ce serait vraiment sympa à regarder et que les résultats seraient meilleurs.

    Oui, les Eagles ont gagné malgré Sirianni mais le type a eu l’intelligence d’avoir des OC qui ont su adapter le playbook aux qualités de Hurts. L’année dernière, ils ont commencé l’année en voulant faire de Hurts un Favre ou un Rodgers qui lance beaucoup mais c’est pas son style. Quand ils sont revenus à ce que Hurts sait faire, ils ont été inarrêtables vu la qualité de l’effectif.

    C’est ce qui a failli se faire en 2020 pour les Packers. Tu regardes 2019, l’année est bonne niveau résultat mais chiante à regarder et surtout beaucoup de résultats ont été poussifs. En 2019, on est clairement sur un style MLF avec beaucoup de course et je me souviens des match à Dallas à 4TD de Jones où Rodgers dit que ça ne le gêne pas de ne plus faire 400 yards à la passe.

    2020, tu as la draft de Love, Rodgers arrête de soutenir le truc et doit tordre le bras de tout le monde pour avoir de la passe. Résultat, le niveau de jeu s’améliore, l’attaque est on-fire et tu passes pas loin du SB à quelques foirades près contre les Buccs (King et sa caravane, une conversion à 2 pts mal venue, un oubli de Dillon, etc.). Mais en regardant la saison, jamais tu te dis : c’est le style LaFleur.

    Pour finir, je sais bien que les génies offensifs ne gagnent pas spécialement (Andy Reid a dû attendre longtemps) et puis, il n’y a qu’une équipe qui gagne le SB par an mais à choisir, je préfère ne pas gagner le SB avec style flamboyant que ne pas le gagner avec le style MLF.

    Parce que là, honnêtement, je ne vois pas comment cette équipe (décimée cette année) et drivée par ce staff de losers peut arriver jusqu’au SB. Ou alors va falloir un sacré concours de circonstances.

  4. DavidBrillac

    Je préfère ne pas gagner le SB avec style flamboyant que ne pas le gagner avec le style MLF.
    🙂 Je serai plutôt de l’avis de l’adage suivant, peut importe le contenu, pourvu qu’on ait l’ivresse.
    Gagner un Super Bowl 10-3 comme Brady contre Goff, je prends, gagner un Super Bowl, 2-0 avec un safety à la dernière minute je prends aussi, quitte a être ridicule devant le monde entier.
    Les Chiefs ont été ridicule dans le dernier Super Bowl, où les Broncos qui menait 10-0 à la fin du premier quart temps contre les Redskins dans le Super Bowl en 88, et qui en prennent 35 en 12 minutes dans le deuxième quart temps, c’était ridicule.
    Quitte a être ridicule mais vainqueur et ramené un 14 titre, je prends 🙂

    Je t’ai déjà demandé de quel coin tu étais ?

  5. Guile

    @David

    J’habite en île de France.

    Alors oui, je préfère gagner moche aussi mais pour l’instant, j’ai pas l’impression que l’équipe puisse gagner (même de manière très moche le SB) donc le choix c’est plutôt ne pas le gagner en jouant moche ou en lâchant les chevaux.

    Tu ne vas pas me dire que tu n’as pas fais des bons dans ton canapé hier soir quand tu as vu le playcall de MLF, en seconde MT à 17-6, sur les 3 drives qui suivent les deux 3 and out (où McCarthy frôle par deux fois le safety) et l’INT de McDuffie ? (je compte pas l’INT de Williams, elle arrive suffisamment tard pour juste laisser filer le temps)

    Il a lancé 212 fois d’affilée Wilson à la course sans une once d’imagination ou de variation (sauf 2-3 fois, contraint et forcé). Tout ça pour passer minablement 2 FG et punter depuis la moitié adverse du terrain.

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