Après des rendez-vous quasi-annuels pendant une décennie entre ces deux franchises de NFC, le hasard des calendriers a fait une pause. Seahawks et Packers ne se sont pas rencontrés depuis 3 ans. Une éternité pour deux franchises qui ont changé d’ère.

CHANGEMENT D’ÈRE

Si les Packers ont refermé l’ère Rodgers après la saison 2022, les Seahawks en ont fait de même et clôturé l’ère Russell Wilson après la saison 2021. À l’époque, les Denver Broncos avaient cassé la baraque pour s’offrir le QB (deux 1st rounds + deux 2nd rounds + le TE Fant + le QB Lock), une baraque (voire beaucoup plus) dont je suis sûr que les Broncos étaient prêts à poser pour Aaron Rodgers alors qu’ils avaient déjà attiré l’ancien coordinateur offensif des Packers Nathaniel Hackett.

On ne le saura jamais, Brian Gutekunst voulant assurer ses arrières après la saison MVP de Rodgers en 2021 et n’estimant peut-être pas encore prêt Jordan Love, il se plia aux volontés de Rodgers et lui offrit un contrat qu’on pensait durer plus d’une année, au vu des garanties financières données. Mais finalement, les Packers divorçaient de leur n°12 en 2023 et s’infligeaient un dead cap de 40 M$ la même année.

TRIDENT AÉRIEN

Nous sommes en 2024, les Seahawks sont désormais menés par une certain Geno Smith au poste de QB. Celui-ci végétait en NFL une fois que les Jets eurent abandonné l’idée qu’il pouvait être leur franchise QB après l’avoir drafté au 2ème tour 2013.

Et pourtant, depuis deux saisons et demi, Geno Smith fait le boulot. Son retour improbable lui a valu le Comeback player of the year en 2022 et il est régulièrement dans le top 10 des QB en yards par passe et taux de complétude de passe. Et cette saison, le voici actuellement à la tête de la 2ème attaque aérienne en yards totaux !

Celle-ci est constituée d’un sacré trident de WR avec le joueur de 2ème année Smith-Njigba, 6ème NFL en yards à la réception, qui a relégué les « anciens » DK Metcalf et Tyler Lockett derrière lui, même s’ils sont toujours assez productifs.

Du coup, c’est sans surprise que SEA est une attaque portée sur les airs en étant la 6ème attaque qui effectue le plus de jeux aériens.

L’attaque aérienne des Seahawks est certes productive en yards mais elle n’est pas un modèle d’efficacité. Si le taux de complétude est bon avec des passes assurées, il témoigne de jeux prudents (18ème en air yards par passe complétée, 19ème en yards par réception). De plus, le taux de conversion des 3ème tentatives est aussi moyen (16ème). Il faut dire également que Geno Smith n’est pas avare d’interceptions (12) et que l’attaque effectue pas mal de fumbles (n°25 NFL).

La menace offensive des Seahawks est donc d’abord aérienne car au sol, SEA peine à avancer. Déjà peu pourvue en ballons, les RB de Seattle sont 20ème en yards par course. Il faut dire que l’OL ne leur facilite pas la tâche en étant la 4ème pire OL pour les yards avant contact sur le RB.

La run defense des Packers est la satisfaction de la défense cette saison (avec le rôle de McKinney et ses interceptions) : 6ème NFL en yards par course. Le changement de système en 4-3 a eu comme prévu des effets bénéfiques contre la course. Le problème, c’est que le pass-rush de GB en a grandement pâti.

Contre Seattle, cette défense contre la course devrait continuer sur sa lancée après avoir jugulé le duo des Lions Montgomery-Gibbs. D’autant plus que SEA sera privé de son RB1 Kenneth Walker. Bon, l’absence de Kenneth Walker a permis au RB2 Zach Charbonnet de faire sa meilleure performance en carrière (22 portés, 134 yards) la semaine passée. Mais c’était contre les Cardinals, dans la deuxième moitié NFL en défense contre la course.

La défense de GB sera elle privée de Jaire Alexander (CB), toujours en délicatesse avec son genou. Je comprends les précautions du staff, Alexander étant revenu initialement de sa blessure avant de se l’aggraver rapidement contre les Bears. Le but est d’avoir le n°23 pour les play-offs dans cette secondary en souffrance. Et s’il a trottiné à l’entrainement, les mouvements en match ne sont pas les mêmes.

Le problème, c’est que GB va présenter Nixon-Valentine-Stokes (Bullard également blessé) contre le meilleur trio de WR que GB a dû affronter cette saison. Sacré challenge !

Alors pour éviter les connexions faciles de Geno Smith avec ses WR, le pass-rush Packers a un rôle à jouer. L’OL des Seahawks est dans la 2ème moitié des lignes offensives, ayant encaissé 40 sacks (n°24 NFL ; n°27 en yards encaissés par les sacks) et étant n°16 NFL en taux de pression.

Si le pass-rush de GB veut se révéler, c’est maintenant et il y a des possibilités, notamment sur la droite de leur ligne. Ce sera la meilleure manière de contrôler une équipe des Seahawks qui n’est pas une grande marqueuse de points (n°14 NFL) malgré son bilan de 8-5.

CONSERVER LE BALLON EN ATTAQUE

Pour l’attaque de GB en 2024, le premier facteur est Josh Jacobs (RB). Ça tombe bien, le 3ème coureur NFL en yards totaux va rencontrer la 25ème défense contre la course en yards par course. Si les Packers arrivent à tirer profit de cette confrontation, GB pourrait fort bien confisquer le ballon à SEA dont le faible temps de possession général (27ème NFL) pourrait trouver son origine ici.

Ce serait la bonne méthode car la défense aérienne de SEA est bien plus redoutable. Sans égaler ses illustres ancêtres de la Legion of Boom, la défense aérienne est menée par une secondary de qualité : n°7 en yards par passe complétée, n°8 en en jeux explosifs (+ de 20 yards concédés).

Mais il y a moyen d’avancer dans les airs avec des petits jeux (SEA : n°19 en % de passes adverses complétées). Il faudra que Love s’empêche un peu de vouloir toujours scanner le terrain pour le gros jeu et qu’il s’appuie un peu plus de manière automatique sur ses cibles de proximité qui sont en plus des valeurs sûres : Tucker Kraft (TE), Jayden Reed (WR) et Romeo Doubs (WR) qui sera de retour.

TENDANCE POUR LA FIN DE SAISON

Finalement, ce match revêt une grande importance pour les deux équipes qui sont à la croisée des chemins de cette saison 2024. Toutes deux ont un bon bilan mais obtenu en vainquant des équipes au plus faible bilan. Toutes deux manquent d’une victoire signature. GB comme SEA serait boosté avec une victoire obtenue face à un candidat sérieux aux play-offs NFC.

Le match se jouera à Seattle, et cela fait 16 ans (en 2008) que les Packers n’ont pas gagné dans l’Etat de Washington. En effet, sur les 10 derniers matchs, chaque équipe recevant à domicile a gagné (bilan 6-4 pour GB). L’occasion de vaincre un signe indien.

Photo : Evan Siegle

LES COMPOSITIONS PROBABLES

SEATTLE SEAHAWKS

Attaque :

G. Smith (QB) – Charbonnet (RB) – C. Cross (LT) – Tomlinson (LG) – Oluwatimi (C) – Laumea (RG) – A. Lucas (RT) – Fant (TE) – Smith-Njigba (WR) – DK Metcalf (WR) – Lockett (WR)

Défense :

L. Williams (DT) – B. Murphy (NT) – J. Reed (DT) – D. Jones (OLB) – E. Jones (LB) – Dodson (LB) – D. Hall (CB) – D. Witherspoon (CB) – Woolen (CB) – C. Bryant (S) – J. Love (S)

GREEN BAY PACKERS

Attaque :

Love (QB) – Jacobs (RB) – R. Walker (LT) – E. Jenkins (LG) – Myers (C) – Rhyan (RG) – Tom (RT) – Kraft (TE) – Watson (WR) – Doubs (WR) – Reed (WR)

Défense :

Gary (DE) – Clark (DT) – Wyatt (DT) – Enagbare (DE) – Q. Walker (ILB) – Mc Duffie (ILB) – Nixon (CB) – Valentine (CB) – Stokes (CB) – McKinney (S) – E. Williams (S)

Coup d’envoi dimanche 15 décembre 2024 à 17h20, heure locale, 2h20, heure de Paris.

GreenBayPackersFrance