L’amour n’a pas de prix

C’est fait ! Alors que le camp estival a commencé en début de semaine avec un Jordan Love en survêtement, la libération attendue par tous est arrivée : Jordan Love est prolongé pour 4 ans de plus, soit jusqu’en 2028 ! Au prix fort. Mais quand on aime, on ne compte pas, non ?

LE TEMPS ÉTAIT VENU

Le salary cap des Packers était désormais sain après la fin du bail Rodgers (40 M$ de dead cap en 2023), la résiliation il y a quelques mois du LT David Bakhtiari (toujours sans club), économisant 20 M$, et celle de l’ILB Devondre Campbell (chez les 49ers désormais), enlevant 10 M$ sur le même cap 2024.

Il était donc temps de songer à sécuriser le joueur qui occupe le poste le plus important de l’équipe et dont le contrat expirait à la fin de la saison à venir : Jordan Love.

Mais tout cela ne s’est pas fait sans négociations. « Business is business, as usual ». Pendant ce camp, Jordan Love ne s’entrainait pas à proprement parler mais était bien présent et participait à toute activité de l’équipe, autre que l’entrainement physique.

Love était encore lié aux Packers jusqu’à la fin de la saison 2024 après qu’il ait signé en 2023 une extension d’un an en lieu et place de l’option levée sur la 5ème année de son contrat rookie.

Un tour de passe-passe qui ne changeait pas la durée du bail Love mais en changeait les termes. Au lieu d’avoir + de 20 M$ garantis avec la 5ème année du contrat rookie (finalement non levée), GB signait en mai 2023 un « one-year prove-it deal » pour l’année 2024 lui garantissant seulement 13.5 M$ tout en lui promettant 9 M$ en possibles primes.

Ce deal donnait aux Packers un peu de marge financière pour absorber le choc du contrat Rodgers. Et cela donnait surtout la saison 2023 aux Packers pour vraiment savoir si Jordan Love méritait son incroyable investissement d’un 1er tour de draft 2020 après trade-up.

La saison 2023 s’est déroulée, comme on le sait nous les cheeseheads, avec une première moitié de saison incertaine où on pouvait craindre de noirs desseins. Puis une deuxième moitié de saison avec un Love + en confiance et en synchronicité avec ses WR qui aboutira à des play-offs excitants où les Packers eurent à portée de fusil la possibilité de renverser la table.

Avec 4159 yards à la passe, 32 TD à la passe (2ème NFL), 64,2 % de passes complétées et 11 interceptions sur sa première année en tant que starter, le test a été prometteur. Seuls Kurt Warner en 1999 et Patrick Mahomes en 2018 ont dépassé cette marque de 4000 yards et 32 TD dans leur 1ère saison en tant que QB starter.

Il ne reste plus à Love qu’à confirmer en 2024 les promesses de 2023. Et il faut le faire rapidement dès les premières semaines pour ne pas laisser s’instiller le doute. Mais je suis confiant en cela.

Cependant, pour cela, il fallait que Love soit partie prenante de ce camp estival si important pour renforcer les connexions vues en 2023. Après une semaine d’activités d’entrainements manquée, il était temps de faire revenir Love au camp. Cela passait par un nouveau contrat à long terme.

TOP SALAIRE

Avec le salary cap ayant explosé cette saison, il était sûr que Love allait toucher le plus gros contrat de l’histoire de la franchise. Les jeunes QB signant leur deuxième contrat sont les grands bénéficiaires de l’augmentation des bénéfices NFL redistribués aux franchises.

Ainsi, le top 6 NFL des salaires annuels NFL était constitué avant hier par des contrats donnés aux QB depuis 2023, tous situés entre 51 M$ et 55 M$/an. Récemment, Trevor Lawrence, le QB des Jaguars au bilan de 20 victoires – 30 défaites en 3 saisons, avait égalé le + gros montant de 55 M$/an détenu par le QB des Bengals Joe Burrow (mais avec – d’argent garanti (39 au lieu de 40 M$).

Plus tôt dans la journée d’hier, c’est le QB des Miami Dolphins Tua Tagovailoa qui avait signé son gros contrat : 4 ans, 212.5 M$, soit 53,1 M$ pour un joueur souvent blessé, se plaçant ainsi sur le podium des salaires NFL pour les QB, derrière les deux QB précédemment cités.

Il était donc attendu que Love touche la timbale. Et effectivement, les Packers ont marqué le coup en prouvant la grande confiance que Jordan Love leur inspire pour le futur. Car comme à la draft, c’est tout autant (voire +) le potentiel du joueur sur lequel la franchise mise que sur ce qu’il a déjà accompli.

Le contrat est donc de 4 ans, 220 M$, soit 55 M$ / an, égalant les + gros salaires de Lawrence et Burrow. Mais il est décrit comme le + gros salaire jamais perçu par un QB dans l’histoire car son bonus à la signature est de loin le + important : 75 M$ (Burrow 40M$) !

Dans l’inflation galopante des contrats NFL, Love est désormais le plus gros contrat de la ligue. Cela peut paraître choquant au vu des prestations passées de Love, loin d’être actuellement le meilleur joueur de la ligue.

Mais c’est la loi du marché et le timing est en sa faveur. Et tout n’est qu’éphémère en NFL. Tout cela sera probablement dépassé par le prochain contrat offert par les Dallas Cowboys à Dak Prescott. Sans oublier un Patrick Mahomes qui, à force de voir tous ces nouveaux contrats qui le pousse hors du top 10 des salaires QB, ne pourra pas attendre la fin de son contrat en 2031 pour demander aux Kansas City Chiefs une restructuration à la hausse.

Oui, le prix peut paraître élevé mais telle est la loi du marché actuel pour les QB NFL. Love a montré des promesses mais pas encore assuré qu’il était un QB d’exception. C’est un investissement. Un investissement qui part de loin, depuis la draft 2020.

On peut juste regretter le timing de cette prolongation que les Packers auraient pu proposer plus tôt dans la saison dernière s’ils avaient été si sûrs de leur investissement. Mais justement, rien n’était moins sûr et ce n’est pas le début de la saison dernière qui pouvait rassurer les Packers, leur permettre d’anticiper et ainsi gagné quelques millions de $ par an. On peut aussi regretter une durée de 4 ans au lieu de 5 ans comme donnés à Lawrence ou Burrow.

Tous ces détails financiers passeront au second plan si en 2024 les Packers sont en play-offs (le minimum) ou gagnent le Super Bowl dans la deuxième année de Love comme starter QB, surpassant ainsi Aaron Rodgers qui remporta le SB en 2010 après avoir pris les rênes des vert et or en 2008.

GreenBayPackersFrance

1 Comment

  1. Guile

    En l’occurrence, si, l’amour à un prix 🙂

    Effectivement, je te rejoins sur le fait que cela fait une belle somme pour un joueur qui au final, n’a qu’une bonne demi-saison dans les jambes (et dans le bras) mais bon business is business comme tu dis.

    J’ai toujours un peu de mal à comprendre comment tu peux espérer avoir plein de bons joueurs autour de toi en prenant autant mais bon, comme je lis souvent sur les sites US : « Il faut nourrir la famille » même si bon avec 20M plutôt que 40, elle est nourrie quand même 🙂

    Je préfère la bonne justification de base : « Je prends tout ce que je peux tant que je peux ! » 🙂

    Il faudra voir comment le contrat et le nouvel accord pèse sur les possibles renouvellements des contrats rookies actuels. Etre payé le max mais devoir jouer avec Pippo et Chico c’est moins fun 🙂

    Pour les 4 ans, je pense que c’est parce qu’il aura 30 ans durant la dernière année de son contrat donc c’est pour voir si Love est un QB qui peut durer dans le temps ou qui va brûler intensément sur quelques années avant de s’éteindre brutalement un peu comme Cam Newton.

    Et d’ailleurs, Love est un an plus vieux que Lawrence qui a lui un potentiel out après la saison 2028 avec un dead cap de 0. Les deux dernières années de son contrat sont un peu genre des void years où tu as un salaire de plus de 50M (comme la saison 2028 de Love avec un salaire de base à 74M mais seulement 15M de dead cap). Finalement c’est assez similaire en regardant par ce biais.

    Donc si tu regardes, Love a quatre ans (cette année et les trois premières de son nouveau contrat) pour montrer qu’il en mérite un autre sinon il pourrait y avoir séparation avant même la saison 2028 vu le dead cap à 15M.

    Maintenant à lui de montrer qu’il est de la veine de Favre et Rodgers et pas une étoile filante type Don « Majik »Majkowski.

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