Bilan des rookies 2019 : Rashan Gary (OLB) – choix n° 12

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Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un certain scepticisme général est apparu à l’annonce de son nom pour le choix n°12 en avril dernier, l’ancien prospect n°1 du pays à la sortie du lycée (à l’unanimité !) n’a pas produit une saison rookie de nature à rassurer les craintes des cheeseheads. Mais il n’a pas eu non plus toutes les opportunités pour se mettre en avant.

Rashan Gary – 1er tour, 12e choix général

Statistiques : 244 mises en jeu, 21 plaquages, 2 sacks, 3 plaquages pour perte, 2 QB hits, 1 fumble recouvert.

UNE POSITION EN QUESTION

A la décharge du joueur, Gary a dû évoluer de position entre la NCAA et la NFL. En effet dès le soir de sa sélection, il a été considéré comme un Linebacker alors qu’il était Defensive End à l’université de Michigan et beaucoup d’analystes et de suiveurs le considérait comme un DE pour la NFL, voire comme profil similaire à celui d’un Aaron Donald, le DT des Los Angeles Rams.

Mais s’il fait le même poids que le défenseur star des Rams (125-130 kg), Gary fait 11 cm de plus que Donald. De plus, si tout le monde était d’accord sur un point concernant Gary, c’est qu’il a des qualités athlétiques hors norme pouvant totalement coller au poste de linebacker extérieur (OLB) dans la défense 3-4 de Green Bay. Ce fut donc un nouveau rôle à assimiler pour le joueur, en plus de la transition NCAA-NFL pas toujours évidente.

Ce qui surprit encore plus avec le choix de Gary, c’est que le manager général Brian Gutekunst avait largement investi sur ce poste d’OLB pass-rusher lors de la free agency le mois précédant la draft avec les signatures en grandes pompes des « Smiths Bros », montrant clairement sa ligne de conduite pour les prochaines années : tout faire pour maximiser les dernières années de carrière d’Aaron Rodgers.

Résultat, Gary a été cantonné à un rôle de joueur de rotation (seulement 23% des mises en jeu). Très peu, trop peu !

Gary a quand même montré quelques flashs de son potentiel et de ses qualités, avec notamment une certaine explosivité sur le 1er pas mettant en difficulté son adversaire direct.

Néanmoins, tout ceci est resté trop discret et on était en droit d’attendre plus en raison de son statut de top 15 de la draft. Gary a en effet terminé avec la 8e plus mauvaise évaluation par Pro Football Focus parmi les joueurs draftés au 1er tour. Pas de quoi rassurer et encore moins satisfaire les cheeseheads qui attendaient bien plus du plus haut choix de draft pour Green Bay depuis 10 ans (BJ Raji (DT) : 9e position en 2009).

UN NOUVEAU DÉPART ?

On peut légitimement s’interroger sur la pertinence de l’avoir repositionné OLB et de l’avoir cantonné à ce rôle toute la saison, notamment avec les problèmes rencontrés par Green Bay sur la ligne défensive.

Le staff a d’ores et déjà annoncé que l’ancien de Michigan serait utilisé avec plus de polyvalence en 2020, avec notamment le projet de le faire « rusher » de l’intérieur, où sa vitesse pourrait faire de gros dégâts face au Gardes adverses. En gros, que Gary fasse du Za’darius de l’intérieur, le n°55 ayant été aligné dans ce type de position en fin de saison, avec souvent du succès au rendez-vous. L’entraineur en chef Matt LaFleur a de toute façon déclaré qu’il était nécessaire de trouver des façons de le mettre davantage sur le terrain.

Le GM Brian Gutekunst s’est d’ailleurs montré très enthousiaste sur les perspectives qui s’offraient à Gary pour sa seconde saison.

Gary n’est pas sans rappeler Cameron Jordan, le leader défensif des Saints a également connu un début poussif en NFL (1 sack, 4 QB hit en saison rookie) avant de vite progresser (8 sacks, 13 QB hits en deuxième saison) et s’affirmer aujourd’hui comme un des meilleurs à son poste.

Mais plus que Cameron Jordan, Gary a montré une rapidité rare pour un tel gabarit lui donnant une polyvalence qui pourrait bien lui faire multiplier les mises en jeu. En effet, avec un Blake Martinez (ILB) agent libre et qui a de moins en moins de chances de rester dans le Wisconsin, Gary pourrait bien accroître son temps de jeu via un poste de linebacker intérieur capable de « rusher », de réellement casser les plaquages et même de poursuivre un coureur.

Si Martinez affichait un 4.71 au 40 yards lors du test combine, Gary a effectué l’année dernière 4.58 à ce même test, alors que Martinez rend à Gary presque 20 kg ! Peut-être même que la draft de Gary anticipait la non-reconduction de Martinez, allez savoir ! Et puis, en 2014, avec un poste d’ILB en carence, Clay Matthews avait effectué la même transition avec succès pour le bien de l’équipe.

Le développement de Gary va sûrement emprunter ce chemin de la polyvalence sur l’ensemble de la ligne de linebackers voire en extra-DL, en étant un leurre pour l’équipe adverse qui ne saura quelle sera la fonction de Gary quand il sera aligné (« rushing » ou couverture ?). Gary deviendrait enfin un joueur de 3 tentatives, et c’est le moins qu’on attende d’un top 15 à la draft. Tout en perfectionnant son jeu de pur pass-rusher où il a montré sa rapidité mais pas sa manière à bien utiliser ses mains face aux tackles adverses.

Nouvelle image (12)

LE TEST 2020

En conclusion, Gary reste pour l’instant un point d’interrogation pour les fans et les observateurs et il devra vite confirmer en seconde année pour ne pas se voir coller l’étiquette de « bust ». Les cheeseheads ont encore du mal à cicatriser du choix de Nick Perry, pass-rusher du 1er tour de draft 2012 et trop longtemps gardé (7 ans !) dans l’effectif pour une médiocre production.

Et je n’ose même pas évoquer le cas de Datone Jones, 26ème choix du 1er tour de draft 2013, DE à l’université et repositionné en OLB aux Packers pour les résultats qu’on sait : résilié après les 4 saisons de son contrat rookie (9 sacks en 4 ans), il erre d’équipe en équipe depuis 3 saisons et est sans équipe depuis août dernier.

À Mike Pettine et ses assistants de trouver le rôle qui lui permettra d’accomplir son potentiel sur l’ensemble des mises en jeu défensives. Quoi qu’il en soit, le schéma défensif de base de GB restera le schéma « 3-4 », les investissements effectués sur les « Smiths Bros », de purs OLB de 3-4, ne permettent pas d’envisager une transition vers une « 4-3 », peut-être plus propice à Clark en DT et Gary en DE.

Gary présente de vrais motifs d’espoirs. Il vient tout juste de fêter ses 22 ans et ses qualités athlétiques donnent de l’optimisme pour que ce joueur devienne, on l’espère, un joueur majeur de la défense.

GBPF et The_Chosen_One

3 Comments

  1. Guile

    Alors je suis toujours un peu circonspect sur le choix de Rashan Gary et je suis complètement d’accord avec vous deux sur l’analyse.

    1 – On prend un mec qui joue DE et on ne l’essaie même pas à ce poste là alors que bon ce ne sont pas les perfs de Lowry, Lancaster et co qui lui ont bouché le poste…
    2 – On le fait jouer OLB (effectivement, peut-être qu’il peut être super à ce poste) mais on a fait signer deux mecs qui vont jouer quasiment tous les snaps de la saison à ce poste parce que les mecs prennent des coups, semblent à moitié blessé mais ce sont des warriors et sans eux l’équipe n’est pas la même (surtout Z)
    3 – On l’a pris en 12e choix donc automatiquement tu t’attends à ce que le mec joue, ai un impact visible quasi immédiat et au final, bah tu ne le vois quasiment pas jouer (pour un 12e choix j’entends).

    Du coup, est-ce que le prendre était un bon choix au vu des points 1 et 2 ? Pas sûr… Au final, on a pris en 12e choix un mec sur un poste pour lesquels nous n’avions plus forcément de besoin urgent et ça ressemble un peu a du gâchis.

    Est-ce que, vu notre besoin en ILB, n’aurait-il pas fallu plutôt monter de 12 en 10 pour choper Devin Bush à la place des Steelers ? Avec ce type de choix, nous aurions vraiment couvert un poste en souffrance.
    Perso, et c’est une autre histoire, pour prendre un autre départ (oui je paraphrase Gérard Blanc 🙂 ), je pense que Savage aurait encore été dispo en 30.

    Après, j’ai lu souvent que c’était clairement un choix de Gute qui l’adorait et donc pas spécialement ouvert à la discussion.
    A voir dans le futur mais si on le reconvertit en ILB, on va encore perdre un an et ça voudrait peut-être dire faire un effort pour Martinez alors que je pense que Martinez ne peut être vraiment performant qu’avec un ILB run-stopper à côté de lui (ce que ne sera pas immédiatement Gary).

    Au final, j’espère qu’il ne va pas rejoindre la longue liste des joueurs mal utilisés par les Packers ces dernières années…

  2. Green Bay Packers France

    Il me semble qu’avec Gérard Blanc, c’est un nouveau départ. 😉 (ah ce vidéo clip ^^)
    Pour ton dernier paragraphe, je t’avouerai qu’avoir repensé à Datone Jones m’a fait froid dans le dos…

  3. The_Chosen_One

    Tu as raison Guile, en étant terre à terre, le choix de Gary n’était pas bon pour la simple raison qu’il a été drafté comme un projet finalement, et qu’on a besoin de gagner tout de suite en raison de la fenêtre de Rodgers. Et quand tu drafte un top 15, tu veux qu’il joue tout de suite et le plus possible.
    On aurait surement du prendre Wilkins qui aurait pu être starter dès le 1er match à côté de Clark, (surtout avec le projet de couper Daniels derrière). Le run stop aurait été renforcé, et un DL intimidante améliore toujours les performances globales d’une défense, y a qu’à voir SF.

    Maintenant comme dit dans l’article, Gary est là, et son potentiel est toujours très élevé, on attend du staff qu’ils en tirent le meilleur, je pense que si ça passe par plus de snap à l’intérieur comme ils ont eu l’air de le laisser entendre ça pourra le faire, mais si comme tu le dis ils l’ambitionnent comme un ILB, il va encore perdre une année, et nous avec…

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