Photo : Alli Rusco : vikings.com

Eh bien, quels débuts ! Ce match d’ouverture devait donner des réponses à plusieurs questionnements. On en a eu, et celles-ci n’ont pas été rassurantes.

Minnesota Vikings – Green Bay Packers : 39 – 22

UNE MI-TEMPS EN ENFER

Quoi de pire que de commencer une saison en encaissant un 29-3 en 2ème mi-temps. Du jamais vu depuis 7 saisons, soit la longueur du head coaching de Matt LaFleur.

Et on peut même regarder bien + loin encore puisque dans l’ère du Super Bowl, il faut remonter en 1980, du temps où les Packers étaient la risée de la NFL, pour voir une telle claque de 2ème mi-temps pour GB. En ce temps-là, ce fut un 41-0 matraqué par les Bears dans une défaite 61-7 historique. Et c’est tout.

C’est dire que cette défaite est historique. On pourrait se dire que c’est juste la semaine 1 et que la saison est longue. Oui, c’est vrai mais on doit aussi remarquer que cette défaite est la 6ème de rang depuis la semaine 15 de la saison 2025, depuis, bizarrement, que Micah Parsons s’est blessé :

  • Semaine 15 : Défaite 26-34 @ Denver Broncos
  • Semaine 16 : Défaite 16-22 (OT) @ Chicago Bears
  • Semaine 17 : Défaite 24-41 vs Baltimore Ravens
  • Semaine 18 : Défaite 3-16 @ Minnesota Vikings
  • Wild Card : Défaite 27-31 @ aux Chicago Bears
  • Semaine 1 : Défaite 22-39 @ Minnesota Vikings

Un tel enchaînement n’avait jamais été constaté depuis 1991, c’est-à-dire avant que GB ne vive son long âge d’or avec Brett Favre et Aaron Rodgers aux manettes ! À l’époque, les Packers avaient terminé par 5 défaites de rang la saison 1990 (bilan 6-10) avant de redémarrer la saison 1991 avec 2 défaites.

Alors, Matt LaFleur a l’occasion de marquer, de très mauvaise manière, l’histoire des Packers si GB s’en va perdre au MetLife Stadium ce dimanche chez les New York Jets pour ainsi égaler ce record de défaites consécutives (au nombre de 7).

Sous contrat jusqu’en 2026, je n’avais pas compris que LaFleur (et le manager général Gutekunst) aient été prolongés aussi facilement par le nouveau Président Policy. Cette série de 5 défaites, rare, aurait dû permettre à Policy de laisser voir venir ce que donnait cette saison 2026. Donner de la confiance, oui, mais quand cela vaut la peine. Cette série était selon moi impardonnable pour à minima Matt LaFleur.

MAÎTRISE PUIS DÉROUTE

Pourtant, cela avait plutôt bien commencé :

  • une interception de Nixon
  • des blitz bien sentis de la défense de Gannon
  • un field goal de 59 yards du rookie Smack (K)
  • un TD de 81 yards de Watson dans ce type d’action létale pour le bip-bip vert et or
  • un retour de kickoff de 59 yards de Melton (WR)
  • un TD à 14 secondes de la mi-temps par encore Watson (WR)

GB basculait à 19-10 à la mi-temps. Ce n’était presque pas cher payé pour les Packers qui avaient commis deux pénalités coupables. Une pour le choc de Bullard (S) sur le QB Kyler Murray qui sortira du match, commotionné. Cette pénalité évitait la 4ème tentative et relançait un drive qui donnera un FG. Le 2ème flag était un faux-départ de Van Ness (Edge) qui donnait un jeu gratuit pour le vétéran Wentz (QB) qui s’empressait de balancer vers la endzone pour sa cible n°1 : Justin Jefferson qui se joua du rookie Cisse (CB) malheureusement aligné sur lui sur cette action et marquait le TD.

GB laissait des occasions en route, laissant les cheeseheads avec cette constante angoisse du retour adverse. Angoisse que la physionomie de ce match va laisser imprégnée longtemps dans leurs cerveaux. Love trouvait Jonnu Smith (TE) seul au centre du terrain. Manquant de gaz, le vétéran était rattrapé à 7 yards de l’en-but. 4 tentatives pour 7 yards dont GB ne ramenait que 3 pts. (10-22)

Cette inefficacité en redzone (1 sur 4, dimanche) est un gros point faible pour un prétendant au Super Bowl quand Aaron Rodgers menait une attaque très efficace en 2019 (2ème NFL) et en 2020 (1er NFL).

Le retour de kickoff sur 61 yards qui suivait pour les Vikings semblait avoir mis un 1er coup d’assommoir. TD d’Hockenson (TE) sur un McKinney (FS) aux fraises. (17-22)

Puis vint ce que vous savez. Un Matt LaFleur qui veut prouver qu’il est le + audacieux des audacieux et enlève 3 pts au score (un FG réussi) pour tenter, après pénalité, une 4ème et 1 délicieusement ratée avec un QB sneak ne concernant que 3 joueurs dont un Love (QB) emprunté. Pas de tush push non.

Ce turnover on downs avait tout du poison qui allait irriguer les veines des cheeseheads. S’en suivait un drive Vikings guignolesque. Un drive qui aurait dû s’arrêter par 3 fois, et 3 fois relancé par des pénalités douteuses. Un configuration jamais vu depuis une vingtaine d’années en NFL (trois 4th down consécutifs annulés par des flags). Je rajoute que sur deux actions, ce n’était même pas un 4th down : cela annulait un turnover (fumble recouvert, interception). Difficile de ne pas se faire de questionnements avec une NFL désormais sponsorisée par un site de paris en ligne.

Après donc l’inévitable TD Vikings (+ conversion à 2 pts), le score basculait 25-22 et le match avec.

L’OL avait déjà pris l’eau mais comme le Titanic, ce fut lent au départ avant de couler à pic en 4ème quart-temps. Blitzeur libre : sack sur Love et fumble recouvert à 1 yard de l’en-but Packers. TD. (32-22)

Il ne reste qu’un peu + de 4 mn. Passe de Love doublement déviée : interception. 3 jeux + tard : 2ème TD de Justin Jefferson. (39-22)

Le Titanic avait coulé et Love jouait trop lentement pour faire croire que les Packers pouvaient revenir, tout groggys qu’ils étaient par ce scénario improbable.

SURSAUT OU TÉNÈBRES ?

Mais ce qui énerve les cheeseheads, c’est que les scénarios improbables, ils ont donné. Et pas + tard que le dernier match avant celui-ci avec une défaite en play-offs 31-27 chez les Bears en wild-card, avec un 28-6 encaissé en 2ème mi-temps. Et si on combine ces deux défaites (@ Vikings 2026 et @ Bears wild-card 2025) à deux autres défaites (@ Browns 2025 et @ Bears 2025), cela donne 4 défaites improbables où dans les scénarios possibles, il n’y avait qu’1 chance sur… 2,5 millions pour GB subisse ces 4 défaites compte tenu des avances des Packers dans ces matchs.

Ce qui énerve, c’est qu’il est + probable de voir une défaite improbable des Packers que de voir un Matt LaFleur limogé pour ces mêmes défaites improbables.

À voir lundi au lendemain du match chez les Jets où la victoire semblait assurée avant la saison. Plus rien n’est sûr avec ces Packers. Et la crise pourrait pointer son nez dès la semaine 2 de cette saison 2026. Et vous savez quoi, cela me paraissait tout de même bien improbable avant la saison.

Photo : Keller Nienau ; packers.com

SCORING

1234Final
MIN3772239
GB9103022

STATISTIQUES PAR ÉQUIPES

Green Bay PackersMinnesota Vikings
Score Final2239
First Downs1919
Yards Totaux419239
Yards à la Passe (net)353132
Yards à la Course66107
Troisièmes Tentatives3/12 (25%)8/15 (53%)
Quatrièmes Tentatives0/20/0
Pertes de balle (Turnovers)21
Pénalités (Yards concédés)12 (98 yards)3 (15 yards)
Temps de Possession27:0232:58

STATISTIQUES INDIVIDUELLES

Green Bay Packers

  • Jordan Love (QB) : 387 yards lancés, 21/42, 2 TD, 1 INT, 4 sacks subis
  • Marshawn Lloyd (RB) : 13 courses, 37 yards (moyenne de 2,8 yards)
  • Christian Watson (WR) : 6 réceptions, 147 yards, 2 Touchdowns (dont un de 81 yards).
  • Matthew Golden (WR) : 6 réceptions, 95 yards.
  • Tucker Kraft (TE) : 3 réceptions, 65 yards.
  • Edgerrin Cooper (LB) : 6 tackles, 1 assist tackle, 1 sack, 1 QB hit, 2 passes déviées

Minnesota Vikings

  • Carson Wentz (QB) : 133 yards lancés, 12/19, 3 TD
  • Jordan Mason (RB) : 15 courses, 59 yards, 1 TD
  • Aaron Jones (RB) : 12 courses, 40 yards, 1 TD
  • Justin Jefferson (WR) : 8 réceptions, 92 yards, 2 TD
  • Blake Cashman (LB) : 5 tackles, 2 assist tackles, 0.5 sack, 2 QB hits, 2 passes déviées
  • Myles Price (WR/KR) : 5 retours de kickoff pour un total de 179 yards (dont un retour de 68 yards )

GreenBayPackersFrance