Week 16 ~ CHI – GB : Chute libre

Romeo Doubs commet l’irréparable sur le onside kick Bears (Photo : Dan Powers)

L’ambiance était électrique au Soldier Field et la chute des Packers n’en a été que plus pathétique. Dominants sans être efficaces, les Packers se sont laissés à la merci d’un scénario improbable digne des plus grands films catastrophes.

Chicago Bears – Green Bay Packers : 22 – 16

AMBIANCE PLAY-OFFS

Malgré les températures frigides, l’ambiance était bouillante dans les travées du Soldier Field, chauffé à blanc comme rarement dans un parfum de play-offs.

Pas impressionné, GB attaquait le match avec confiance et s’appuyait sur Doubs (WR) pour atteindre la redzone dès leur 1er drive. Mais la réception en tracé « hitch » de Doubs ne gagnait pas assez sur la 3ème tentative. Agressif comme il est depuis plusieurs semaines, LaFleur tentait la 4ème et 1 avec une passe « out » pour Watson mais le WR était bien couvert et la passe de Love pas parfaite. Une action qui trahissait aussi le manque d’efficacité chronique au sol de GB. Turnover on downs des Packers.

En face, il se passait ce qu’on craignait depuis la blessure de Parsons : un manque de pression patent sur situation de passe. Les Bears ajoutaient à cela leur force au sol. Toutefois, en redzone, les Packers resserraient les rangs et ne se laissaient pas marcher dessus. Sur la 4ème et 1, le head coach adverse était tout aussi agressif mais il rajoutait une couche d’innovation avec une wildcat… qui échouait lamentablement en raison d’un « snap » trop haut. Turnover on downs également. Ce match serait spécial.

Les Packers continuaient sur ce qui allait être le canevas de leur prestation. On avance, on mange le temps (60 % du temps de possession du match pour GB) et on se crashe en redzone avec des Packers qui finiront avec un terrible 0 sur 5 dans cette zone cruciale. Et c’est comme si LaFleur était craintif à ces moments cruciaux et commandait d’abord des jeux à priori sans risques : courses, courses renversées, passes-écran. Mais il faut croire qu’il était attendu au tournant. Et quand il faut tenter d’attaquer sur 3ème ou 4ème, les jeux développés sont trop longs et ne font pas dans l’automaticité d’une passe slant rapide par exemple.

Vous rajoutez à cela des erreurs individuelles comme le « drop » d’E. Wilson (RB) sur une passe-écran. Bref, avec tout ça, les Packers ne prenaient qu’un FG. (0-3)

Et sur leur drive suivant, il en fut de même avec un nouveau FG. À un énorme détail près : cette fois, GB était mené cette fois par Malik Willis qui remplaçait Jordan Love sorti sur une sévère commotion après un plaquage de face casque contre casque. Le n°10 ne reviendra plus du match. (0-6)

Les Bears n’avançaient pas par les airs, en raison d’une défense de GB qui avait décidé de « blitzer » comme jamais et cela mettait Caleb Williams (QB) en réelle difficulté. (0-6 à la mi-temps)

Avant le onside kick perdu, Doubs avait marqué un superbe TD (Photo : Evan Siegle)

DES PACKERS EN MODE AUTO-DESTRUCTION

À la reprise, les Bears sortaient leur + gros jeu sur une simple passe « flat » (sur le côté) où Monangai profitait d’une erreur de marquage de Cooper (ILB) : 44 yards au final. Mais hormis ce loupé, la défense resserrait les rangs face à la course et obligeait CHI au FG. Au passage, McKinney (FS) manquait une interception qui aurait déjà pu sceller le match, un mal déjà repéré face aux Broncos. (3-6)

GB ne rechignait toujours pas à avancer, même si la belle réception de Musgrave (TE) pour 25 yards masquait un Willis (QB) qui n’avait pas vu un Watson (WR) complètement ouvert pour le TD. Willis convertissait une 3ème et 1 suR QB sneak et voilà les Packers avec 4 tentatives pour le TD à 4 yards de l’en-but. Cela semblait presque une formalité. D’ailleurs, Jacobs (RB) gagnait 2 yards sur la 1ère tentative quand, en insistant, il se fit arracher le ballon des mains pour un turnover très douloureux à 2 yards de l’en-but adverse !

On crut que le match tournait bien quand, après avoir repris le cuir grâce à la rugueuse défense, GB plantait le 1er TD du match en toute fin de 3ème quart-temps. Sur 3ème et 2 à 33 yards de l’en-but, Willis surprenait son monde avec une « deep pass sideline » lobée pour Doubs simplement parfaite. Touchdown. (3-13)

Les deux drives suivants voyaient Chicago et Green Bay marquer chacun un FG. Les Bears étaient pris par les blitz Packers dès qu’ils tentaient la voie des airs, les Packers eux se voyaient encore, pour les mêmes raisons qu’auparavant, bloqués en redzone. (6-16)

Il ne restait plus que 5 mn et GB avait 10 pts d’avance dans un match à un seul TD jusque-là. Pris par le temps et obligés de passer par les airs, les Bears avançaient péniblement. Confrontés à une 3ème et 20 après un holding, Brinson 5DT) attrapait Caleb Williams (QB)… mais par la grille faciale. Pénalité logique mais coûteuse quand C. Williams était sur l’action sans grande solution au sol et dans les airs, tout en étant au milieu du terrain. Au lieu d’un punt, les Packers encaissaient un 1st down automatique. Le mal était amoindri par le fait que les Bears ne prenaient encore qu’un FG en ayant consommé 3 précieuses minutes. (9-16)

Il ne restait plus que 2 mn et Chicago devait tenter le onside kick pour espérer l’espoir (7-8 % de réussite sur cette action). Et là, dans un cauchemar déjà vécu 11 années auparavant du côté du nord-ouest des Etats-Unis, GB n’assura pas le contrôle du ballon pour ce qui aurait clos le match à 90 % (un first down et c’était fini).

FINAL IMPROBABLE

Romeo Doubs (WR) fut le fautif et il est pour moi incompréhensible que le n°87 soit impliqué dans les phases d’équipes spéciales depuis le début de saison. Son historique de commotions et ses mains pas forcément irréprochables (capables des + belles réceptions comme de drops faciles) suscitait mon incompréhension depuis de trop longs mois. N’y a t-il pas un autre joueur vétéran (McKinney ?) capable d’exercer cette mission « onside kick » ? Quelqu’un qui n’aurait pas eu l’appréhension que Doubs a eu au moment d’attaquer le ballon qui rebondissait ?

Les Bears recouvraient le cuir et d’un coup, le match basculait dans l’inéluctabilité d’une victoire Bears, comme le fut celle des Seahawks en finale NFC 2014. Bien sûr, il y eut TD de Chicago. Mais pour rajouter beaucoup de sel à la blessure, elle le fut sur 4ème et 4 par un rookie non drafté effectuant là sa 2ème réception de la saison, la 1ère ayant eu lieu dans ce même match ! Celui-ci (Jahdae Walker donc) était complètement esseulé dans une incompréhension tactique totale entre Hobbs et Nixon, nos deux Pippo et Bimbo au poste de cornerback. (16-16). Le match allait en prolongations.

La suite du match n’était juste que la suite d’un conte de fées Bears. Confrontés à une 4ème et 1 sur les 36 yards, GB la tentait au lieu de laisser McManus tenter le FG de 53 yards, il est vrai dans le vent fort, même si le kicker Bears s’en était accommodé plus tôt dans le match. Willis manqua la mise en jeu, fumble récupéré par E. Wilson (RB) mais qui ne parvint pas à obtenir le first down. Turnover on downs.

La balle revenait aux Bears qui n’avaient qu’à marquer un FG. Ils firent mieux, malgré l’espoir fugace pour GB d’un fumble qui n’en était pas un. En toute confiance, Caleb Williams (QB) tentait quasiment sa 1ère deep pass du match, elle fut parfaite pour DJ Moore, pourtant collé par Nixon (CB) qui, on l’espère avec ses dernières prestations, a pu se faire dégonfler violemment le melon. (22-16, fin du match)

SYMBOLE D’UN DÉCLIN ?

Cette défaite ne va finalement pas handicaper les Packers dans la quête des play-offs. À l’heure de l’écriture de cet article, ils sont même qualifiés à la faveur d’une défaite des Lions à Minnesota dans le match du jeudi soir.

Toutefois, ce genre de défaite est tout ce qu’il ne faut pas avoir pour attaquer les play-offs en confiance avec le moral et le physique gonflés à bloc. Après avoir perdu son leader défensif la semaine passée, la défense de GB a montré ce dont elle est capable sans lui : valeureuse sans être talentueuse. La comparaison des rushs de Gary et de Van Ness, de retour, sont terribles de lenteur en comparaison à ceux de Parsons. Et cela questionne d’autant plus que ces 3 joueurs ont été draftés aux mêmes endroits du 1er tour (Gary, 12ème choix 2019 ; Parsons : 12ème choix 2021 ; Van Ness : 13ème choix 2023).

La défense des Packers a su s’en sortir en sortant la boîte à blitz et cela a suffi contre un Caleb Williams, héros de la fin de match, mais au taux de complétude toujours aussi faible, le QB n’hésitant pas à balancer facilement en touche. Mais qu’adviendra t-il face à un QB plus précis en play-offs ?

Bref, GB sort blessé, au sens premier du terme (Love, Jacobs) comme au sens figuré avec une telle défaite dans un tel contexte et face à ce rival précisément.

Que va donner la suite de la saison ? Elle va être un vrai révélateur de la situation de la franchise. Car avec Parsons out, lui qui a coûté 2 premiers tours de draft, les Packers sont sur la corde raide du all-in assumé pour 2025 et 2026. De plus, GB paie déjà au prix fort plusieurs de ces joueurs dans le top 5 de leur poste (Love, Tom, Parsons, McKinney) et des coûteuses extensions vont devoir intervenir la prochaine intersaison (Watson, Kraft). Et pour finir, l’OL reste un questionnement alors que la franchise a investi lourdement ces dernières années (extension de Tom, recrue de Banks, hauts tours de draft pour Morgan et Belton).

Bref, il tarde de voir ce que les Packers vont faire dans ces play-offs 2025. Un petit tour et puis s’en va, et il y aurait forcément un questionnement à venir sur le GM et sur le head coach avec le nouveau Président en place. Car à un moment donné, la stagnation doit obligatoirement demander réflexion.

Les Packers peuvent encore s’extirper de cette 7ème place NFC qui leur colle à la peau pour la 3ème année de suite, 7ème rang qui, on le rappelle, n’était pas encore qualificative il y a quelques années. Puis on saura quel sera l’adversaire des wild-cards puisque le rang n°1 est inaccessible. SI on veut rester optimiste, les Bears peuvent de nouveau être sur le chemin des Packers en play-offs, ce qui ne serait que la énième similitude avec la saison 2010, la dernière couronnée d’un Super Bowl ramené à Titletown.

Photo : Madison Morris

LES STATS

1234OTFinal
CHI00313622
GB0673016

CHICAGO BEARS :

  • Caleb Williams (QB) : 19/34 à la passe, 250 yards, 2 TD, 98.9 rating
  • Kyle Monangai (RB) : 9 courses, 50 yards, 5.6 yards par porté ; 3 réceptions, 43 yards
  • DJ Moore (WR) : 5 réceptions, 97 yards, 1 TD
  • TJ Edwards (CB) : 5 plaquages, 5 plaquages assistés, 0.5 sacks, 1 QB hit
  • 1 turnover
  • 400 yards offensifs
  • Efficacité en 3ème tentative : 18 % (2/11)
  • Efficacité en 4ème tentative : 66 % (2/3)
  • Efficacité en redzone : 50 % (1/2)
  • 10 pénalités pour 105 yards concédés
  • 26 mn de possession de balle (avec OT)

GREEN BAY PACKERS :

  • Malik Willis (QB) : 9/11 à la passe, 121 yards, 1 TD, 142.8 rating
  • Emanuel Wilson (RB) : 14 courses, 82 yards, 5.9 yards par porté
  • Romeo Doubs (WR) : 5 réceptions, 84 yards, 1 TD
  • Quay Walker (ILB) : 5 plaquages, 9 plaquages assistés, 1 plaquage pour perte, 1 passe déviée
  • 0 turnover
  • 384 yards offensifs
  • Efficacité en 3ème tentative : 50 % (6/12)
  • Efficacité en 4ème tentative : 33 % (1/3)
  • Efficacité en redzone : 0 % (0/5)
  • 4 pénalités pour 40 yards concédés
  • 39 mn de possession de balle (avec OT)

LE MOMENT DU MATCH

Sans contestation, le onside kick réussi des Bears à moins de 2 mn de la fin du match est le 1er domino de la chute des Packers.

LE DÉTAILS QUI TUE

À 2 mn de la fin du match, avant le onside kick, les Packers avaient statistiquement 99 % de chances de remporter le match !!!

GreenBayPackersFrance

1 Comment

  1. DavidBrillac

    Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !
    2025 restera quoi qu’il arrive une saison rongée et tronquée par les blessures.
    Avec plus de réussite, les Packers seraient dans une autre position.
    Quoi qu’il en soit, ils sont résilients, et font avec les moyens du bord, et malgré les embûches, ils sont qualifiés pour les play-offs pour la sixième fois en 7 saisons, après un beau cadeau de Noël de la part des Lions.

    Je suis persuadé que personne n’a envie de croiser la route des Packers et si cela doit être une revanche contre les Bears, LaFleur 12-1 et 5-0 au Soldier Field avant le weekend dernier sait comment les jouer.

    Il y a encore du football à jouer pour les Packers, dont un en playoff, et tout les espoirs sont permis.

    Go Packs Go !

Laisser un commentaire