Packers Brèves n°36 : Ted Thompson passe la main

Ted-Thompson

Ted Thompson prend du recul…

Le remue-ménage continue au sein de l’encadrement sportif des Green Bay Packers. C’est cette fois le manager général (poste le plus élevé dans la hiérarchie sportive), Ted Thompson, qui est démis de ses fonctions. Néanmoins, ce n’est pas un licenciement pur et simple puisque Thompson restera dans l’organisation des Packers. Mais c’est une page de 13 ans qui se tourne..

COUP DE MAÎTRE AVEC RODGERS

Décidément, ça bouge à Green Bay, comme jamais depuis plus d’une décennie. Ted Thompson a en effet pris ses fonctions de manager général en 2005 et il commença son oeuvre par ce qui allait être sa signature de son passage à Green Bay : l’improbable draft d’Aaron Rodgers (QB) en 2005.

Ce coup de « folie » fut un coup de maître. Folie car ce n’était absolument pas le besoin des Packers nanti d’un QB futur Hall of Famer : Brett Favre. Certes, Favre est alors âgé de 36 ans mais son record de matchs consécutifs joués ne laisse pas paraître alors une retraite proche.

Et pourtant, Thompson ne laisse pas passer l’occasion de prendre un quarterback que certains voyaient en choix n°1 de la draft 2005. C’est finalement Alex Smith (QB) qui sera choisi en n°1 par les San Francisco 49ers, l’équipe de coeur du jeune Aaron Rodgers..

S’en suivit 4 heures d’attente insoutenables et incompréhensibles pour Rodgers, achevées par le choix de Ted Thompson. Une destination pas forcément folichonne pour le jeune Rodgers qui savait qu’il allait cirer le banc derrière Favre.

Presque 13 ans plus tard, on sait maintenant que l’audace de Thompson avait payé et marqué l’histoire des Packers. C’est aussi un homme déterminé qui ne flancha pas devant les hésitations de Favre qui annonçait sa retraite en 2008 avant de se raviser quelques semaines plus tard. Il aurait été simple pour Thompson de privilégier la star Favre au jeunot Rodgers. Mais il a tenu et l’avenir lui a donné raison.

DES SUCCÈS…

Nanti d’avoir drafté un des plus grands QB de tous les temps, Ted Thompson s’était assuré une place durable et un grand succès à venir.

Pendant ses 13 années de fonction, les Packers ont obtenu 1 Super Bowl et atteint 4 fois la finale de conférence NFC (2007-2010-2014-2016), plus que tout autre équipe NFC sur la période. Les Packers ont aussi régné sur la NFC North en remportant 6 titres de division dont 4 de suite entre 2011 et 2014.

Ted Thompson aura également eu d’autres faits d’armes à la draft. En 2009, il effectua un « trade up » ambitieux en donnant son 2ème tour (41ème choix), son 3ème tour (76ème choix), un 3ème tour venu des NY Jets pour l’échange de Brett Favre (87ème choix) pour recevoir le 1er tour des New England Patriots (26ème choix) avec un 5ème tour (162ème choix) en sus. Ce « jump » du 41ème au 26ème choix de la draft 2009 a permis aux Packers d’obtenir Clay Matthews (OLB) qui deviendra le plus grand « sackeur » de l’histoire des Packers.

Ted Thompson avait des qualités certaines :

  • Dénicher des receveurs de talent hors du 1er tour de draft : Greg Jennings (2ème tour en 2006), James Jones (3ème tour en 2007), Jordy Nelson (2ème tour en 2008), Randall Cobb (2ème tour en 2012) ou Davante Adams (2ème tour en 2014). Même si ces joueurs ont eu la chance d’évoluer auprès d’Aaron Rodgers, élément certain de valorisation
  • Constituer une ligne offensive de talent avec des joueurs draftés en milieu de draft : Daryn Colledge (2ème tour en 2006), Allen Barbre (4ème tour en 2007), Josh Sitton (4ème tour en 2008), TJ Lang (4ème tour en 2009), David Bakhtiari (4ème tour en 2014), JC Tretter (4ème tour en 2014).

Par ailleurs, Ted Thompson et les Packers n’ont pas été vernis par les blessures qui ont stoppé certaines carrières prometteuses. On pense à Nick Collins (FS drafté en 2005), Jermichael Finley (TE drafté en 2008), Sam Shields (CB non drafté en 2010), Derek Sherrod (LT drafté en 2011) ou Jonathan Franklin (RB drafté en 2013).

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Aaron Rodgers et Jordy Nelson : deux grands succès de Ted Thompson

… ET DES ÉCHECS

Mais en corollaire du licenciement de Dom Capers, Ted Thompson n’est pas arrivé à fixer une défense après le succès du Super Bowl 2010.

  • Il n’est pas arrivé à fixer une ligne défensive avec des gros loupés : Datone Jones (1er tour en 2013), Jerel Worthy (2ème tour avec trade up en 2012), Khyri Thornton (3ème tour en 2014), Justin Harrell (1er tour en 2007)
  • Ses 1er tours de draft défensifs ont rarement été gagnants : AJ Hawk (ILB – 5ème choix 2006 !), Justin Harrell (DT – 2007), Nick Perry (OLB – 2012, semi-échec), Datone Jones (DE – 2013), Damarious Randall (CB – 2015)

Ted Thompson savait l’importance d’épauler Aaron Rodgers par une défense de qualité, en témoigne la prépondérance des choix de draft défensifs plutôt qu’offensifs. Quelle était l’influence de Dom Capers dans ces choix de draft ? Car souvent les joueurs étaient draftés pour leur qualité supposée et pas forcément leur poste. À de nombreuses reprises, on demandait au joueur d’évoluer dans un registre différent de celui qu’il jouait à l’université, et cela s’est soldé la plupart du temps par des échecs. L’exemple récent des réussites de Micah Hyde (S) aux Buffalo Bills et de Casey Hayward (CB) aux Los Angeles Chargers peut laisser penser à cette mauvaise utilisation du personnel.

DRAFT AND DEVELOP

Le modèle de Ted Thompson, c’était « drafter et développer ». Cette méthode a fait école et c’est la bonne méthode pour pérenniser une franchise à l’heure du « salary cap ».

Nombreux sont ceux qui reprochaient la frilosité de Thompson sur le marché des transferts. Mais Thompson a toujours visé la qualité à la quantité. Il a souvent réussi son coup : Charles Woodson (SS), Ryan Pickett (DT), Julius Peppers (OLB), Jared Cook (TE) ou Letroy Guion (DT). Mais comme à la draft, il a aussi eu ses loupés : Martellus Bennett (TE), Jeff Saturday (C) pour les fameux exemples.

Peu d’équipes peuvent se targuer d’avoir eu le même succès que les Packers entre 2005 et 2017. Seuls les New England Patriots ont été indéniablement supérieurs sur la période avec 2 Super Bowls gagnés et 2 perdus. Leur manière de procéder en étant agressifs sur le marché des transferts a fait des envieux chez les fans cheeseheads et faisait penser que cela pouvait être la recette du succès. Enfin, devant l’indéniable talent d’Aaron Rodgers qu’on peut juger comme intrinsèquement supérieur à Tom Brady, un seul Super Bowl pour les Packers sur les 13 années de Ted Thompson peut sembler maigre.

Le vrai problème du modèle « draft and develop » est qu’il ne faut pas se planter à la draft. Thompson n’a pas été aidé en cela par des choix toujours dans le dernier quart (à l’exception de 2014 où il dénicha Clinton-Dix avec le 20ème choix), ce qui fait baisser les chances d’obtenir une valeur sûre.

Celle de 2011 fut complètement manquée et elle fut suivie par des drafts très moyennes en 2012 et 2013 (Mike Daniels et David Bakhtiari, seuls joueurs Elite de ces drafts encore présents), celle de 2014 a permis de dénicher Clinton-Dix, Davante Adams et Linsley avant celle de 2015 qu’on peut considérer comme un échec similaire à 2011 (Randall, Rollins, Hundley..).

Par ailleurs, avant de dénicher en 2013 et de développer David Bakhtiari, le poste si stratégique de Tackle gauche (LT) était en grande souffrance depuis la retraite de Chad Clifton (LT) en 2011. En 2012 et 2013, Rodgers dut plus d’une fois courir pour sa vie alors qu’il était le diamant à protéger de GB.

QUI VA T-IL ÉPAULER ?

Ted Thompson n’est pas licencié. Il passe la main en tant que manager général. Il va avoir désormais un rôle plutôt honorifique de « conseiller senior ». Cela va tout simplement dire qu’il sera là pour épauler le nouveau « general manager » et l’assister dans ce grand costume afin d’effectuer une transition la plus douce qui soit.

Ce placement de Ted Thompson dans l’organigramme des Packers laisse fortement à penser que c’est une solution en interne qui sera privilégiée pour succéder à Thompson. 3 candidats sont en lice :

  • Le vice-président du département football / contrats de joueurs, Russ Ball (58 ans)
  • Le directeur du personnel joueurs Brian Gutekunst (44 ans)
  • Le directeur des opérations football Eliot Wolf (35 ans)

Ce dernier a la côte pour succéder à Ted Thompson. On entend le nom d’Eliot Wolf dans de nombreuses candidatures pour manager général dans des postes vacants en NFL. C’est peut-être même ces sollicitations qui ont provoqué le changement de statut de Thompson.

La boucle serait ainsi bouclée puisque Thompson a fait ses premières armes dans une organisation NFL au sein des Packers entre 1992 et 1999, sous le règne d’un manager général du nom de… Ron Wolf (entré depuis peu au Hall Of Fame..), père d’Eliot…

 

3 Comments

  1. Guile

    De bons choix à certaines drafts, d’autres désastreux, des joueurs qui sont bien meilleurs quand ils partent… Pour moi le bilan d’ensemble reste moyen, avec un QB du calibre de Rodgers, il aurait pu (dû ?) ramener plus de titres à Green Bay (pour moi au minimum ceux de 2012 et 2014) et on peut se demander si tout son « mojo » n’est en fait que la loose des 49ers d’avoir drafté Alex Smith au lieu d’Aaron Rodgers (bon je reconnais qu’il fallait en avoir pour lancer Rodgers quand Favre a renoncé à sa première retraite).

    Après, j’ai lu qu’il avait prolongé discrètement McWeddingPlanner d’un an pendant l’année !? WTF ?! Comment tu peux faire ça vu le niveau abyssal de l’équipe avec notre « super » QB2 que toute la NFL nous envie et qui a été développé pendant 3 ans par ce génie de McLifeCoaching.
    Contre les Lions, en fin de match, sur les 2 dernières minutes, Callahan a réussi 4 passes d’affilée, j’ai failli tomber de mon canapé tellement je n’étais plus habitué avec Hundley. 🙂
    Avec cette prolongation, je me sens un peu… comment dire… fisté… (pardonnez-moi pour le terme un peu cru 🙂 )

    Voilà voilà, sur ce, bonne année 😀

  2. Islander

    Je te comprend Guile, mais voir Mc Crappy avec un autre coordinateur defensif et Aaron à la baguette c est quand meme pas si mal.
    C’est sur qu’on peut lui reprocher le cas d’Hundley, mais une opération table rase c est vachement risqué. imagine qu’on recrute un nouveau HC et un nouveau Coordinateur defensif et un nouveau GM et que le nouveau Trio se plante dans ses choix. tu installerais alors un foutoir à Green bay jusqu’à ce que quelqu un arrive a imposer une nouvelle periode de stabilité. seulement dans le délai notre numéro 12 serait périmé.
    je pense que ce choix est au final pas si mal.
    un nouveau Coordinateur peut nous apporter du nouveau en terme de niveau de defense.
    Un nouveau GM peut nous apporter du nouveau en terme de prise de risque en FA.
    ET Mc crappy c est la garantie de stabilité nécessaire pour travailler dans la sérénité.
    Certes c est pas le meilleur, mais Mc crappy avec Aaron à la baguette c est pas le pire non plus.
    De plus comment recruter un bon Coordinateur défensif si ton HC n’a plus qu’un an de contrat.
    Le coordinateur defensif serait alors potentielement sur un siege ejectable au bout d’un an. Qui aurait envie de venir dans ces conditions???

  3. Roundeux

    Les dernières rumeurs donnent Ball comme favori pour le poste de GM, le mec qui a le moins d’expérience en scouting mais qui est très pote avec McCrappy et Murphy, ça me fait un peu peur…
    Ils comptent peut-être utiliser ses capacités de négociateur pour attirer de gros FA mais ça pourrait nous coûter cher à la draft -_-‘ . Au moins Wolf sera interviewé demain donc il aura sa chance.

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