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Le ballon arrive mais le CB Rams percute déjà le WR Saints, sans réaction des arbitres

Et voilà une saison 2018 qui touche à sa fin. L’affiche du Super Bowl est connue. La NFC sera représentée par la nouvelle équipe en vogue : les Los Angeles Rams. Tout le contraire de l’AFC qui sera représentée par les New England Patriots, pour la 9ème fois depuis l’an 2000 !

Ce choc des générations, symbolisée par les QB (Jared Goff : 24 ans ; Tom Brady : 41 ans) et les entraineurs en chef (Sean Mc Vay : 32 ans ; Bill Belichick : 66 ans), sera donc l’affiche du 53ème Super Bowl. Une redite de l’affiche du Super Bowl 36 en 2001 où les Patriots de Brady (déjà !) avaient défait les Rams, alors basés à St Louis et dépositaires du « greatest show on turf », cette attaque quasi-inarrêtable de 1999 à 2001 et emmenée par Kurt Warner (QB), Marshall Faulk (RB), Isaac Bruce (WR) et Torry Holt (WR).

Cette fois, l’attaque des Rams, si elle est une des meilleures du millésime 2018, n’a pas le prestige de son aînée. Elle devra cependant passer la surmultipliée pour vaincre des Patriots qui sont tranquillement montés en régime au cours de la saison et qui ont su annihiler pendant 3 quart-temps la meilleure attaque 2018, les Kansas City Chiefs.

Ces finales de conférence regroupaient les 4 meilleures équipes offensives de la NFL et les deux meilleures équipes de saison régulière pour chaque conférence.

LES SAINTS VICTIMES DU COUP DU BÉLIER

La finale NFC aura été marquée par ce qui aura été le fil rouge de la saison 2018 : les erreurs d’arbitrage. Alors que les New Orleans Saints étaient dans la « zone rouge » des Rams à 1 mn 45 du terme, Brees (QB) visait Tommylee Lewis (WR). Celui-ci se faisait percuter de plein fouet par Nickell Robey-Coleman (CB) avant que le ballon n’arrive pour une évidente interférence défensive de passe… non sifflée pour les arbitres ! Et pourtant, Robey-Coleman vient d’être mis à l’amende par la NFL (presque 27.000 $ quand même) pour ce choc… non sifflé par les arbitres…

Si cette faute avait été sifflée, les Saints avaient l’occasion de « manger le temps » jusqu’à la fin du temps réglementaire pour un field goal qui aurait été une formalité. D’ailleurs, les Saints se contentèrent d’un FG de 31 yards de Lutz (K). Sans cette erreur, les Saints seraient au Super Bowl. Au lieu de cela, ils furent poussés aux prolongations, le score étant de 23-23 à la fin du temps réglementaire.

Certes, les Saints auraient pu boucler le match avant. Ils ont même eu la chance d’avoir la première possession en prolongations souvent décisive. Mais Dante Fowler (OLB) dupait Ramczyk (RT) sur une rotation et percutait Brees (QB) au moment du lancer. La balle partait en cloche et était récupérée par John Johnson (CB), au marquage de Michael Thomas (WR). Interception quasiment en milieu de terrain.

Les Rams n’avançaient que très peu, 15 yards. Mais c’était suffisant pour que le kicker Gregg Zuerlein rentre (et aisément en plus !) un field goal de 57 yards ! Premier retour au Super Bowl depuis… 2001.

Cruel destin pour les Saints qui, après s’être fait dupés par les Minnesota Vikings en tour de division 2017 avec le fameux plaquage manqué de Marcus Williams (S) sur la réception de Stefon Diggs (WR) envoyant les Vikings en finale de conférence, se voient confisquer le Super Bowl 53 sur une erreur d’arbitrage grossière.

Des observateurs soulignent que sûrement aucune équipe n’a connu 2 telles désillusions en play-offs deux années de suite. À ceux-là, je rétorquerais qu’il n’y a pas besoin de remonter très loin dans les livres d’histoire. Les Packers ont connu peut-être la plus grosse désillusion qui soit dans une finale de conférence, avec ce « NFC Championship Game » 2014 maîtrisé pendant 56 mn, avant de perdre complètement pied. Mais l’année suivante, les Packers se déplacent chez les Arizona Cardinals sans leur 3 meilleurs receveurs mais Aaron Rodgers réussit l’exploit de deux Ave Maria réussies sur le drive de l’égalisation à la dernière seconde. Malheureusement pour le n°12, sa défense est exsangue et les Cardinals obtiennent la première possession qui les enverra en finale NFC. À GB aussi, les désillusions, on connaît.

Il faut dire que les Saints ont été bien vernis tout au long de la saison avec des faits de jeu ou des décisions arbitrales largement en leur faveur (2 interférences de passe défensives fantômes contre les Pittsburgh Steelers par exemple) qui leur ont permis d’avoir cette 1ere place générale. Mais ce retour de bâton du destin arrive au plus mauvais moment.

LA RENGAINE PATRIOTS

Les Rams rencontreront donc les Patriots, dont on ne donnait que peu de chances, ou en tout cas moins qu’à l’accoutumée. Car s’il y avait bien une équipe qui était en mesure de battre ces Patriots en AFC, c’était bien les Kansas City Chiefs à domicile. Mais non, les Chiefs de l’entraineur en chef Andy Reid, toujours présents en play-offs AFC, sont continuellement une déception. Ça ne vous rappelle pas un autre (ex-) entraineur en chef d’une équipe continuellement en play-offs ? 🙂

Les Patriots ont réussi à annihiler la meilleure attaque NFL avec une recette simple… en théorie : priver du ballon l’attaque de KC. Et pour cela, il faut un bon jeu de course (176 yards pour le match) afin de bien manger le chrono (40 mn de possession dans le temps règlementaire !). Résultat, en deux drives, les Patriots ont fait passer plus du 1er quart-temps, qui heureusement pour les Chiefs s’est terminé par une interception de KC dans leur propre zone d’en-but.

Si les Patriots ont su juguler l’attaque des Chiefs durant quasiment 3 quart-temps (17-7 pour NE à 19 mn de la fin), ils n’ont pu endiguer la furie rouge en fin de match. KC prenait même l’avantage à 2 mn 06 de la fin. Mais c’était encore beaucoup de temps pour le QB aux déjà 5 Super Bowl à son palmarès.

À 1 mn de la fin, Brady vise sa tour de contrôle Rob Gronkowski (TE) mais ce dernier laisse filer la balle entre ses mains : interception de Charvarius Ward (CB) ! Kansas City est au Super Bowl ! Mais non, Dee Ford (OLB) s’était aligné avec son casque au-dessus de la ligne de mise en jeu, ce qui occasionna un faux-départ dès la mise en jeu. Sans le savoir, Tom Brady (QB) avait un jeu « gratuit ». La balle lui était redonnée et deux jeux plus tard, les Patriots marquaient le TD, comme un symbole, par la course. (28-31)

Mais Mahomes, le QB des Chiefs, fait des exploits dans la lignée de sa saison de potentiel futur MVP (meilleur joueur de la saison). Il remonte 48 yards… en 21 secondes. Un exploit à la… Aaron Rodgers. Butker (K) enfile un FG de 39 yards dans les dernières secondes pour égaliser 31-31. Prolongations.

Mais évidemment, le tirage au sort donne la balle aux Patriots, dans des prolongations où les défenses sont épuisées après une fin de match exaltante. Brady découpe la défense des Chiefs par des petites passes de 10-15 yards (2 réceptions, 35 yards pour Julian Edelman – WR), entrecoupées de passes longues, toutes manquées mais qui obligeaient les Chiefs à respecter la couverture basse. Et là encore, pour finir d’achever la bête, 3 courses successives amenaient le TD final. Compte tenu de ce touchdown marqué, Mahomes (QB) et les Chiefs n’auront pas la possibilité de répondre. Victoire Patriots.

À un moment donné dans l’histoire du football (« soccer ») français, on disait que le football était un sport avec un ballon rond et dans lequel les Allemands gagnaient à la fin. En football américain, la maxime pourrait s’appliquer pour cette conférence AFC. Depuis 2011, soit 8 années, la finale AFC se dispute toujours avec les New England Patriots (!), pour 5 victoires. Pour durer, les Patriots sont les maîtres dans la gestion de leur effectif interchangeable à souhait, et dans la poche de protection donnée à un Brady imperturbable.

PASSAGE DE TÉMOIN

D’ailleurs, supporters « cheeseheads », cette finale AFC a pour moi été une formidable métaphore des Green Bay Packers et de leur QB star Aaron Rodgers.

À ma gauche, les Kansas City Chiefs, symbole des Packers d’une première ère Rodgers, celle où le QB porte littéralement l’équipe star à coup d’actions d’éclat, avec des évitements incroyables et des improvisations uniques. En voyant évoluer Patrick Mahomes (QB), comment ne pas voir un Aaron Rodgers jeune, avec peut-être un peu plus de mobilité encore ? Ce jeu est tout feu tout flamme, spectaculaire, produit une attaque en apparence inarrêtable avec plusieurs cibles de choix. Mais ce jeu de QB mobile est risqué, en témoigne les nombreux sacks que Mahomes a subi, le plus souvent pour des grosses pertes. Un QB prolifique avec une défense faible, entraîné par un « head coach » qui a tendance à faillir dans les moments critiques. Eh bien, voilà un tableau parfait des Packers 2011-2016.

Mike Mc Carthy parti, Matt LaFleur est arrivé. Il est temps de passer à une nouvelle ère, mais avec le même QB talentueux, nanti de plusieurs années supplémentaires et de deux années de blessures (fracture de la clavicule en 2017, entorse du genou en 2018).

Eh bien, l’exemple est sous nos yeux avec l’adversaire des Chiefs, les New England Patriots. Un jeu offensif basé sur l’efficacité et moins sur le spectacle. Les passes longues ne sont pas la norme mais l’exception, ce qui n’empêche pas quelques actions spectaculaires. L’attaque s’appuie avant tout sur le jeu de course, qui permet au moins de faire tourner le chronomètre, et donc de fatiguer la défense adverse tout en faisant reposer la sienne, puisque celle-ci n’est pas la force affichée de l’équipe.

Depuis des années, les Patriots ont un jeu de course qui soulage Brady avec des coureurs à la faible durée de carrière chez les Patriots.

Brady s’appuie aussi sur un slot WR pour tous ses tracés courts, simples mais terriblement efficaces, avec Wes Welker avant, et Julian Edelman depuis quelques années. Ce que n’a pu être que par intermittences Randall Cobb (WR) pour Aaron Rodgers ces dernières années. Peut-il encore avoir ce rôle ? De soupape indispensable ? Le staff devra prendre une décision prochainement car le n°18 est en fin de contrat.

Les Patriots se reposent également depuis 2010 sur un Tight-End dominant : Rob Gronkowski. Abondance de biens ne nuisant pas, Belichick a toujours voulu associer un autre tight-end dominant au « Gronk ». Cela aurait dû être le prometteur Aaron Hernandez mais le joueur était aussi un meurtrier et a vu sa carrière stoppée en 2012 après seulement 3 années NFL. Puis, il y eut Michael Hoomanawanui en 2013 et 2014, puis Scott Chandler en 2015 et Martellus Bennett en 2016 (pour ce qui fut sa dernière bonne saison, dommage GB le signait l’année suivante..)). De quoi offrir des cibles sécurisées à Brady (et de pallier accessoirement aux blessures chroniques du « Gronk »).

Les Packers ont un trio de tight-ends expérimentés qui ont passé le sommet de leur carrière : Jimmy Graham, Marcedes Lewis et Lance Kendricks. Ils ne sont plus aussi rapides mais le Gronk a montré que ce n’est pas ça qui fait la qualité première d’un tight-end mais bien la capacité à imposer son physique plus massif que son adversaire. Et puis Antonio Gates a toujours un rôle dans l’attaque des Los Angeles Chargers alors que le vieux Antonio ne fait plus que marcher, au mieux trottiner !

Là encore, des décisions seront à prendre car Lewis et Kendricks sont en fin de contrat mais les deux vétérans n’ont pas été assez exploités cette année. Ce fut encore plus criant pour Lewis, pierre angulaire du jeu de course des Jacksonville Jaguars en 2017, le meilleur de la NFL cette saison-là. Il ne faut pas oublier Robert Tonyan, rookie non drafté en 2018, qui a montré certaines capacités en réception. Et il sera peut-être temps de penser à choisir un TE à la draft, le dernier TE drafté dans la première moitié de la draft fut Richard Rodgers, aussi peu mobile qu’adroit de ses mains, ce dernier ne se sera cependant jamais imposé comme un TE n°1. Il y aura malgré tout en souvenir de sa carrière la réception de l’Ave Maria d’Aaron Rodgers chez les Detroit Lions.

Les Patriots de Brady sont donc pour moi l’exemple à suivre offensivement pour les Packers d’Aaron Rodgers dans les années à venir. Le n°12 ne pourra plus effectuer ses danses d’évitement aussi souvent qu’il eut aimé le faire, d’autant plus que malheureusement, la protection de sa ligne offensive n’est pas aussi bonne que celle des Patriots, en raison d’une faiblesse actuelle aux postes des Gardes, postes qui n’ont pas su être renouvelés après les départs des Pro Bowlers Josh Sitton (LG) et TJ Lang (RG).

Aaron Rodgers doit donc repenser sa manière d’appréhender son attaque, en acceptant plus de courses (quitte à ce qu’elles soient peu efficaces) et en acceptant d’être moins ambitieux dans ses choix de passes. Cela aura pour but d’allonger les drives offensifs et de soulager d’autant sa défense, dont le cru 2018 fut le meilleur depuis 2014. Cela est un vaste chantier que doit conduire le nouvel entraineur en chef Matt LaFleur. Nul doute que son choix fut fait dans cette optique, ce que semble confirmer le récent recrutement du coordinateur offensif Nathaniel Hackett.

 

Les résultats des finales de conférence 2018 ont donc été :

  • NFC : New Orleans Saints (1) – Los Angeles Rams (2) : 23 – 26
  • AFC : Kansas City Chiefs (1) – New England Patriots (2) :  31 – 37
  • Les Los Angeles Rams sont les champions NFC 2018
  • Les New England Patriots sont les champions AFC 2018

Ces deux équipes championnes se rencontreront donc au Super Bowl qui fait affronter les deux champions de conférence.

Difficile à croire, mais les Green Bay Packers ont affronté les deux champions en cette saison 2018, et les deux fois, GB avait la possibilité de vaincre son adversaire.

Face aux Los Angeles Rams, il restait 2 mn à jouer avec GB balle en main avec la possibilité de gagner le match en cas de touchdown. Mais Montgomery (RB) décida de faire un retour de kickoff, et perdit la balle, et tout espoir de victoire.

Face aux New England Patriots, les Packers rendaient coup pour coup et étaient en position de prendre l’avantage en début de 4ème quart-temps pour la première fois du match (en étant en zone de field goal) mais Aaron Jones (RB) commit… son seul fumble de l’année.

Ces deux défaites face aux deux équipes du Super Bowl 53 montrent à quel point les Packers n’étaient pas aussi loin des étoiles. Des blessures, de la malchance, des erreurs cruciales, et voilà comment une saison (de seulement 16 matchs rappelons-le) peut vite tourner au vinaigre. Mais il fallait peut-être en passer par là pour apporter un souffle nouveau à GB…

Voici le tableau des play-offs après les finales de conférence :

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Dernier match de la saison, le Super Bowl 53 aura lieu à Atlanta (Georgie) le dimanche 3 février à 18h30, heure locale, 00h30 heure de Paris.

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