Échauffement Week 9 : NE – GB

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Après avoir tenu la dragée haute aux Los Angeles Rams, leaders incontestés de la NFL, les Packers sont de nouveau en déplacement en territoire hostile : en Nouvelle-Angleterre, chez la meilleure équipe de ces deux dernières décennies, les New England Patriots.

UNE AFFICHE PAS SI DÉSÉQUILIBRÉE

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Quand on regarde simplement les bilans, on se dit que quand le n°9 NFC rend visite au n°2 AFC, c’est perdu d’avance pour le visiteur. Mais il n’y a pas autant d’écart que cela entre les deux équipes. Il y aura un vrai match entre deux équipes emmenées par deux QB considérés comme les meilleurs de leur génération : Tom Brady pour les Patriots et Aaron Rodgers pour les Packers.

D’abord, parce que si on analyse les calendriers respectifs des deux équipes, le bilan des 8 adversaires des Patriots (ils n’ont pas encore eu leur semaine de repos) est de 31 victoires et 31 défaites, soit un pourcentage de 50 % ; alors que celui des 7 adversaires des Packers est de 28 victoires, 24 défaites et 1 nul, soit 54 %.

Le calendrier de GB a donc été jusque là plus ardu que celui des Patriots. Il faut dire qu’année après année, les Patriots font face à une division qui leur fait allégeance, et ce depuis deux décennies. Hormis l’intervalle Rex Ryan aux New York Jets (2009-2010 notamment), les Patriots jouissent d’une division où les 3 autres franchises (Buffalo Bills, Miami Dolphins, New York Jets) sont en perpétuelle reconstruction, faute d’avoir pu trouver un QB décent. Résultat, les Patriots bénéficient plus facilement, grâce à ses victoires intra-division, d’une quasi-certitude d’aller en play-offs chaque année, et d’y aller avec un bilan qui leur permet souvent d’accueillir tous les matchs de play-offs à domicile au Gillette Stadium où ils sont quasi imbattables (seuls les Baltimore Ravens ont pu les surprendre à domicile en play-offs).

Globalement, la NFC North a un niveau plus relevé que l’AFC East et a eu plus de variété dans leur champion de division depuis 20 ans, même si les Packers avaient mis leur patte sur la division dans la première moitié des années 2010. Cette année encore, la division est très disputée et qui peut dire à ce stade de la saison qui des 4 équipes sera le champion de la NFC North.

D’ailleurs, AFC East et NFC North se rencontrant cette saison, on a déjà vu les Patriots affronter les Detroit Lions et les Chicago Bears. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que New England n’a pas emmené vraiment large. Ils ont d’abord perdu chez les Lions, 26 à 10, net et sans bavure avant de gagner très difficilement chez les Bears 38 à 31. Les Bears ont même failli égaliser à la dernière seconde, l’Ave Maria ayant été réceptionnée à 1 yard de l’en-but. Les Patriots ne s’en étaient sortis au cours du match que grâce à 14 pts directement inscrits en équipes spéciales : 1 TD sur un punt adverse contré et un punt retourné par Cordarelle Patterson (WR).

MAÎTRISER LES PHASES D’ÉQUIPES SPÉCIALES

Et justement, il faudra que les équipes spéciales soient au rendez-vous côté Packers. Car elles n’ont pas spécialement brillé depuis le début de saison. Elles ont clairement coûté deux matchs, celui à Detroit où Mason Crosby a connu son match le plus catastrophique de sa carrière et celui de dimanche dernier chez les Rams où le retourneur Ty Montgomery a commis un fumble aussi bête que préjudiciable. Avec Montgomery échangé avec les Baltimore Ravens, le rôle de retourneur est à prendre et Trevor Davis (WR) est sûrement attendu avec impatience par le staff, lui qui était en charge de cette fonction en 2017 et qui est encore actuellement sur la liste des blessés.

Outre les deux matchs évoqués, GB n’a effectué aucun retour de kickoff ou de punt majeur. Au niveau couverture des retours adverses, c’est mieux et on voit de plus en plus Josh Jones (S) et Oren Burks (ILB) devenir des pièces maîtresses de ces phases de jeu. Mais malheureusement, GB se fait encore trop pénaliser dans ses phases de kickoff ou de punt et en a payé plus d’une fois le prix (coucou Troy Brown – CB).

Quant à notre punter drafté au 5ème tour 2018, il souffle le chaud et le froid. Généralement performant, il ne peut éviter à chaque rencontre de vraiment louper un punt. La semaine passée, cela a eu des conséquences directes car les Rams étaient directement replacés en zone de field goal à quelques minutes de la fin du match. Concurrence ou blessure de J.K. Scott ? Toujours est-il que les Packers ont surpris tout le monde… en signant hier un nouveau punter, Drew Kaser, pour occuper la 53ème place actuelle de l’effectif.

Quant aux punts réceptionnés, Tramon Williams a les mains sûres… quand il décide de réceptionner ! En effet, son erreur d’appréciation contre les Rams a coûté une situation compliquée à gérer pour les Packers sur leurs 0,5 yards, situation qui aboutit à un safety. L’erreur d’arbitrage sur un punt des Lions aboutissant à un turnover sur les mêmes 0,5 yards Packers aurait pu également être évitée par un « fair catch » du n°38. Tramon Williams devra faire preuve d’un esprit de décision plus fin.

Les équipes spéciales ne doivent pas, à minima, coûter des points si GB veut exister à New England.

LA DÉFENSE AU RÉVÉLATEUR BRADY

En parlant de Tramon Williams, celui-ci a indiqué aux médias que Mike Pettine, le coordinateur défensif, lui avait demandé de se replacer en position de  Free Safety, suite au départ de Clinton-Dix il y a quelques jours. Pettine avait déjà testé Tramon Williams quand l’un entrainait l’autre aux Cleveland Browns. On ne saurait que se satisfaire de ce mouvement tant il apparait naturel pour un joueur dont le physique ne suit plus le poste de CB 1 (contre le WR 1 adverse) et dont l’expérience ne peut qu’être un grand avantage à un poste où la vision et la tactique sont prépondérantes.

Quelle attaque va t-on voir côté Patriots ? On ne le saura qu’au coup d’envoi car les Patriots jonglent avec les blessures depuis le début de saison. Dernières en date ? Celles de leur RB 1 Sony Michel et de leur TE superstar Rob Gronkowski. Les deux sont incertains. Ils devraient être présents mais à quel niveau ?

L’attaque des Patriots est connue. Elle est équilibrée entre course et passe. La course est toujours révélée par des « no-names ». Côté passes, c’est pas flashy, c’est souvent lancé dans une zone de confort de 10-15 yards (dans la moyenne NFL seulement pour les lancers de + de 20 yards). Mais le potentiel du bras de Brady est là, et il y a toujours la menace d’une « play action » pour une passe profonde.

Brady ne sait que trop distribuer le jeu à l’ensemble de ses cibles, et notamment le RB James White, plus utilisé en receveur qu’en coureur, et le feu-follet Julian Edelman (WR) toujours insaisissable dans les petits périmètres.

Mais dans ce cru 2018, il semble bien que Brady n’évolue plus derrière la muraille infranchissable derrière laquelle il avait pour habitude d’évoluer. Les LT Trent Brown et RT Marcus Cannon sont performants mais jouent la plupart du temps blessés. Et contre les Packers, NE sera privé de leur RG Shaq Mason et de son remplaçant Brian Schwenke. Un maillon faible à exploiter pour Kenny Clark (DT), Mike Daniels (DT) et les « blitzers » en chef désignés par Pettine.

Preuve que l’OL des Patriots donne des signes de fatigue et que Tom Brady est pressé comme rarement il a été : le nombre de passes « hors cible » (over thrown) envoyées par Brady qui en fait le QB avec le 2ème plus gros % NFL de ces passes sur le nombre de passes totale du joueur (plus de 21 %, 2ème derrière Mitch Trubisky des Chicago Bears). Brady n’est pas devenu imprécis d’un coup mais doit souvent se débarrasser du ballon sous la pression. Et des fois, il s’en débarrasse mal, en témoigne son nombre élevé d’interceptions (7) depuis le début de saison, un rythme d’interceptions qui est le plus élevé pour Brady en carrière.

Comme souvent, ce sera la pression sur le QB, encore plus avec ce QB, qui déterminera la performance de la défense. Il y a de quoi mettre la pression sur Brady, et si tel est le cas, Brady, exemple même du passeur de poche et très peu mobile, ne pourra trouver la solution. Si Brady a du temps, alors les lignes secondaires devront effectuer une performance similaire que face aux Rams, ce qui serait plus compliqué vu la distribution des talents.

Mais là encore, l’état de santé des joueurs présents sera à considérer, le jeu de course en sera également très dépendant, la présence de Michel étant un baromètre de la performance du jeu de course Patriots.

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La phase préférée de l’attaque des Patriots en 2018 : une course de Sony Michel (RB)

RODGERS PRÊT À EN DÉCOUDRE

Comme l’attaque, la défense des Patriots est loin d’offrir des garanties, à tel point que les Patriots sont pour 2018 en mode « l’attaque doit marquer beaucoup de points car la défense va en prendre pas mal dans la musette ».

Pourtant, les lignes secondaires ont fière allure : Gilmore (CB) – J. Mc Courty (CB) – Chung (S) – D. Mc Courty (S). La ligne de linebackers est également très correcte avec le trio Hightower – Van Noy – Roberts.

Seulement, ces deux corps souffrent du manque de pression de la ligne défensive de la formation 4-3. Sur cette DL, seul Trey Flowers surnage, et c’est Bryan Bulaga (RT) qui en aura la charge. Cette DL assure le nécessaire contre la course (14ème défense NFL) mais la défense souffre énormément au niveau des yards encaissés à la passe (27ème NFL), en raison notamment d’une pression minimale sur le QB (12 sacks seulement, 29ème NFL).

Ainsi, même si les lignes secondaires Patriots montrent une certaine qualité, Aaron Rodgers n’en aura cure si on lui laisse tout le temps du monde, et c’est ce qui pourrait se passer. En tout cas, l’OL Packers a les cartes en main pour dominer la DL Patriots. La défense aura beau serrer le marquage sur le WR 1 (Davante Adams), Rodgers pourra trouver les receveurs les moins connus mais les plus démarqués, en ayant le temps de scanner le terrain. Marques Valdes-Scantling (WR) a l’occasion de marquer la NFL de sa présence, comme l’avait fait Davante Adams lors de la dernière confrontation contre les Patriots en 2014, où le n°17, alors WR 3, avait effectué son 1er match en carrière à + de 100 yards.

Vous l’avez compris, l’attaque de GB a beaucoup plus les moyens théoriques de scorer contre cet adversaire que la semaine dernière, et GB avait passé 27 pts aux Rams… Je ne doute pas que l’attaque Packers trouvera sa vitesse de croisière chez les Patriots. La variable sera la performance défensive derrière la pression infligée à Tom Brady. S’il y a pression, GB devrait prendre la mesure de NE, s’il n’y en a pas, ce sera la foire aux points, et malheur à celui qui puntera.

Seattle Seahawks v New England Patriots

Trey Flowers (DE) est l’homme à surveiller dans le pass-rush Patriots

LES COMPOSITIONS PROBABLES

NEW ENGLAND PATRIOTS

Attaque :

Brady (QB) – Michel (RB) – White (RB) – Brown (LT) – Thuney (LG) – Andrews (C) – Karras (RG) – Cannon (RT) – Gronkowski (TE) – Hogan (WR) – Edelman (WR)

Défense :

Flowers (DE) – Guy (DT)  – Brown (DT) – Clayborn (DE) – Hightower (OLB) – Roberts (ILB)  – Van Noy (OLB) – Gilmore (CB) – J. Mc Courty (CB) – Chung (SS) – D. Mc Courty (FS)

 

GREEN BAY PACKERS

Attaque :

Rodgers (QB) – A. Jones (RB) – Bakhtiari (LT) – Taylor (LG) – Linsley (C) – Bell (RG) – Bulaga (RT) – Graham (TE) – Adams (WR) – Allison (WR) – Cobb (WR)

Défense :

Clark (DT) – Daniels (DT) – Matthews (OLB) – Martinez (ILB) – Perry (OLB) – Alexander (CB) – King (CB) – J. Jackson (CB) – Whitehead (S) – Brice (SS) – T. Williams (FS)

Absent notable : Geronimo Allison (WR)

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Coup d’envoi dimanche 4 novembre à 20h25 (heure locale), 2h25 le lundi, heure de Paris.

3 Comments

  1. pascal djebaili

    5 novembre 2018 at 05:56

    tous les weekends se ressemblent, c est usant. Une erreur et plus personne….on donne nos matchs.

    saison a oublier:
    on peut couper Perry , laisser libre cobb , virer MCFLY, couper BULAGA, trouver une OL et un pass rush

    dégouté…

  2. Merci pour l’article que McCrappy aurait dû lire, sinon bien vu pour MVS, tu devrais poser ta candidature de HC ^^ . C’était effectivement équilibré 17-17 avant la grande foirade même s’il y avait encore une fois les moyens de passer devant…

  3. FIRE McCrappy et FREE cap space, on a nos deux mantras pour la fin de saison ^^ .

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