Jim Taylor, un bulldozer dans l’au-delà

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Ce samedi 13 octobre 2018 s’en est allé, à 83 ans, un des joueurs légendaires des Green Bay Packers, un membre de la mythique équipe du non moins mythique entraîneur Vince Lombardi : Jim Taylor, poste de fullback.

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Jim Taylor, ici contre… les San Francisco 49ers

Si les Green Bay Packers sont la franchise avec le plus de titres NFL (13), c’est en grande partie grâce à la période dorée des années 1960 où GB glana pas moins de 5 titres : 1961, 1962, 1965, 1966 et 1967 ! Les deux derniers de cette série étant les deux premiers Super Bowl de l’histoire (I et II). Et Jim Taylor en était l’un plus grands artisans, reconnu par une intronisation au panthéon de la NFL (le « Hall of Fame ») dès 1976.

Ce natif de Louisiane fut drafté en 1958, issu de l’université.. de Louisiana State (les fameux « Tigers » de Bâton Rouge), une des plus grandes universités de football américain du pays. S’il fut snobé par son premier entraineur en chef Scooter Mc Lean, le nouvel entraineur en chef en 1959, Vince Lombardi, allait lui donner sa chance et faire de lui un des fers de lance de la meilleure équipe de la décennie.

Taylor jouait au poste de fullback, un poste bien plus en vogue dans les années 1960 où le jeu était largement basé sur la course. Mais bien plus que d’ouvrir la voie au coureur Paul Hornung, Taylor était un coureur à part entière, étant même le meilleur coureur des Packers statistiquement pendant 7 ans.

C’était un « bruiser », un de ces coureurs qui font mal à leur adversaire, même face à des linebackers à qui ils rendaient 15 à 20 kg. En des temps où le football était une affaire de testostérone et d’egos masculins à chaque contact, les bagarres n’étaient pas loin à chaque fois que les grand gabarits se faisaient marcher dessus par le « petit » Taylor (1m80 – 97 kg). Et puis, toutes le défenses étaient frustrées quand les Packers appliquaient leur fameuse tactique « sweep » (décalage sur un côté des linemen offensifs pour bloquer les défenseurs) absolument prévisible et absolument indéfendable. Une vidéo du fameux « Packers sweep ».

Taylor était solide comme un roc. Durant ses 9 saisons avec les Packers (1958-1966), il joua 115 matchs et n’en manqua que 5 !

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Vince Lombardi et Jim Taylor

UN HOMME DE RECORDS PACKERS

Sa phénoménale abnégation fait de lui le 2ème marqueur de touchdowns de l’histoire des Packers (91 TD, derrière Don Hutson, 105 TD)

Il cumula 5 saisons à plus 1000 yards par saison dont 1474 en 1962, faisant de lui le meilleur joueur de la ligue cette année-là. Ce record de 1474 yards réalisé par un coureur Packer tint… 41 ans. Sa meilleure performance sur un match fut réalisée contre les New York Giants en 1961 : 186 yards ; il faudra attendre 36 ans pour qu’un autre Packer court autant dans un match. Il affiche une moyenne en carrière de 4,5 yards par porté, calculée sur 1811 portés… Et enfin, il avait des mains de maçon qui protégeaient le ballon comme personne : sa moyenne de fumble était de 1 tous les 64 ballons touchés, une des plus faibles moyennes de l’histoire de la NFL.

Au cours de ces années 1960 propices à la course, Jim Taylor fut alors en comparaison, et même en duel, avec le grand Jim Brown, des Cleveland Browns, considéré par beaucoup comme le meilleur coureur de tous les temps. Si Taylor avait un style brutal, Brown pouvait à la fois être fort et vivace et a affiché des statistiques meilleures que celles de Taylor. Néanmoins, lors de leurs 3 confrontations directes, Taylor réalisait de meilleures performances que Brown. Ainsi, lors de la finale NFL de 1965 entre les Green Bay Packers et les Cleveland Browns, Taylor était tout simplement élu meilleur joueur du match avec 96 yards en 27 courses pendant que Brown n’engrangeait que 50 yards lors de ce match qui était le dernier de sa carrière.

En 1967, Taylor était échangé contre un 1er tour de draft + un joueur avec une nouvelle franchise créée : les New Orleans Saints, dans son état natal, où Taylor ne jouera qu’une saison avant de prendre sa retraite.

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Jim Taylor (à droite), avec sa veste « or » du « Hall of Fame », vient d’annoncer la sélection de Randall Cobb par les Green Bay Packers au 2ème tour de la draft 2012 (à gauche, le commissaire de la NFL Roger Goodell)

Nul doute que lundi soir, avant le match des Packers contre les San Francisco 49ers, Lambeau Field retiendra son souffle pour honorer la mémoire d’un des plus grands joueurs de l’histoire des Packers. Et sûr que Randall Cobb (WR) aura une pensée émue pour celui qui appela son nom au 2ème tour de la draft 2012.

Appréciez les courses en force et en équilibre de Jim Taylor :

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7 Comments

  1. J’avais déjà rendu hommage à Jim Taylor, il y a quelques semaines sur l’article consacré à la fin de saison et probablement fin carrière du médiocre Davon House.
    Où je disait que Bouse ne méritait pas de porter le fameux 31 du grand Jim Taylor de la grande période des années 60, et l’un des meilleurs fullback de tous les temps !
    Je savait qu’il avait fini sa carrière dans sa Louisiane natale, mais je ne savais pas pour le premier tour de draft, décidément les Saints aiment nous filer des premiers tours.
    Les joueurs et les légendaires Hall of Famers de la période dorée de ces années-là, sont dorénavant soit très vieux, soit disparus.
    Tout une époque, ces années 60 que nous n’avons pas connues, sauf à travers des VHS pour moi au milieu des années 80, et souvenez-vous de la série Happy days de notre enfance. De qui Fonzie et Ritchie étaient fans ? Des Packers de Green Bay of course !

  2. RIP Mr Taylor.
    J’espère qu’on saura lui rendre hommage contre les 49ers en mettant en avant Aaron Jones, notre RB le plus percutant actuellement.

  3. Exact ! La série était censée se passer à Milwaukee, non ?
    Quand je vois sa carrière, étonné de voir que le numéro de Jim Taylor ne soit pas retiré. Peut-être pour très bientôt…

  4. Tu as su lire entre mes lignes quand je parle du Head Coach de 1958 qui ne lui avait pas donné sa chance parce qu’il était rookie. 😉

  5. Sur les forums US, une expression revient souvent pour résumer Jim Taylor : « The toughest of tough guys ». Tout est dit.

  6. C’est ça, Milwaukee dans le Wisconsin !
    Mais la série étant censée se dérouler dans les années 50, les Packers, médiocres à cette époque, ne sont pas surreprésentés !

  7. Quel joueur, cette puissance qu’il dégage et cette capacité à casser le plaquage pour continuer à avancer. Un grand joueur des Packers.
    J’espère que son maillot va être retiré, il le méritait déjà avant mais là ça serait un bel hommage.

    Ah Happy Days !! Je me souviens des rediffusions dans les années 80 avec le Fonz et son bureau 🙂
    J’ai aussi un souvenir de certains épisodes où ils regardaient des matchs de football américain sur la petite TV en noir et blanc mais j’avais oublié qu’ils étaient fans des Packers.
    Merci pour la minute nostalgie en plus, j’adorais vraiment cette série étant gamin 🙂

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