Tagada, revoilà Tramon !

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« Tagada, tagada, revoilà Tramon, tagada, tagada, c’est parce qu’il y a plus personne. » Pour ceux qui sont trop jeunes pour voir la référence à Joe Dassin, je trouvais que ça sonnait bien pour illustrer la signature de Tramon Williams, cornerback qui vient de fêter ses 35 ans et ancien de la maison Packers.

Que Tramon Williams (CB) revienne signer chez les Packers en étant agent libre en 2018, c’est une demi-surprise tant la situation est critique à ce poste à GB. De plus, Williams sort d’une saison chez les Arizona Cardinals où tel le phénix, il a renaquis de ses cendres. Auteur d’une saison 2017 digne d’un CB top 10, il pouvait être considéré, même à 35 ans, comme un renfort pour GB où le vent souffle dans le désert des cornerbacks.

Oui, mais voilà, cette saison 2017 est anachronique. Depuis qu’il a quitté Green Bay après la saison 2014, Tramon Williams ne montrait plus de signes d’un top CB. En 2015 et 2016, ses performances étaient anonymes. Mais c’est aux Cleveland Browns que l’ancien joueur non drafté était aller chercher fortune en 2015 (3 ans pour 21 M de $) après que les Packers n’aient pas chercher à le retenir. Les Browns résilièrent d’ailleurs Williams 1 an avant le terme du contrat, le joueur ayant tout de même amassé 14 M $ en 2 ans.

Alors, le jeu de Williams a t-il été influencé par le marasme ambiant qui entoure les Browns depuis de nombreuses années ? Oui, c’est une certitude. Mais dans quelles proportions ? Car son rebond aux Arizona Cardinals correspond à sa cohabitation avec un des meilleurs CB de la NFL : Patrick Peterson. Ce dernier est un des rares CB de la NFL, à l’instar d’un Richard Sherman, à « installer son île » sur le côté du terrain où il évolue ; c’est-à-dire qu’il arrive tellement à annihiler le receveur qui lui est assigné que les QB adverses évitent soigneusement la zone où il évolue. Quand on a un tel coéquipier qui s’occupe généralement du WR n°1, cela facilite un peu le travail de CB. Mais cela donne aussi plus d’occasions de se montrer car plus visé par le QB adverse. Encore faut-il relever le challenge ! Tramon Williams l’a donc bien relevé puisque Patrick Peterson a enfin trouvé un alter ego dans la défense des Cardinals.

Le problème majeur est que Tramon Williams n’aura pas cette fois l’aide d’un CB Elite pour le faire briller. Tous les fans des Packers espèrent la confirmation du talent de Kevin King, mais ce serait une grosse surprise, mais néanmoins agréable, si le joueur de 2ème année atteignait le niveau d’un Peterson. L’expérience de Williams chez les Browns pourrait plaider ainsi en sa défaveur, montrant que la présence de Peterson explique en partie le bon cru 2017 de Williams.

Néanmoins, compte tenu du niveau de GB à ce poste, Tramon Williams apporte une plus-value, spécialement sur les lignes extérieures où trop souvent les Packers se font fait abuser depuis 2 ans. Mais à l’instar d’un Davon House, à 35 ans, ce n’est pas avec ses jambes que Williams va briller le plus mais bien avec son expérience quasi inégalée en NFL au poste de CB.

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L’art de l’interception par Tramon Williams, symbole d’une remontée fantastique des Packers chez les Cowboys en 2013

C’est cette expérience que Tramon Williams, joueur au caractère irréprochable, utilisera et transmettra à ses jeunes collègues Kevin King, Quinton Rollins et un probable haut tour de draft. Mais niveau physique, comment être certain qu’un joueur de 35 ans qui rentre dans sa 13ème saison ne soit pas atteint par un déclin physique forcément inéluctable ?

C’est la question que tous les fans des Packers se posent. Surtout en regard du contrat offert pour ce vétéran : 2 ans à 5 M de $ l’année. Ce n’est pas à proprement parler un contrat bon marché que l’âge du joueur aurait pu permettre d’avoir.

Si le montant peut paraître élevé, il est cependant hors du top 10 des CB agents libres (12ème), si on prend en compte le montant annuel (5 M $). De plus, rien n’a encore filtré sur le montant garanti du contrat, et c’est bien là qu’on va attendre le management des Packers. Le poste de cornerback était riche en quantité lors de cette free agency 2018. Mais cette qualité s’est globalement payé au prix fort : le top 10 du poste affiche une moyenne de 8,5 M $ /an. Mais si on enlève les exceptions de Richard Sherman qui souhaitait vraiment jouer une équipe NFC West pour punir les Seahawks (seulement 27% de montant garanti) ou les contrat d’un an de Morris Claiborne et Rashaan Melvin (respectivement 98% et 88 % de montant garanti), les montants garantis des CB agents libres se situent aux alentours de 50 %. Sur cette base, on pourra juger si les Packers ont payé Williams au prix fort ou non. Tout en se souvenant qu’il avait signé chez les cardinals pour 1 an et seulement… 2 M de $ !

Mise à jour :

Les montants précis viennent d’être divulgués en ce mercredi 28/03 au soir. Sur le contrat de 2 ans de Tramon Williams, c’est en fait un contrat d’un an déguisé avec un montant garanti de 4,75 M $ (soit donc 47,5 % du contrat) totalement mis sur la 1ère année de contrat. La 2ème année, Williams peut être résilié sans recevoir rien en retour et devra prouver qu’il a encore sa place avec un gros bonus pour faire partie de l’effectif des 53. Cette résiliation laisserait un « dead cap » de 1,65 M $ plutôt minime (surtout quand on compare avec les 4,2 M $ de « dead cap » que laisse le contrat du néo-retraité Martellus Bennett).

Le contrat de Tramon Williams ressemble donc à un contrat d’un an à 4,75 M $, plutôt peu cher par rapport au marché et à son niveau de 2017. Mais Tramon Williams a 35 ans et les risques de déclin existent.

Car à n’en pas douter, et même si les Packers ont semble t-il prospecté le marché des CB agents libres (offre pour Fuller par exemple), Tramon Williams ne semble pas être un choix par défaut, au vu du prix payé. Car sinon, pourquoi ne pas avoir misé pour quelques centaines de milliers de $ en plus sur Rashaan Melvin (parti chez les Oakland Raiders) ou pour même moins cher sur EJ Gaines dont le prix discount (4 M de $ l’année aux Cleveland Browns) cache sûrement un paramètre qui nous échappe.

Dans ce choix conscient, quelle est la part de Mike Pettine qui l’a eu dans son effectif aux Cleveland Browns en 2015 et quelle est la part de son passé avec les Packers sous la houlette de Mike Mc Carthy ?

Si on se pose toutes ces questions, c’est que le choix de recruter Tramon Williams est un pari. Le pari que Tramon Williams a encore de l’essence dans le réservoir. Le pari que l’année 2017 reflète bien son niveau actuel et n’était pas un trompe l’oeil.

On espère tous que Williams reverdisse en vert et or, lui qui avait fait les beaux jours des Packers de 2006 à 2014. Certes, sa dernière action de sa première carrière à GB (au marquage du receveur qui envoyait les Seattle Seahawks au Super Bowl en prolongations de la finale NFC 2014) n’était pas une action d’éclat, mais gardons en tête les bons moments (à découvrir ci-dessous) et espérons qu’ils y en aient de nouveaux.

10 Comments

  1. Espérons que cette bonne saison chez les Cardinals n’ait pas été l’été indien de la carrière de Tramon Williams (pour continuer dans les références à Joe Dassin 🙂 ) et qu’il ait encore un peu de réserve.

    Après, au-delà du contrat (qui j’espère n’est pas à plus de 50% garanti), il ne peut pas, de mon point de vu, être le CB1 expérimenté qu’on appelait de nos vœux. Comme tu l’as dis GBPF, il a fait une bonne saison à coté d’un super CB1 mais ce n’est pas ce qu’on attend à Green Bay. Nous sommes plutôt en attente d’un CB1 performant et expérimenté qui puisse épauler les jeunes pour les aider à se développer. Donc, comme tu le dis, à moins que King n’explose, pour moi nous sommes toujours en déficit sur le poste de CB1.

    HS : J’ai lu que McTrouillard balançait Capers sous le bus en disant que pour lui Randall était hybride FS/Slot Corner mais pas CB extérieur et que c’était Capers qui l’avait imposé à ce poste là. J’ai envie de dire : « Hey mec, t’es sensé être le HC, le boss donc si t’es en désaccord avec ton coordinateur défensif, tu poses tes couilles sur la table et tu le vires s’il n’arrive pas à te convaincre que ton idée est merdique ».

  2. The_Chosen_One

    28 mars 2018 at 18:50

    bon son contrat, je le trouve intéressant pour le cap cette année mais dans quel but ? Mais c’est quand même chéro pour un type de 35 ans (j’aurai vraiment du faire du foot US) avec mes 33 ans, je pourrais toucher le jackpot :D.
    les gros poissons sont partis et la draft ne devrait couter que 3M dans le cap. D’après les rumeurs le contrat de Rodgers devrait aussi libérer du cap pour 2018. Mais je ne vois plus l’intérêt ? prépare t on un trade ? Odell Beckham ?? 😀
    Pour revenir à Williams et aux CB, Williams est un plus dans notre backfield défensif surtout si il continue sur la lancée de 2017, mais je le vois surtout comme un grand frère pour King et les futurs rookies (Fitzpatrick ?). Mais pour le CB star nous permettant de franchir un cap, c’est pas trop ça.
    Delvin Breaux est en contact, mais si on met de côté son risque de blessure, est ce que ça peut être un top CB ? Peut il être une VRAI valeur ajoutée ?
    Est on capable de proposer un trade pour prendre un CB (Cobb et un 5e tour pour Peterson ? Norman ?)

    sinon AMEN pour ton commentaire sur MacFlan et Capers, t’as résumé ma pensée. Quelle fiotte ce Mike.
    Quand on voit les gâchis qu’ont été Hayward et Hyde, ça me mets dans une colère… vous imaginez notre défense avec Pettine aux manettes et ses 2 joueurs. Déjà je pense que le SB 51 était pour nous, on aurait certainement tenu contre les Falcons en finale NFC, et crevé les Pats au Superbowl. Je finis par me dire que Thompson faisait son boulot de GM correctement finalement, au mois au niveau draft, mais que le vrai cancer de l’équipe, définitivement c’était Capers, et je suis pas loin d’ajouter MacCarthy.

  3. Mise à jour effectuée dans l’article avec les chiffres du contrat de Tramon Williams qui viennent d’être rendus publics.
    Sympa Guile ta référence à ce bon vieux Joe ! 😉

  4. Merci pour la mise à jour ! 🙂
    (En plus des dessins animés, on peut se lancer sans souci dans les références musicales des années 70/80 😉 )

    Donc modulo les quelques 3M pour la draft, il reste environ 14M de cap space pour cette année.
    Normalement, on peut espérer un voire deux bons renforts sur la secondary et sur l’OL pour éviter un coup de Barr comme l’année dernière surtout vu les Golgoths qui vont être alignés par les Rams cette année dans leur DL.
    Pour ceux qui les jouent (dont nous), sans bonne OL ça va péter du genou, du bras… Je serais Russell Wilson et Sam Bradford, je passerais l’été à bosser mes courses 🙂

  5. La FA me laisse perplèxe! dans quelle direction va t’on? Nous perdons trop de défenseur qui renaissent dans d’autre franchise… Sinon contrat ok pour WILLIAMS pas de gros risque mais j’ai du mal a comprendre le front office et sa vision du futur proche.

  6. Bradford me donne l’impression d’un vieux cheval qui va à l’abattoir contre les Rams, Wilson l’anguille arrivera à s’en sortir, mais attention au gros king Kong Suh, qui se sert de ta tête comme d’un paillasson !

  7. Il faut se rendre à l’évidence… Je ne crois pas qu’on verra encore des cut importants avant la draft et vu ce qu’il reste sur le marché, il faudra se contenter de ce qu’on a pour les camps. Le cap restant pourrait toujours être utilisé pour recruté un hypothétique Free agent coupé en août. Je suis d’accord avec vous : en l’état, notre backfield manque cruellement d’expérience.

  8. Pettine l’a coaché à CLE donc je pense qu’il sait exactement pourquoi il le prend et qu’on était près à payer en conséquence. Même si son niveau de jeu baisse, ce sera toujours mieux que le foutoir de Capers en pass D.
    Pour l’instant, on a surtout l’air de resigner des éléments connus de Pettine pour pas cher sur des contrats courts en D donc j’imagine qu’on lui laisse vraiment un choix important sur l’effectif défensif malgré le cap relativement limité (on était quand même prêt à mettre 14 millions sur Fuller donc ça restera un mystère de ne pas avoir chopé un autre top CB à moins…).

    En même temps, je me dis qu’avec les gros contrats qui arrivent à échéance l’an prochain genre Clay, on veut juste faire la soudure en retapant l’équipe à certains postes sans l’encombrer de joueurs qui ne colleraient pas au style Pettine… S’il s’en sort avec des rookies et une poignée de vétérans, c’est tout bénef parce qu’ils pourront blinder le contrat de Rodgers sans se saigner en D.
    En 2019 on a Clay, Wilkerson, Dix, Rollins et Ryan en FA, possiblement Williams vu son contrat. Par contre on est coincés avec Perry vu son dead money actuel (11m et 7,5m sur les 2 ans à venir).

  9. Chambertin21

    30 mars 2018 at 20:12

    Je crois qu’on sera tous plus ou moins d’accord sur le fait que Williams, ça nous vend pas du rêve, mais c’est mieux que rien.
    Il va au moins apporter de l’expé, et c’est effectivement important, j’ai assez pesté par le passé quand on a balancé Pipo et bimbo dans le grand bain pour approuver ce retour.

    Maintenant, on pourrait peut être ajouter à notre secondary un des safety encore dispo, à un prix raisonnable vu que le marché ne s’enflamme pas sur ce poste cette année.
    Jones est assez polyvalent pour ne pas être limité au poste de strong safety. Brice m’a un peu déçu la saison dernière, j’attendais plus de lui, et s’il ne progresse pas cette année, on aurait plus de profondeur en engageant un FA.

  10. On sait tous que le comeback de Williams ne va pas changer le monde, et que ce n’est pas l’Amérique, mais qu’il vient plutôt danser un dernier slow, dans l’équipe a Roro 😉

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