Retraite de James Jones : un rêve américain…

 

temp170906-james-jones-retires-034--nfl_mezz_1280_1024Jeudi 6 septembre 2017, James Jones a annoncé sa retraite. Oh, c’était une manière de l’officialiser car depuis un an et sa résiliation des San Diego Chargers à la fin du camp estival 2016, James Jones était sans équipe. Cette fois, à l’amorce de la saison 2017, James Jones raccroche définitivement les crampons et restera un des grands receveurs de l’ère Aaron Rodgers, une carrière à laquelle il n’aurait jamais espéré.

UNE ENFANCE DANS LA RUE

Aussi surprenant que cela puisse paraître quand on connait le côté classieux du joueur, James Jones a vécu dans la rue, vraiment, et pas qu’un peu : les 15 premières années de sa vie. Ses parents étaient malheureusement soumis à l’addiction de drogues dures et à la pauvreté inhérente à une telle dépendance. Ils erraient de foyer en foyer à la quête d’une place chaque soir. Son chemin tout tracé le destinait au trafic de drogues mais il a continuellement refusé cette « facilité » pour s’entrainer physiquement dans le but d’un rêve ultime : réussir au football américain pour enfin avoir un toit pour sa famille.

Pour le sortir de là, il a fallu qu’il vive avec sa grand-mère paternelle pour avoir un toit et quelques dollars pour aller au lycée à San José (Californie). Là, il se donna à fond dans le sport et devint le meilleur de son équipe lycéenne de football américain. Bien évidemment boursier, il reçut aussi le soutien appuyé de ce qui est devenu son mentor : Marion Larrea qui l’aida comme a pu le faire M. Taff avec le coureur rookie Devante Mays.

UN RECEVEUR DISCRET MAIS EFFICACE

Intégré à l’université locale (San Jose State), il y passa 3 ans jusqu’à faire une très grosse saison 2006 (10 TD) parachevée par une nomination de MVP dans le tout nouveau New Mexico Bowl. Bien qu’issu d’une université mineure,  le gaillard de 1m85 pour 94 kg fut choisi par les Green Bay Packers au choix n°78 (3ème tour) de la draft 2007.

La suite, c’est :

  • 2007 : 16 matchs, 47 réceptions, 676 yards, 2 TD
  • 2008 : 10 matchs, 20 réceptions, 274 yards, 1 TD
  • 2009 : 16 matchs, 32 réceptions, 440 yards, 5 TD
  • 2010 : 16 matchs, 50 réceptions, 679 yards, 5 TD
  • 2011 : 16 matchs, 38 réceptions, 635 yards, 7 TD
  • 2012 : 16 matchs, 64 réceptions, 784 yards, 14 TD
  • 2013 : 14 matchs, 59 réceptions, 817 yards, 3 TD
  • 2014 : 16 matchs, 73 réceptions, 666 yards, 6 TD (saison chez les Oakland Raiders)
  • 2015 : 16 matchs, 50 réceptions, 890 yards, 8 TD

À titre indicatif, Davante Adams a effectué sa meilleure saison en 2016 avec 75 réceptions, 997 yards et 12 TD.

Bien que n’étant rarement blessé, James Jones n’a que rarement été titulaire indiscutable derrière les Jordy Nelson, Greg Jennings et Donald Driver.. Pourtant, il effectua une saison rookie en 2007 très honorable avec un titre de rookie de la semaine à la fin octobre.

Il apporta ensuite une large participation à la campagne du Super Bowl 2010 finissant cette année-là sur les chapeaux de roues avec 5 réceptions et 50 yards lors du Super Bowl et surtout un TD chez les Philadelphia Eagles en tour de Wild-Card et un autre TD chez les Atlanta Falcons en tour de division.

James-Jones-Green-Bay-Packers

James Jones avec le trophée Lombardi de vainqueur du Super Bowl

Il effectua sa meilleure saison statistique en 2012 en étant le meilleur marqueur de TD de tous les receveurs NFL avec 14 TD. Au niveau de la franchise Packers, James Jones égala également un record de … 1943 (Don Hutson) avec 3 matchs consécutifs avec 2 TD, et à titre personnel il fit le seul match de sa carrière avec 3 TD au compteur, contre les rivaux honnis : les Chicago Bears.

Avec l’émergence de Randall Cobb drafté en 2012, les Packers choisissaient de ne pas prolonger James Jones après la saison 2013. Il trouva refuge en 2014 chez les Oakland Raiders en pleine phase de reconstruction avec la sélection à la draft de leur QB actuel Derek Carr.

JONES – PACKERS – ACTE II

Résilié après la draft 2015 qui voyait les Raiders sélectionner au 1er tour le prometteur receveur Amari Cooper, James Jones tenta sa chance chez les New York Giants. Mais l’aventure à « Big Blue » ne dura pas plus loin que le camp estival.

Mais entre-temps, un évènement malheureux survint chez les Green Bay Packers lors du 2ème match de pré-saison 2015 : la rupture des ligaments croisés de Jordy Nelson. GB donna alors une seconde chance au vétéran avec un salaire minimum.

Les Packers eurent alors un sacré retour sur investissement. Sans Nelson et avec Randall Cobb et Davante Adams jouant le plus souvent blessés, James Jones devenait la cible n°1 d’Aaron Rodgers. Il sera d’ailleurs le meilleur Packer au niveau des TD marqués et des yards gagnés à la passe en 2015. Un beau chant du cygne.

James Jones fera aussi le « buzz » en étant le premier joueur NFL à porter un sweat à capuches sous son maillot, la capuche (le « hoodie ») dépassant par le col sur l’arrière du maillot. Ce qui était au départ une manière de se protéger du froid lors d’un déplacement polaire chez les Minnesota Vikings (qui joua cette saison là en extérieur le temps de la reconstruction de leur stade couvert), devenait pour les Packers une sorte de porte-bonheur et pour James Jones une attraction médiatique inattendue. Cet épisode demandera à la NFL de créer un article spécial interdisant ce port de capuche.

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James « hoodie » Jones

La saison 2015 s’arrêtera sur une défaite crève-coeur en prolongations en tour de division des play-offs chez les Arizona Cardinals, après 2 passes « Ave Maria » d’Aaron Rodgers en fin de match, une défaite à laquelle James Jones ne participa pas… car blessé. Le dernier match de James Jones sous le maillot des Packers aura été le match précédent contre les Washington Redskins en tour de wild-card.

James Jones laissera le souvenir d’un receveur capable de batailler avec son cornerback pour des réceptions folles et de manquer des réceptions toute faites. Inconstant, il était aussi très doué pour gagner des yards après la réception. Il a ses chances pour intégrer le « Hall of Fame » des Packers en étant à l’heure actuelle le 10ème receveur Packer de l’hidtoire de la franchise en terme de réceptions (360), le 12ème en terme de yards (5195 yards) et 9ème en touchdowns marqués (45).

Appréciez cette vidéo qui recense les plus belles actions de James Jones (les actions proprement dites commencent à 2 mn 55).

DONNER DU BONHEUR AUX AUTRES

Avec 9 ans passés en NFL, dont 8 chez les Packers, James Jones, désormais 33 ans, a  accumulé 17,5 M $ durant toute sa carrière. C’est beaucoup… et peu à la fois quand on voit les salaires actuels en pleine inflation en NFL. Imaginez que le WR le mieux payé en 2017, Antonio Brown des Pittsburgh Steelers, gagne en moyenne 17 M de $ par saison… Il est drôle aussi de constater que son + gros salaire annuel, il le gagna… en 2014 chez les Oakland Raiders avec 3,8 M de $ glanés.

James Jones a gagné assez d’argent pour mettre tous les siens à l’abri du besoin, eux qui étaient tant dans la misère. De plus, il sera dès cette saison, consultant sur la chaine de télévision de la NFL.

Il a bien évidemment créé sa fondation pour aider les sans-abris à San José, la ville de son enfance. Mais s’il donne évidemment de l’argent, James Jones donne surtout de son temps pour discuter avec les bénéficiaires de sa fondation. Car lui peut comprendre réellement ce que ces gens vivent, lui sait de quoi il parle, lui peut réellement donner de l’espoir et faire croire encore un peu au rêve américain. James Jones en est une preuve bien réelle.

2 Comments

  1. Merci, très beau portrait d’un bon joueur et surtout d’un mec classe et sympa sur et en dehors du terrain. Un bel exemple pour plein de gens.
    Je n’en rajouterai pas plus 🙂 .

  2. On est tous unanime pour souligner la classe et la gentillesse, de ce super joueur qu’à été l’élégant James Jones, grand contributeur de notre victoire dans le Super Bowl !
    Très beau portrait, pour ce joueur qui est pour moi, l’un de nos dix meilleurs WR depuis bientôt un siècle.

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