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Et un, et deux, et trois coureurs ! GB était en besoin de coureurs avant cette draft. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Packers se sont donnés les moyens de combler ce manque par la draft. Après Jamaal Williams pris au choix n°134, Aaron Jones (RB) pris au choix n°182, les Packers remplissaient leur escarcelle d’un 3ème coureur au choix n°238 (7ème tour) : Devante Mays en provenance d’Utah State.

DEVANTE MAYS OU SISYPHE RÉINVENTÉ

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Connaissez-vous le mythe de Sisyphe ? Dans la mythologie grecque, Sisyphe fut puni par les Dieux (je vous passe les détails 🙂 ) et reçut comme châtiment de pousser un énorme rocher du bas jusqu’en haut d’une colline. Mais la pente était si rude que le rocher retombait à chaque fois ; si bien que Sisyphe dut sans cesse reprendre sa tâche si difficile dans l’espoir d’y arriver.

Devante Mays est le Sisyphe de cette draft 2017. Il a dû faire face à une adversité perpétuelle tout au long de sa jeune carrière qui aurait pu (et qui aurait dû) stopper sa carrière de joueur de football américain. Dans des cas aussi compliqués, il y a besoin de l’intervention d’un ange gardien. Celui qui endossera ce rôle sera un assistant coach de l’équipe du lycée de Livingston au Texas, une bourgade perdue (10.000 habitants) aux confins du Texas et de la Louisiane.

C’est dans ce lycée que Norman Taff, alors entraineur en charge des coureurs (RB), découvrira un joueur parti pour tout arracher sur un terrain de football lors de sa dernière année lycéenne. Mais alors qu’il portait l’équipe sur ses épaules, une sérieuse blessure au pied stoppa net cette prometteuse saison. Ne devant son inscription à ce lycée que par ses performances sportives, il fut renvoyé. Il trouva refuge au lycée de Tyler (Texas) où il se montra vite performant mais il fut responsable d’un léger incident qui viola le strict code de ce lycée.

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Devante Mays et son « protecteur » : Norman Taff

Alors que sa carrière universitaire semblait perdue sans même avoir commencé, il retournait s’entrainer durant l’été dans son lycée de Livingston où il retrouvait Mr Taff. Celui-ci prit sous son aile ce gamin plein de potentiel mais seul et démuni, dans tous les sens du terme. Après s’être assuré de la motivation du gamin dans sa volonté de devenir joueur pro, il contacta toutes les universités du sud-est du Texas, une seule (Blynn dans la bourgade de Brenham) l’invita à une série de tests (combine).. où il prouva encore ses capacités. Il était alors recruté à la rentrée 2013… mais pour effectuer son année scolaire, le football attendrait 2014.

Oui, mais voilà, son recruteur de Blynn fut entre-temps limogé et Mays était relégué toute la première moitié de la saison 2014 sur le banc d’une équipe clairement orientée sur le jeu de passes. Mais la lumière vint, les deux RB qui le précédaient dans l’effectif étaient renvoyés, et il put profiter des 6 derniers matchs pour claquer 557 yards et 3 TD.

Même si la fenêtre fut restreinte, elle fut assez grande pour montrer le talent de Mays et capter l’attention des recruteurs d’Utah State. La machine était lancée et la saison 2015 (en tant que junior – 3ème année) voyait Mays montrer l’étendue de son talent : 966 yards, 9 TD ; 5,9 yards par portée !

La saison senior allait enfin donner à Mays l’opportunité de toucher son rêve. C’était parti avec un premier match où il compilait 218 yards (12,1 yards par portée !) et 3 TD. Et patatras, durant le 2ème match contre l’université de Californie du Sud, Mays se blessait au genou. L’adversité le rattrapait. Après un premier match tout feu tout flamme où Mays eut 18 fois le ballon, il ne finira l’année qu’avec 37 portées, alors que c’était sa dernière année universitaire, la plus importante pour tout joueur voulant intégrer la NFL.

En l’absence de preuve de son talent en 2016, Mays se disait alors qu’il faudrait encore lutter et prouver aux équipes de le recruter en tant que rookie non drafté. Et pourtant, à la fin de ce 3ème jour de draft 2017, le téléphone sonna et une voix l’interpella : « Es-tu prêt à devenir un Packer ? »

Le rêve s’est accompli, mais il n’est pas achevé. Devante Mays est un modèle de persévérance. Il est prêt à montrer qu’il peut réussir en NFL malgré les tempêtes qu’il aura traversé. Des tempêtes dont il n’aurait sans doute pas réchappé sans ce fameux Mr Taff et sa famille. Pas besoin de reconnaissance, Mays est en fait devenu quasiment le fils adoptif de la famille Taff, mais juste de la joie.

DEVANTE… JONES-DREW

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Un « pro-day » impressionnant pour Mays

Quand je vois Devante Mays, une analogie m’est tout de suite apparue, est-ce que les Packers n’auraient pas trouvé en toute fin de draft leur « Maurice Jones-Drew ». Mais qui est cet homme ? Un joueur petit, aux jambes extrêmement musclées alliant puissance et rapidité, star des Jacksonville Jaguars de 2008 à 2014. Allez, pour se faire plaisir, un petit best-of de MJD.

Car Devante Mays, c’est tout ça à la fois : 1,80 m ; 104 kg ; tout en muscles, une combinaison poids/puissance rare que le joueur d’Utah State n’a pas pu montrer au combine NFL. Dommage pour lui mais il a démontré au « pro day » de son université des qualités physiques étonnantes :

  • 4,52 secondes au sprint de 40 yards : top 10 draft RB, et du niveau du RB n°1 de la draft Leonard Fournette
  • 22 répétitions au développé-couché de 102 kg : top 5 draft RB
  • 1,03 m de détente sèche, soit virtuellement le n°1 de la draft RB
  • 3,28 m au saut en longueur sans élan, n°3 de la draft RB

LA PERLE RARE ?

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Va t-on voir beaucoup le n°32 Mays en 2017 ?

Avec de tels chiffres, on peut être sûr que sa saison senior 2016 aurait été le prolongement de sa saison junior 2015. Mais sa blessure au genou, bien qu’elle n’ait pas nécessité de chirurgie, l’a fait disparaitre d’un potentiel top 10 des coureurs de la draft 2017, une place à laquelle il aurait pu légitimement prétendre. Disparus des radars des équipes NFL, les Packers l’ont repêché en toute fin de draft.

En tout cas, s’il acquiert sa place dans l’effectif final des 53, Mays aura à coup sûr le rôle de cheval de trait. C’est un « pounder » au style éminemment comparable à Eddie Lacy. Les deux n’ont pas peur du contact, c’est même leur marque de fabrique.  Mays aime foncer droit devant et tête baissée. Il a même été évalué que Mays, lors de sa saison universitaire 2015, gagnait en moyenne 5,2 yards… après contact !

Mays manque d’agilité tout comme Lacy mais ce dernier avait néanmoins plus de capacités de changement de direction (on se souvient de ses rotations). Cependant, Mays possède une vitesse de pointe plus élevée et une moindre graisse que « Fat Eddie » (même taille mais 10 kg de plus pour un Lacy… en forme !).

Alors, les Packers ont-ils trouvé leur perceur de muraille ?

L’avenir nous le dira mais au sein des Packers, Mays n’est pas en terre inconnue puisqu’il a retrouvé des anciens coéquipiers d’Utah State : Kyler Fackrell (OLB) drafté au 3ème tour en 2016 et Marwin Evans (S) non drafté en 2016, et même son quarterback Taysom Hill, rookie non drafté en lice pour le poste de QB n°3.

On espère que Mays fera des Packers une nouvelle famille mais il n’oubliera jamais la famille Taff, celle qui n’aura eu de cesse de le soutenir humainement, moralement et financièrement dans la réalisation d’un rêve qui semblait impossible. Un rêve qu’il poursuivra longtemps, on l’espère.

 

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