Week 11 ~ WAS – GB : Le calice jusqu’à la lie…

WASHINGTON REDSKINS – GREEN BAY PACKERS  :  42-24

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Les vert et or (Packers) défiaient dimanche soir les bourgogne (rouge) et or (Redskins). Et le bourgogne bu par Green Bay s’est apparenté à une bonne piquette ! Mêmes causes, mêmes effets que les matchs précédents. Blessures ainsi qu’inexpérience et tactique à revoir en défense ont produit la pire série de 4 défaites consécutives depuis 1953 (!) en concédant + de 30 pts lors des 4 derniers matchs.

UN DÉBUT ENCORE POUSSIF

Cela parut anodin mais le début de match est peut-être le moment où les Packers n’ont pas su « prendre à la jugulaire » des Redskins abordables. Avec trois « 3 and out » d’entrée, l’attaque donnait une fois de plus les clés du match à l’adversaire. Il faut dire que la ligne offensive, avec notamment la prestation encore catastrophique du RG Don Barclay, ne donnait pas la latitude habituelle à Aaron Rodgers pour ses lancers tandis que les receveurs n’avaient pas encore les mains assez chaudes…

La défense contenait l’attaque multicéphale de Washington (sack de Perry, cornerbacks bons au marquage) même si on pouvait noter déjà les courses consistantes du rookie non drafté Rob Kelley. Mais 2 stops de la défense, ça va, 3 bonjour les dégâts. Et sur leur 3ème drive, Washington, reparti de ses 45 yards, marquait le touchdown sur une passe plein centre pour Desean Jackson (WR) qui abusait d’une feinte Micah Hyde (CB) tandis que Clinton-Dix (FS) était aux fraises. (7-0)

À l’attaque du 2ème quart-temps, Green Bay entamait son 4ème drive, et il régnait déjà comme un sentiment d’urgence. La course était une nouvelle fois de plus abandonnée (la recrue Christine Michael n’ayant même pas été activé pour le match) et deux 4ème tentatives étaient tentées et réussies, non sans mal : la première grâce à une pénalité sévère commise sur Cobb, la seconde grâce à une course de Rodgers.

Cahin-caha donc, les Packers approchaient de la ligne d’en-but et marquaient un TD remarquable. Nelson recevait la passe d’un Aaron Rodgers dont la tête fit un quart de tour en raison de la prise de sa grille faciale par un défenseur. Ce TD clôturait un drive de 8 mn 30s qui fit mal aux Redskins.(7-7)

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Rodgers a souvent subi la pression

Les Packers reprenaient l’ascendant puisqu’ils faisaient ressortir directement les Redskins (passe déviée de Peppers). Aaron Rodgers se démenait pour que les Packers prennent le large mais sa ligne offensive lui faisait défaut. Barclay (RG), archi-dominé par le DT Baker, commettait un holding en zone rouge alors que sur la 3th and goal, le RT Bulaga manquait complètement son assignation et laissait l’OLB Kerrigan plaquer facilement Rodgers. (7-10)

On ne le savait pas encore mais GB avait laissé passer sa chance.

Car après 4 punts sur ses 5 premiers drives, les Redskins enclenchaient la seconde avec un drive de fin de première mi-temps dévastateur. Une fois de plus. Car c’est une tendance chez les Packers 2016, Green Bay ne gère pas aussi bien l’horloge que ses adversaires et encaissa pour le 4ème match de suite un TD dans les 3 dernières mn d’une mi-temps…

Pour cela, Washington utilisa son arme absolue : le Tight-End Jordan Reed qui capta uniquement sur ce drive 3 passes pour 49 yards. Le coureur Rob Kelley termina le travail avec un TD de 10 yards en plein coeur de la défense. Même si l’absence de Jake Ryan expliquait certains manques, la défense de GB concède rarement ce type de course plein centre.. En plus de la manière qui écrasaIt la défense des Packers, le timing était parfait (39 secondes de la fin). On notera d’ailleurs le temps mort inutile de Mc Carthy au début de ce drive Redskins pensant capitaliser sur un premier stop de la défense… Pour rajouter au marasme ambiant, Goodson (CB) se démantelait le genou sur le retour de kickoff, saison probablement terminée, épuisant le stock de cornerbacks. (13-10 à la mi-temps).

Pourtant, le match n’était pas joué. La défense était dans le match. C’était même un 3 and out de plus pour la défense… si le casque de Mike Daniels n’avait pas heurté malencontreusement le casque du QB Cousins. Par cet acte involontaire, le Packer n°76 relançait la machine Redskins qui décidait sur ce drive de pilonner les Packers avec les courses de Kelley. Un travail de sape qui aboutira à un field goal. (16-10)

Pour la 7ème fois du match, Green Bay reprenait le cuir. Il était temps de concrétiser ! La pression se faisait moindre sur Rodgers avant tout par la sortie sur blessure de Barclay (le destin fait parfois bien les choses), remplacé par le rookie Spriggs, LT de formation et surdimensionné pour le poste mais qui faisait un bien meilleur boulot. C’était plus de temps pour Rodgers qui en profitait de suite avec deux longues passes converties envers Cook (TE) et Cobb (WR), profitant de la faiblesse des lignes secondaires adverses.

Mais ce qui s’apparentait au drive de la renaissance échouait en zone rouge et se contentait d’un field goal… manqué par Crosby ! (16-10)

GREEN BAY SOUS LES BOMBES

La défense ne lâchait pas même si étonnamment le pass-rush des Packers avait peu d’impact face à la jeune ligne offensive Redskins. Le joueur de 2ème année non drafté en 2015 Ty Nsekhe contenait, du haut de ses 2m04, un Clay Matthews encore convalescent.

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Malgré les efforts de Rollins, Crowder part au touchdown

Washington était poussé à une 3ème tentative et 11 yards à parcourir.. Et c’est une bombe millimétrée de 44 yards que Cousins (QB) balançait à Crowder (WR) au milieu de 3 Packers : un cornerback (Rollins) battu au marquage et deux safeties désorientés (Clinton-Dix et Brice). Bombe n° 1. Touchdown. (22-10)

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Retour réussi pour Jared Cook

Green Bay gardait le contact par un des touchdowns les plus faciles de la carrière d’Aaron Rodgers : une petite passe au coureur en guise de soupape de sécurité.. sauf que tous les défenseurs Redskins, débordés sur cette action, plongeaient sur la gauche du terrain. Starks (RB) n’avait plus qu’à courir 31 yards vers le coin droit de l’en-but. Auparavant, quelques jeux de course avaient été appelés (tiens, tiens..) et Cook avait encore joué les pompiers de service, montrant l’importance de son absence. Green Bay recollait à l’entame de l’ultime période. (22-17)

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Garçon largue Gunter pour un TD de 70 yards

Tout espoir était douché par la nouvelle bombe immédiate de Cousins pour Garçon (WR) – 70 yards ! Le schéma défensif était en cause, ou plutôt le parti pris du match. Le fait de faire jouer haut les safeties (Burnett et Clinton-Dix) pour stopper la course et les tight-ends expose les cornerbacks en un contre un. Or n’est pas Shields qui veut. L’absence du CB n°1 de Green Bay se fait cruellement ressentir et montre que sa présence (et sa rapidité) permettait aux autres de s’épanouir. Livré à eux-même, les jeunes cornerbacks, pas spécialement rapides, montre leurs limites. (29-17)

Alors que Washington balançait des bombes, Green Bay avançait petitement et difficilement. Cobb sauvait les Packers sur une 3ème et 12. Cook continuait dans son rôle de messie et marquait le TD. (29-24)

À ce jeu du « à toi, à moi », Washington arrêtait les frais. Il restait 10 mn de jeu et c’était tout dans son intérêt de faire tourner le chronomètre. Il y eut donc une bonne dose de Kelley à la course. Mais la défense résistait. Les Redskins osaient la 4ème tentative et 1 yard, convertie aisément en plongeon par Cousins. Et quand GB s’y attendait le moins, Cousins délivrait sa 3ème bombe du match, 53 yards pour Crowder (WR). Celui-ci échouait à 1 yard mais cela ne faisait que « manger » le temps avant le TD assassin de Kelley. (35-24)

4 mn à jouer, un TD converti à 2 pts et un FG de retard, cela restait du domaine du possible mais il fallait un miracle et le « momentum » n’était vraiment pas en faveur de GB. La preuve, le meilleur joueur du match côté GB, Jared Cook se faisait « puncher » le ballon des mains par Norman (CB). Fumble recouvert par les Redskins. Fermez le ban.

Le dernier TD de Kelley à la course, précédée d’une course de 66 yards, est anecdotique. La défense était usée et démobilisée. Elle avait très bien compris que ce fumble clôturait définitivement tout espoir, dans un match où elle a subi des actions humiliantes. (42-24)

ET MAINTENANT (BIS) ?

Je serai peut-être le seul à le dire mais il y avait la place pour vaincre les Redskins. Seulement, les Packers n’ont pas appuyé sur le champignon quand leurs adversaires tâtonnaient en début de match. Les Packers ne sont en 2016 qu’une équipe à réaction.

Les Packers ont perdu la bataille des tranchées alors qu’ils étaient supposément plus forts. Niveau offensif, la faute est due en grande partie au remplacement catastrophique de Barclay au poste de RG. L’entrée en jeu de Spriggs à sa place a montré la différence.

En défense, le pass rush n’a pas dominé l’OL des Redskins, pourtant jeune. C’était la clé du match. Mais le coordinateur défensif Dom Capers a estimé que les 4 de devant (Perry-Guion-Daniels-Matthews), noms ronflants sur le papier, allaient à eux seuls mettre la pression sur le QB. Il n’y eut que 5 % des jeux qui furent des blitz (20 % en moyenne). Par ailleurs, Capers a fait jouer les safeties très haut afin de contrôler la course de Kelley (qui est très bon dans les yards obtenus après le 1er contact) et les tight-ends Reed et Davis. Seulement, le manque de pression sur le QB adverse et le manque de couverture des safeties a donné toutes les clés du match à Cousins pour briller. Une erreur de coaching manifeste. En comparaison, les Redskins ont blitzé sur 33% des jeux pour un résultat plus convaincant.

Il paraît illusoire de parler de play-offs, et pourtant ils sont mathématiquement proches. Les 3 matchs intra-division des 3 dernières journées donnent des cartes à jouer et le match Detroit-Minnesota de jeudi fera (à 95%) un perdant. Mais le lien semble s’être brisé, l’abattement généralisé qui fut remarqué dans les dernières minutes où les joueurs ont lâché le jeu.

Y aura t-il remobilisation ? Dans le cas contraire, et si les deux prochains matchs se soldent par des défaites, à n’en pas douter la fin de saison sera déliquescente. Une révolution interne réclamée à corps et à cris par les fans imaginant que c’est la solution miracle aurait alors le terreau idéal.

Regardons match après match. Le prochain match à Philadelphie nous dira si on peut espérer un rebond ou commencer à creuser la tombe de la saison 2016.

LES STATS

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Green Bay :

  • Aaron Rodgers : 26/41, 351 yards, 3 TD
  • 84 yards à la course dont 33 yards à la course de Rodgers
  • Jared Cook : 6 réceptions, 105 yards, 1 TD
  • Efficacité en 3ème tentative : 46 % (7 sur 15)
  • Efficacité en zone rouge : 50 % (2 sur 4)
  • 3 fumbles subis, 1 fumble perdu

Washington :

  • Kirk Cousins : 21/30, 375 yards, 3 TD
  • Rob Kelley : 24 courses, 137 yards, 3 TD ; 5,7 yards par portée
  • Pierre Garçon : 6 réceptions, 116 yards, 1 TD
  • Jamison Crowder : 3 réceptions, 102 yards, 1 TD
  • Donte Whitner : 8 plaquages, 2 plaquages assistés
  • Efficacité en 3ème tentative : 64 % (9 sur 14)
  • Efficacité en zone rouge : 80 % (4 sur 5)

Le résumé vidéo du match : Packers@Redskins

Point classement mercredi.

4 Comments

  1. Terrible de voir venir la « piquette » et de la voir servie exactement comme on le craignait… J’ai vu des choses à frémir, notamment sur la DL.
    Clay qui prend un double bloc et personne pour exploiter le gap parce qu’on à la trouille de mettre 5 rushers…
    Nos DL qui vont s’encastrer dans les mammouths de l’OL adverse en 1 contre 1 au lieu d’utiliser leur plus grande mobilité pour s’infiltrer dans les espaces…
    Aucune course croisée des rushers pour exploiter l’inexpérience adverse en semant la confusion. Aucune vitesse ni profondeur dans les quelques blitz… Quand je vois la créativité ou l’audace d’autres équipes sur toutes les phases de jeu, je pleure !

    Comme GBPF le note, le pire, et ce qui rend fous les fans, c’est que même dans notre état, on pourrait accrocher la plupart de nos adversaires en jouant simplement moyen.
    Mais les décisions qui sont prises nous sabordent souvent d’entrée et la défense, très critiquée, ne peut que plier sous le poids des blessures, de l’inefficacité offensive et des stratégies foireuses.

    Ce qui m’a vraiment fait mal sur ce match, c’est de ne voir PERSONNE tenter de remobiliser des joueurs complètement perdus, voire abandonnés par le staff.
    Le non-challenge de McCarthy sur la non-réception de WSH en 3° down en est le meilleur exemple. Sors le mouchoir au moins pour montrer à tes gars que tu crois en eux, bor*** !

    Dire qu’on est toujours en course pour les PO… ça fait peur 😀 !

  2. Pour moi les joueurs ont laché, bcp n’y croient plus. Le coup de gueule poussé par Daniels après les Colts n’aura servi à rien.
    La dynamique est tellement négative, j’ai bien peur qu’on ait pas encore tout à fait touché le fond, je redoute d’assister à des scènes lamentables entre joueurs et/ou staff sur la sideline, car des branlées, on va encore s’en prendre d’ici la fin de SR. D’ailleurs, Martinez devrait manquer plusieurs matchs… comme si on avait besoin de ça.

    Mais tout ce qui arrive est totalement mérité et n’est pas un hasard; le Rg titularisé dimanche a été remplacé à la mi-temps, pour cause de blessure nous a-t’on dit, blessure diplomatique a-t’on pu lire le lendemain… qui croire? Vu que la stratégie de l’autruche est celle de la maison, j’ai fait mon choix. Ce joueur est en dessous de tout depuis sa blessure, comment à-t’on pu le resigner?
    On peut trouver des excuses légitimes à la direction, mais pour moi elles ne compensent pas en nombre les erreurs commises et l’habitude symptomatique prise depuis trop longtemps de se voiler la face plutôt que d’affronter le réel.

    Ces deux derniers matchs, on est devenu pire que les Browns… que dire de plus?

    PS: C’est qd même triste cette saison de GB pour la 1ère année de ton blog. J’ai plus trop le moral à poster, à débattre, mais je reste un fidèle lecteur – Keep on the good work GBPF!

  3. Merci Chamb’ pour le PS 😉
    J’ai un petit côté chat noir je pense 🙂

    Oui, entorse du genou pour Martinez ajoutée à celle de Ryan, voilà notre paire d’ILB out… Pas rassurant pour la suite.
    Je te rejoins sur l’aspect « autruche » sur la manière de considérer les écueils. Ce mode de communication exaspère presque plus la fan base que les échecs en eux-même.

  4. C’est l’autruche GB qui se fout de l’écureuil Packers, pourrait-on dire hahaha ^^ !

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